Noël de l’Ouest, du bonheur partagé

Venir après une semaine de travail avec ses soucis ses emmerdes et tout ce qui fait son histoire. Un pas difficile car c’est le premier. On aimerait tant rester chez soi où l’on s’embête comme des fous à garder ce temps précieux qui donne des états d’âme. Alors au début on force un peu la porte en maltraitant l’agenda, en se disant qu’on fond on oubliera. Les rappels s’allument, le rendez vous pris indispose, on voudrait tant raturer ce qu’on avait engagé. On fait la moue, on s’ébroue et on secoue cette carcasse mal disposée, puis vient l’heure qui ne recule devant rien, même pas devant l’éternité. Nous sommes bien moins que ça alors on y va.

Un, puis deux, puis trois, puis on cesse de compter. Ils sont venus ils sont tous là. Venus des quatre horizons de l’ouest ou de ce qui n’en est pas, on s’en fout, la soirée prend ses aises. Un brin timide, un rien à l’écart, on connaît celui-là ou non mais on trinque et puis on verra. Pas facile de s’asseoir sans disparaître, de rompre avec l’inconnu son assiette. Un verre à la main, la chanson sous le bras, l’amour du texte… Les talents défilent sans prétention et s’égrènent au piano sans appréhension. Les mots en appellent d’autres, les idées s’entrechoquent comme les verres, je reçois, tu donnes, il prend, nous recevons, vous persuadez, ils se comprennent. Un verbe sans conjugaison qui passe les temps et les prénoms. On se raconte des morceaux de vie que la vie a brisée, on se reprend une coupe pour accompagner les éclats. Discours sans jugement mais plaisir de s’apprécier. Fêter avec un peu d’avance ce noël qui approche en mettant ses idées reçues dans sa poche.

La musique prend des airs de fête où la danse vous enivre aussi sûrement que l’alcool, qui crée des liens au-delà des pas saccadés parfois mal ajustés, mais tellement bons à partager. Au tempo d’un madison que je ne sais toujours pas accorder, ma vieille peau de renard bien trop rusé a offert à son petit prince son cadeau de Noël, le surprendre en sortant de sa tanière pour demander sa rose en tremblant d’être refusé.

Il y aurait tant à dire tant à partager dans ce Noël d’avant-garde qui laisse dans les yeux des cadeaux du bonheur d’être là, thème de cette soirée. Il faut peu de chose pour qu’un partage puisse se réunir et s’assembler et un rien pour le faire disparaître, le faire partir en fumée.

La fumée n’était pas là ou alors c’était celle du calumet de la paix et du bonheur. Du bonheur il y en avait dans les yeux et dans les cœurs. Un grand merci chaleureux d’avoir été là pour entendre parler de bien-être par un homme heureux de son art d’apaiser les corps blessés, les cœurs usés et tout le reste. Le bonheur est un souffle que l’amitié insuffle et fait vivre. Continuons de faire vivre et de répandre ce souffle et que vive D&J dans sa diversité merveilleuse d’un Christ qui hier soir était né.

Jean-Louis