Marche des Fiertés – 25 ans !

« Est-il possible d’échapper au temps ? » était un des thèmes du bac de philosophie de cette année. Le temps qui passe permet de se rappeler des luttes anciennes.

Ainsi, pour la Marche des Fiertés 2019, ISKIS (Centre LGBTQI+ de Rennes) organisait une soirée pour évoquer la première marche rennaise de 1994 (appelée Lesbian & Gay Pride à l’époque). Christophe, Patrick et moi-même avons participé à cette rencontre, ainsi que 2 autres “ancien(ne)s”, chevilles ouvrières du militantisme LGBT rennais.
Nous étions là pour échanger avec une trentaine de personnes sur la construction de cette première marche qui en 1994 fut la première de province. Se rappeler que nous avions défilé avec un masque, se rappeler des insultes : « on devrait les renvoyer dans les camps… ». L’histoire se mettait en marche. Les militantes de FEE (Femmes Entre Elles) ont été les premières à y réfléchir. Les réunions de préparation se faisaient au local de Aides.
Cette lutte et ces avancées sociales ne semblent pas acquises. Il faut être vigilant. L’homophobie a toujours sa triste place dans notre société qui a certes bien évolué avec le pacs ou le mariage pour tous.
Cette soirée fut riche en échanges sur les difficultés d’hier et sur celles d’aujourd’hui. Malgré le temps qui passe et quelques rides supplémentaires, les personnes présentes (jeunes et moins jeunes) gardent l’esprit éveillé selon lequel, au delà du festif des marches, il faut garder l’esprit militant et un œil (je dirais même les deux) ouverts.

Bernard

 

ISKIS a entamé sa 25e année de Marches des Fiertés avec pour cette année le mot d’ordre « Intersexes, VIH, transphobie, asile… mais où sont nos soutiens ?! »
L’association a souhaité à l’occasion de cet anniversaire poser un historique, un rappel auprès de la jeune génération qui a pris le relais des plus anciens(nes) à l’origine de la 1re marche rennaise de 1994, initiée par FEE (Femmes Entre Elles) et dont nombre d’assos étaient partie prenantes dont David & Jonathan Rennes.
Il est apparu selon ces témoins des premiers temps :
– Qu’au-delà des acquis, ces derniers ne sont pas assurés par les lois tant il est vrai que ces lois peuvent à tout moment de bascule être remises en cause. Les lois sont assurées artificiellement par la démocratie mais la haine et le rejet, la différence de l’autre sont naturels à l’homme.
– Qu’il y a toujours eu des différences d’objectifs certes mineurs entre les gays et les lesbiennes : Ces dernière privilégiaient l’aspect militant lorsque les premiers visaient plus généralement l’aspect festif.
– Que le militantisme et la visibilité qui sont essentiels, ont encore à ce jour le devoir d’être vigilants face aux scléroses conservatrices « sorties du bois » lors du Pacs et du Mariage pour Tous.
– Qu’il faudra toujours se battre pour le droit à la différence, et non à l’indifférence, sans laisser d’espace possible à la tolérance de ces forces. (Nous n’avons pas à être tolérés par ces réactions homophobes mais acceptés pleinement – Notre expo sur l’homophobie ordinaire lors du village associatif de la Marche des Fiertés de cette année était là pour le rappeler).
– Que toutes les formes de différences affectives et sexuelles ont leur place, sachant que les homos, bi, trans + peuvent eux-elles aussi être source d’exclusion. Même les “plumes dans le cul” dans les marches ont leur place, du moment qu’il y a pluralité, même si la presse dans son acception générale, dans une tentation de facilité et de voyeurisme privilégient l’une plus que l’autre.

Christophe