Noël, un buffet, des jeux, des cadeaux…

Celles et ceux qui ne sont pas membres de D&J, qui en sont partis, ont tous tort et ne savent pas ce qu’ils pourraient gagner à y être présents… À tout le moins pour cette rencontre, ils y ont perdu en convivialité, en humour et même en rigolade, en culture pour tous, en bonne chair, excellents vins ; Bacchus et corne d’abondance y étant largement conviés. Tout ça sur fond de jeux, d’animations et d’échanges variés et tutti quanti.

C’est ce que nous avons vécu lors de notre traditionnel « buffet de Noël » au CGLBT, où nous étions douze participants, tous dans nos différences respectives mais dans un même concert de confraternité, de discussions et hors de tout ghetto de quelque nature que ce soit…
L’échange des cadeaux a permis à chacun de découvrir avec des étoiles dans les yeux les mirifiques tout autant que mirobolants présents apportés.

Bref, on remet ça dès que possible !

Christophe

L’histoire d’Esther

Nous étions un bon groupe réuni dimanche 26 novembre, par un après-midi tout gris, pour écouter l’histoire d’Esther, dans l’Ancien Testament (la Bible juive), avant de prendre un goûter.

Le livre d’Esther n’est pas celui qui donne lieu le plus souvent à des lectures ou des études bibliques ; est-ce parce qu’il prend un sens bien particulier pour les Juifs ? Sens que le groupe homosexuel juif Beit Haverim (La maison des amis) a repris à son compte avec bonheur.
Esther m’était connue personnellement comme “celle qui garde le secret”. Mais elle le fait jusqu’à un certain point.
L’histoire toute symbolique nous dit qu’elle a été envoyée vivre au palais du roi de Perse, Xerxès, dans son harem. Son oncle Mardochée lui demande de ne pas révéler qu’elle est juive. Le roi tombe amoureux d’elle et la prend pour épouse. Un haut dignitaire, Haman, s’offusque un jour du fait que Mardochée refuse de lui faire des courbettes, et obtient du roi le droit de mettre à mort tout le peuple juif. Ce n’est qu’à ce moment-là qu’Esther va révéler au roi qu’elle est juive, ce qui la met en danger d’être assassinée comme tout son peuple. Le roi ayant relu des annales qui lui rappellent que Mardochée lui avait sauvé la vie en le prévenant d’un complot, décide de lui accorder la vie sauve, et même de l’honorer. C’est finalement Haman qui est pendu là où devait l’être Mardochée. Premier retournement du “sort” (pour, en hébreu). Le roi donne alors le droit à Mardochée de massacrer tous les ennemis du peuple juif et de spolier leurs biens, ce qu’il ne fera pas. Second retournement.
Voilà comment un secret révélé au péril de sa vie sauve finalement tout le peuple des Juifs, sans mener à un autre massacre, même si cela ne se fait pas sans combat. Cette victoire sur la disparition programmée, sur la mise à mort d’un peuple, est célébrée lors de la fête de pourim.

Nous avons appris que le groupe juif LGBT de France s’appelait Beit Haverim, et on comprend mieux comment la fête de pourim peut devenir une référence pour eux : la révélation de leur “secret” (leur homosexualité) les met en danger, mais ils peuvent espérer qu’au contraire elle puisse sauver tous les leurs, en écartant le désir de vengeance sur leurs ennemis.
Il faut absolument regarder leur vidéo, « Les Reines de Pourim » visible sur leur site : un vrai régal !

Un grand merci aux organisateurs pour ce moment convivial et instructif, à renouveler !

Isabelle

Démarche synodale à Saint-Augustin

Après la joyeuse célébration du matin puis un repas partagé à quelques uns, nous nous sommes retrouvés à 6 de notre groupe et 16 de la paroisse Saint-Augustin pour échanger dans le cadre de la démarche synodale lancée par l’archevêque de Rennes.

Nous avions choisi comme thème « une communauté fraternelle et accueillante ». Après avoir lu quelques passages du pape François et de Mgr d’Ornellas sur le sujet, entrecoupés de chant à l’Esprit-Saint (cf. feuillet), nous nous sommes mis en groupes pour échanger. Voici le document qui résume les différentes propositions qui ont été remontées en plénière : Propositions

Ce fut une belle manière d’intégrer notre groupe comme n’importe quel groupe de chrétien-ne-s, dans une démarche autant paroissiale que diocésaine.

Denis

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Une rentrée pastorale

Nous étions cinq déjistes de notre groupe de Rennes présents à la messe de rentrée pastorale de la paroisse Saint-Augustin. Notre panneau qui récapitulait nos rencontres désormais régulières, en particulier l’après-midi contre l’homophobie du 21 mai, était là parmi les autres.

Et notre affiche contre l’homophobie, réalisée conjointement, a été mise à l’entrée de l’église. Puis, lors de la procession des offrandes, Isabelle a porté une bougie au nom de notre groupe.

Une journée de rencontres et d’échanges, un repas paroissial partagé, David & Jonathan cité par le curé comme n’importe quel groupe de la paroisse… la joie d’être accueillis comme les autres parmi les autres !

Une joie simple, qui fait du bien à toutes et tous, mais pourtant si rare ! Alors oui, nous allons continuer de la cultiver !!

Denis

Balade au cœur de la Bretagne

Nous partîmes cinq, nous arrivâmes … pas tout à fait mille, mais sept (ce qui est un excellent chiffre).
La randonnée du côté de Querrien, en Côtes d’Armor, débutant assez tôt le dimanche matin, cinq d’entre nous sommes partis en covoiturage samedi 19 août dans la soirée, pour passer la nuit chez le déjiste qui nous accueillait (un grand merci à lui !). Nous avons eu le plaisir de manger à six, chez lui, le repas partagé que nous avions prévu, ainsi qu’un bon petit-déjeuner le dimanche matin avant de nous mettre en chemin.
C’est à Pont Querra que notre septième compagnon nous attendait et que nous avons eu le plaisir de rencontrer pour la première fois.
Nous avons découvert une belle campagne, sous le soleil, et dans une température idéale pour les randonnées.

Notre premier arrêt fut l’église de Querrien, importante car c’est là que Marie serait apparue à une jeune fille de 12 ans, sourde et muette, en 1652 ; cette apparition qui l’aurait guérie est officiellement reconnue par l’Église catholique. Nous avons pris là un temps de prière, que Denis avait préparé, autour d’un texte de Voltaire extrait de son Traité sur la tolérance, et qui nous a à tous semblé avoir été écrit pour notre époque faite d’attentats terroristes.
Après un en-cas bienvenu, le chemin se poursuivait par un petit parc assez curieux : une reconstitution plutôt kitsch de l’apparition de Marie à la jeune fille, Jeanne, entourée de ses moutons (avec des statues grandeur nature). Par contre, un morceau de mur provenant certainement d’un monastère, près des statues, était vraiment beau (pour qui aime la vieille pierre, comme nous !).
Il était temps d’arriver, après 14h, pour déjeuner sur l’herbe, de retour à Pont Querra. L’excellente bouteille de vin rosé était elle aussi la bienvenue (merci à notre hôte !).
Nous avons ensuite pris les voitures pour aller non loin prendre un café à La Prénessaye, mais n’ayant pas vu tout ce qu’il y a à voir dans la région, nous avons poussé jusqu’à la chapelle de Saint-Lubin à Plémet, et heureusement ! Nous avons découvert là une petite église de toute beauté, datant du XVIe siècle, tout près d’une fontaine de la même époque, connue pour soigner les rhumatismes (comme c’est souvent le cas, et nécessaire, en Bretagne !).
C’est là que nous nous sommes dit au-revoir car il fallait bien rentrer, après un week-end des plus agréables, et avec l’espoir de revoir notre nouveau accueilli bientôt.

Isabelle

Balades de début d’été

Deux dimanches, deux activités de détente, de loisirs et de rencontre pour le groupe de David et Jonathan. Deux dates à marquer et remarquer, deux moments qui nous ont apportés aux uns et aux autres beaucoup de joie, de plaisir et d’émotion. Deux rendez-vous qu’il nous a été donné de vivre ensemble et qui nous apportent aussi tant de vies vécues et parfois survécues. Les rencontres de D&J ne sont jamais une certitude de présence, on attend, on est sûr, puis on doute de n’être que deux ou trois, pour être au final plus que prévus.


Le premier rendez-vous s’en est allé sur les terres du sud Mayennais, autrefois terre Angevine, qui nous a apporté ce dimanche 24 juin la douceur de vivre et le soleil. Des ingrédients plein de couleurs et de saveurs, mais qui auraient manqué de sel sans la présence de nos joyeux compères qui ont troqué la nonchalance d’un dimanche à ne rien faire, le repos bien mérité d’une semaine parfois harassante, pour venir tous se retrouver autour d’artistes merveilleux. Des artistes qui se sont donnés pleinement malgré un soleil de plomb et toujours dans le sourire. Un sourire qui se propage dans la foule de spectateurs, dans le rire et l’émotion qui parfois déborde des regards, des larmes qui perlent et des applaudissements qui crépitent comme autant d’étincelles jaillies de nulle part, si ce n’est du rêve transmis de grands enfants que nous sommes redevenus l’espace d’un après-midi.

Le second rendez-vous est une tout autre recette. Prenez le souvenir tenace de Patrick qui quinze ans après se rappelait d’une balade géniale aux Landes de Cojoux en Ille-et-Vilaine. Ajoutez y un pique-nique improvisé sur un terrain à bâtir, des chaussures de randonnées et des chasseurs de nuages et vous avez un cocktail détonnant de bavards ou de moins bavards se promenant dans la lande à la découverte des menhirs, des allées couvertes, qui imposent parfois de se taire pour mieux voir. Un temps pour parler, un autre pour se taire et une prière de sœur Emmanuelle qui appelle la réflexion au bord de l’eau…

Aimer
Aimer, c’est apprendre à écouter la différence de l’autre.
L’Amour est une écoute qui retentit en soi.
Alors s’ouvre la réception du don de l’autre, de sa manière autre d’aimer.
Nous serons toujours différents mais quand tu sais écouter l’autre différent de toi,
tu fais entrer en toi une vision qui n’est pas tienne.
L’autre, tu ne le changes pas, mais ta vision, oui, tu peux la changer.
Qu’est que l’autre sent, attend, et que je peux lui donner ?
L’Amour, c’est ce complément d’être que je donne
mais tel que l’autre le désire, et non pas tel que je l’imagine.
L’Amour, c’est ce complément d’être que, réciproquement, l’autre me donne, mais à sa façon.
Ceux qui s’aiment sont dans le mystère d’une relation vécue différemment, dans la différence.

Sœur Emmanuelle – « Vivre, à quoi ça sert »

Trois phrases ensuite reprises qui soulignent la différence de l’autre que l’on ne changera pas car ce serait imposer sa vision. Trois phrases qui soulignent la différence comme intangible. Trois phrases qui soulignent l’acceptation de l’autre, quel qu’il soit et quand bien même cet autre est celui que l’on aime.
Un texte qui nous a permis aussi d’entendre la souffrance, l’incompréhension ; de recevoir et de soutenir celui qui trébuche au milieu du chemin d’une vie parfois jonchée de trop de difficultés, quand ces difficultés vous touchent à l’intime d’une vie et qu’elles ne trouvent que des jugements trop hâtifs qui condamnent au lieu d’aider.
Cette balade fut une jolie randonnée où les pieds ont un peu soufferts, mais où les cœurs se sont parfois racontés. Cette balade fut un joli détour où la fatigue s’est fait ressentir, mais où les mots ont su parler. Cette balade fut un parcours où l’on se perd, mais où la solidarité permet de se retrouver.

Bel été à toutes et à tous
Jean-Louis

Synode catholique sur les Jeunes

Le document préparatoire (lineamenta) de la XVe assemblée du Synode des évêques qui se déroulera en octobre 2018, sur le thème « des jeunes, de la foi et du discernement des vocations », lançant « la phase de consultation de l’ensemble du Peuple de Dieu », étant membre de ce peuple, je propose la contribution qui suit :

« Je vous dis cela pour que ma joie soit en vous et que votre joie soit complète » (Jn 15,11). Le texte indique que « tel est le projet de Dieu pour les hommes et les femmes de tout temps et donc aussi pour tous les jeunes hommes et les jeunes femmes du IIIe millénaire, sans exception. » [1] C’est donc également le projet de Dieu pour les jeunes homosexuel-le-s de ce millénaire. Mais comment l’Église catholique pourrait « accompagner [ces] jeunes à reconnaître et à accueillir l’appel à l’amour et à la vie en plénitude » [1] en ayant un langage injuste envers l’homosexualité :

  • en excluant les jeunes hommes homosexuels de la prêtrise au motif infondé que « ces personnes se trouvent dans une situation qui fait gravement obstacle à une juste relation avec des hommes et des femmes » (n° 199 de Ratio fundamentalis institutionis sacerdotalis)
  • en considérant qu’il n’y aurait « aucun fondement pour assimiler ou établir des analogies, même lointaines [sic], entre les unions homosexuelles et le dessein de Dieu sur le mariage et la famille » (n° 251 d’Amoris lætitia)
  • en parlant d’actes « intrinsèquement désordonnés » même lorsqu’il se vivent dans la fidélité et dans un corps à corps autant que dans un cœur à cœur (n° 2357 du Catéchisme de l’Église catholique).

Chaque jeune LGBT ayant foi en Jésus-Christ veut arriver comme tout autre « à effectuer, en dialoguant avec le Seigneur et en écoutant la voix de l’Esprit, les choix fondamentaux, à partir du choix de son état de vie », « mettre en valeur au mieux ses dons et ses possibilités », « dans la logique du don généreux de soi » [3]. Or comment le pourrait-il/elle au sein de l’Église catholique puisque les jeunes homosexuel-le-s y sont officiellement exclu-e-s de deux des états de vie proposés : le mariage et la prêtrise.

Nous nous réjouissons cependant que le texte indique que la différence entre le genre peut être « à l’origine de forme de domination, d’exclusion et de discrimination dont toutes les sociétés ont besoin de se libérer » [2]. Mais en plus de lutter contre toute forme de sexisme qui nourrit également l’homophobie, nous ajoutons que toutes les sociétés ont également besoin de se libérer d’un hétérosexisme* qui considère que le seul et unique bien serait dans l’hétérosexualité. Car à cause de cela « nombreux sont ceux qui vivent dans des situations de vulnérabilité et d’insécurité, avec un impact sur leurs parcours de vie et sur leurs choix » [2].
Les activités pastorales à destination des jeunes restent souvent en France des vecteurs importants de discours homophobes (notamment à travers les propositions « amour/sexualité » qui sont assez incontournables et dans lesquelles on peut trouver un peu tout et n’importe quoi…).

Nous espérons que les Églises à travers le monde ajusteront leur regard sur l’homosexualité afin qu’elles puissent « rencontrer, accompagner, se préoccuper de chaque jeune, sans en exclure aucun » et ne pas « les abandonner aux solitudes et aux exclusions auxquelles le monde les expose » [3].
Et nous faisons nôtre que « le profil idéal de celui qui accompagne un jeune dans son discernement vocationnel » [3] est d’être « sans peur de s’élever contre les préjugés les plus répandus » [3].
Nous faisons ainsi nôtre également l’invitation du pape François « à sortir, avant tout, des rigidités qui rendent l’annonce de la joie de l’Évangile moins crédible, des schémas où les personnes se sentent étiquetées, et d’une façon d’être Église qui, parfois, paraît anachronique » [4].
Nous espérons ainsi que les jeunes LGBT, où qu’ils soient, pourront de plus en plus avoir accès à des activités pastorales qui répondent à leurs attentes et à leurs besoins, sans avoir à taire leur orientation sexuelle ou leur identité de genre, sans avoir à faire face à des discours fermés ou ambigus, des discours excluant.

Denis

[1] Citations issues de l’introduction du document préparatoire
[2] Citations issues de la partie « Les jeunes dans le monde d’aujourd’hui »
[3] Citations issues de la partie « Foi, discernement, vocation »
[4] Citation issue de la partie « L’action pastorale »

* hétérosexisme : Affirmation de l’hétérosexualité comme norme sociale ou comme étant supérieure aux autres orientations sexuelles ; pratiques sociales qui occultent la diversité des orientations et des identités sexuelles dans les représentations courantes, dans les relations et les institutions sociales, entre autres en considérant a priori toute personne comme étant hétérosexuelle ou en tenant pour acquis que tout le monde est intrinsèquement hétérosexuel.

Journée contre l’homophobie avec les paroisses St Augustin et réformée de Rennes

Il suffit parfois de peu, d’un rien, d’un regard, d’un échange de mots qui peinent à sortir, aidés qu’ils sont par un sourire. Cet après-midi là, nous avions préparé, bichonné ce moment que nous voulions intense et grand. Nous avions préparé ce moment avec des hommes et des femmes comme nous, tout en étant différents ! Animés que nous étions d’une foi qui se moque des chapelles et des confessions, mais qui sait où se trouve le bon sens de la vie qui fait s’animer les âmes, qui n’a que faire des différences pavées de bonnes intentions. Différents nous le sommes un peu mais avons appris à nous apprivoiser pour gommer ces différences. Celles de voir un homme avec un homme, une femme avec une femme.
Nous avons toutes et tous dit oui à l’invitation et nous avons osé, nous avons éclairé. Quelques heures, pas plus, mais cela suffit parfois à retrouver les couleurs qui pâlissent, car si le soleil ne se cache pas, les nuages s’amoncellent bien vite sous les regards inquiets qui scrutent et interrogent et peuvent se faire bien lourds derrière les ricanements et les moqueries.
Un à un, une à une, ils sont venus fidèles au poste pour certains d’entre eux, parfois jamais encore venus. Le vin et les victuailles ont envahi la table improvisée sous un soleil que n’ont jamais obscurcit les nuages, au point de nous en faire rougir, mais pas de honte : tout simplement du bonheur d’être ensemble.
Quatre situations posées et des foules de réactions interposées. Il ne fait parfois pas bon d’être homo et de se balader main dans la main. Il ne fait parfois pas bon d’avoir une allure efféminée quand bien même l’on n’est pas homo. Il ne fait parfois pas bon de raconter sa vie le matin au café quand son autre est une femme et que l’on est une femme. Il ne fait parfois pas bon de dire que l’on aime un autre à ses parents qui vous voyaient mari et femme et petits enfants au foyer familial. Autant de situations que nous rencontrons parfois sur notre route et qui vous blessent au jour le jour, qui laissent des peurs dans les regards croisés, des fuites qu’il faudrait éviter.
Les mots écrits se sont alignés les uns derrière les autres au point qu’il fallu rajouter du papier pour que chacun, chacune puisse dire. Les indignés qui veulent agir, interpeller, éduquer. Les compréhensifs qui cherchent à comprendre ce que la victime ressent mais pourquoi l’autre réagit ainsi. Il y a aussi les surpris et les prudents qui se disent qu’il faut du temps, ne rien dire trop vite, que l’on peut avoir du mal à suivre et celles et ceux prêt à embrasser ou à se battre pour que cela cesse enfin.
On peut débattre à l’infini, battre sa coulpe et se dire que l’on fera mieux la prochaine fois. Rentrer dans la coquille de ses peurs ou au contraire casser l’œuf et les plats avec. On peut aussi retrousser les manches et agir.
À la situation d’un lycéen en proie aux moqueries au motif qu’il paraît efféminé : la réponse proposé tourne autour du besoin d’une éducation à la différence, faire un travail de profondeur et sur le long terme sur les préjugés d’une société pour les désamorcer.
À celle d’un couple homo se faisant bousculer parce que main dans la main : éduquer le plus tôt possible à la différence, pas d’autocensure même si ce n’est pas toujours facile, communiquer, s’apprivoiser et quelle place, quel rôle peuvent aussi avoir les églises ?
Parler de son weekend au boulot, en paroisse… qui ne le fait pas… Mais que faire quand les autres comprennent ce qu’ils ne voulaient pas entendre : changer notre regard en parlant de ce sujet plus ouvertement. Les homos ont peut être aussi à changer leur regard sur eux-mêmes, rassurer les gens (face à une peur de blesser), cultiver une posture positive par rapport à leur homosexualité pour faciliter l’échange sur le sujet.
Annoncer que l’on aime à ses parents, quel bonheur… mais pas toujours et quand on est gay ? L’Église catholique devrait pouvoir bénir des unions homosexuelles. Les enseignants sont bridés sur le sujet… Faire connaître les associations (Contact, le Refuge, David & Jonathan, SOS homophobie, le CGLBT).
Des idées qui fusent, des convictions parfois profondes, des esprits qui cherchent à comprendre, mais surtout et avant tout des cœurs qui écoutent et qui aiment. Il fallait pour clore ce moment de vérité une prière guidée par un prêtre et une pasteur et toutes et tous en cet instant réunis. Les intentions portées par chacune et chacun sont venues fleurir un arbre mort des couleurs de l’arc en ciel dont en voici quelques nuances :
• Seigneur, nous te rendons grâce pour les paroles échangées et nous te confions les personnes en souffrance et isolées à cause de leur différence.
• Seigneur, merci pour cet après-midi qui nous aide à changer notre regard sur nos frères différents.
• Pour les parents des personnes homosexuelles, pour qu’elles ne rejettent pas ces personnes et qu’elles accueillent chacun comme un enfant bien aimé du père.
• Pour que nos différences nous enrichissent les uns les autres.
• Que l’amour de Dieu remplisse le cœur et les pensées de tous les hommes sur toute la terre, afin qu’ils s’acceptent avec leurs différences.
• Apprends à accueillir l’autre tel qu’il est et se reconnaître comme étant notre frère.
• Seigneur, aide les parents d’enfants homosexuels à comprendre qu’ils n’ont pas choisi leur orientation sexuelle et que leur amour inconditionnel est l’une des conditions de leur bonheur futur.
• Je te prie pour que plus jamais personne ne se sente exclu, rejeté à cause de sa différence. Merci de nous créer tous différents.
• Pour des personnes persécutées dans certains pays actuellement au point de mourir pour leur homosexualité.
• Prions pour que nos mots et nos gestes ne soient pas blessures et violence.

Un moment de grâce qui n’est pas dû à la chance d’une loterie de hasard mais aux souffrances et aux blessures accumulées. Un tirage qui n’a rien d’un triste sort mais un tissage d’amour, de compréhension et d’amitiés entre nous toutes et tous qui étions là réunis.

Jean-Louis et toutes celles et ceux qui étaient là présents ce dimanche 21 mai 2017.

À Rennes contre l’homophobie

Nous étions 7 déjistes présents pour une après-midi contre l’homophobie. En ce samedi 13 mai, place de la Mairie à Rennes, nous avons partagé stands et expositions avec le CGLBT, Aides, SOS homophobie et le Planning familial.

À l’exposition contre l’homophobie qui touche les jeunes, hélas toujours d’actualité, nous avons inauguré une exposition « Parole de » qui a été beaucoup regardée par les passant-e-s. Elle reprend des phrases de religieux, de politiques et de personnalités et montre que l’acceptation de l’homosexualité ou à l’inverse l’homophobie peuvent traverser tous les courants suivant que l’on accepte ou que l’on rejette l’autre différent…

Nous avons également fait la publicité pour le dimanche après-midi 21 mai « Homophobie ? Parlons-en » que nous organisons avec la paroisse catholique Saint-Augustin et l’Église protestante unie de Rennes (→ voir l’article)

Nous avons reçu deux tristes et consternantes apostrophes : du « sodomites » lancé à notre encontre à la colère d’un homme qui rejette le fait que l’on puisse s’affirmer homos et chrétiens. Un homme qui dit bien connaître la Bible, mais que vaut cette prétention face au message du Christ quand dans le même temps il finit par dire que son fils homosexuel s’est suicidé ? Face à un littéralisme borné, met venue cette salutation « Que Dieu vous bénisse » ce qui l’a laissé un peu pantois…
Mais nous avons surtout eu beaucoup de bienveillance et des paroles d’encouragement à tous les stands. Oui, nous pouvons être fiers de défendre publiquement notre dignité d’homo et de croyants !

Denis