Une rentrée pastorale

Nous étions cinq déjistes de notre groupe de Rennes présents à la messe de rentrée pastorale de la paroisse Saint-Augustin. Notre panneau qui récapitulait nos rencontres désormais régulières, en particulier l’après-midi contre l’homophobie du 21 mai, était là parmi les autres.

Et notre affiche contre l’homophobie, réalisée conjointement, a été mise à l’entrée de l’église. Puis, lors de la procession des offrandes, Isabelle a porté une bougie au nom de notre groupe.

Une journée de rencontres et d’échanges, un repas paroissial partagé, David & Jonathan cité par le curé comme n’importe quel groupe de la paroisse… la joie d’être accueillis comme les autres parmi les autres !

Une joie simple, qui fait du bien à toutes et tous, mais pourtant si rare ! Alors oui, nous allons continuer de la cultiver !!

Denis

Balade au cœur de la Bretagne

Nous partîmes cinq, nous arrivâmes … pas tout à fait mille, mais sept (ce qui est un excellent chiffre).
La randonnée du côté de Querrien, en Côtes d’Armor, débutant assez tôt le dimanche matin, cinq d’entre nous sommes partis en covoiturage samedi 19 août dans la soirée, pour passer la nuit chez le déjiste qui nous accueillait (un grand merci à lui !). Nous avons eu le plaisir de manger à six, chez lui, le repas partagé que nous avions prévu, ainsi qu’un bon petit-déjeuner le dimanche matin avant de nous mettre en chemin.
C’est à Pont Querra que notre septième compagnon nous attendait et que nous avons eu le plaisir de rencontrer pour la première fois.
Nous avons découvert une belle campagne, sous le soleil, et dans une température idéale pour les randonnées.

Notre premier arrêt fut l’église de Querrien, importante car c’est là que Marie serait apparue à une jeune fille de 12 ans, sourde et muette, en 1652 ; cette apparition qui l’aurait guérie est officiellement reconnue par l’Église catholique. Nous avons pris là un temps de prière, que Denis avait préparé, autour d’un texte de Voltaire extrait de son Traité sur la tolérance, et qui nous a à tous semblé avoir été écrit pour notre époque faite d’attentats terroristes.
Après un en-cas bienvenu, le chemin se poursuivait par un petit parc assez curieux : une reconstitution plutôt kitsch de l’apparition de Marie à la jeune fille, Jeanne, entourée de ses moutons (avec des statues grandeur nature). Par contre, un morceau de mur provenant certainement d’un monastère, près des statues, était vraiment beau (pour qui aime la vieille pierre, comme nous !).
Il était temps d’arriver, après 14h, pour déjeuner sur l’herbe, de retour à Pont Querra. L’excellente bouteille de vin rosé était elle aussi la bienvenue (merci à notre hôte !).
Nous avons ensuite pris les voitures pour aller non loin prendre un café à La Prénessaye, mais n’ayant pas vu tout ce qu’il y a à voir dans la région, nous avons poussé jusqu’à la chapelle de Saint-Lubin à Plémet, et heureusement ! Nous avons découvert là une petite église de toute beauté, datant du XVIe siècle, tout près d’une fontaine de la même époque, connue pour soigner les rhumatismes (comme c’est souvent le cas, et nécessaire, en Bretagne !).
C’est là que nous nous sommes dit au-revoir car il fallait bien rentrer, après un week-end des plus agréables, et avec l’espoir de revoir notre nouveau accueilli bientôt.

Isabelle

Balades de début d’été

Deux dimanches, deux activités de détente, de loisirs et de rencontre pour le groupe de David et Jonathan. Deux dates à marquer et remarquer, deux moments qui nous ont apportés aux uns et aux autres beaucoup de joie, de plaisir et d’émotion. Deux rendez-vous qu’il nous a été donné de vivre ensemble et qui nous apportent aussi tant de vies vécues et parfois survécues. Les rencontres de D&J ne sont jamais une certitude de présence, on attend, on est sûr, puis on doute de n’être que deux ou trois, pour être au final plus que prévus.


Le premier rendez-vous s’en est allé sur les terres du sud Mayennais, autrefois terre Angevine, qui nous a apporté ce dimanche 24 juin la douceur de vivre et le soleil. Des ingrédients plein de couleurs et de saveurs, mais qui auraient manqué de sel sans la présence de nos joyeux compères qui ont troqué la nonchalance d’un dimanche à ne rien faire, le repos bien mérité d’une semaine parfois harassante, pour venir tous se retrouver autour d’artistes merveilleux. Des artistes qui se sont donnés pleinement malgré un soleil de plomb et toujours dans le sourire. Un sourire qui se propage dans la foule de spectateurs, dans le rire et l’émotion qui parfois déborde des regards, des larmes qui perlent et des applaudissements qui crépitent comme autant d’étincelles jaillies de nulle part, si ce n’est du rêve transmis de grands enfants que nous sommes redevenus l’espace d’un après-midi.

Le second rendez-vous est une tout autre recette. Prenez le souvenir tenace de Patrick qui quinze ans après se rappelait d’une balade géniale aux Landes de Cojoux en Ille-et-Vilaine. Ajoutez y un pique-nique improvisé sur un terrain à bâtir, des chaussures de randonnées et des chasseurs de nuages et vous avez un cocktail détonnant de bavards ou de moins bavards se promenant dans la lande à la découverte des menhirs, des allées couvertes, qui imposent parfois de se taire pour mieux voir. Un temps pour parler, un autre pour se taire et une prière de sœur Emmanuelle qui appelle la réflexion au bord de l’eau…

Aimer
Aimer, c’est apprendre à écouter la différence de l’autre.
L’Amour est une écoute qui retentit en soi.
Alors s’ouvre la réception du don de l’autre, de sa manière autre d’aimer.
Nous serons toujours différents mais quand tu sais écouter l’autre différent de toi,
tu fais entrer en toi une vision qui n’est pas tienne.
L’autre, tu ne le changes pas, mais ta vision, oui, tu peux la changer.
Qu’est que l’autre sent, attend, et que je peux lui donner ?
L’Amour, c’est ce complément d’être que je donne
mais tel que l’autre le désire, et non pas tel que je l’imagine.
L’Amour, c’est ce complément d’être que, réciproquement, l’autre me donne, mais à sa façon.
Ceux qui s’aiment sont dans le mystère d’une relation vécue différemment, dans la différence.

Sœur Emmanuelle – « Vivre, à quoi ça sert »

Trois phrases ensuite reprises qui soulignent la différence de l’autre que l’on ne changera pas car ce serait imposer sa vision. Trois phrases qui soulignent la différence comme intangible. Trois phrases qui soulignent l’acceptation de l’autre, quel qu’il soit et quand bien même cet autre est celui que l’on aime.
Un texte qui nous a permis aussi d’entendre la souffrance, l’incompréhension ; de recevoir et de soutenir celui qui trébuche au milieu du chemin d’une vie parfois jonchée de trop de difficultés, quand ces difficultés vous touchent à l’intime d’une vie et qu’elles ne trouvent que des jugements trop hâtifs qui condamnent au lieu d’aider.
Cette balade fut une jolie randonnée où les pieds ont un peu soufferts, mais où les cœurs se sont parfois racontés. Cette balade fut un joli détour où la fatigue s’est fait ressentir, mais où les mots ont su parler. Cette balade fut un parcours où l’on se perd, mais où la solidarité permet de se retrouver.

Bel été à toutes et à tous
Jean-Louis

Synode catholique sur les Jeunes

Le document préparatoire (lineamenta) de la XVe assemblée du Synode des évêques qui se déroulera en octobre 2018, sur le thème « des jeunes, de la foi et du discernement des vocations », lançant « la phase de consultation de l’ensemble du Peuple de Dieu », étant membre de ce peuple, je propose la contribution qui suit :

« Je vous dis cela pour que ma joie soit en vous et que votre joie soit complète » (Jn 15,11). Le texte indique que « tel est le projet de Dieu pour les hommes et les femmes de tout temps et donc aussi pour tous les jeunes hommes et les jeunes femmes du IIIe millénaire, sans exception. » [1] C’est donc également le projet de Dieu pour les jeunes homosexuel-le-s de ce millénaire. Mais comment l’Église catholique pourrait « accompagner [ces] jeunes à reconnaître et à accueillir l’appel à l’amour et à la vie en plénitude » [1] en ayant un langage injuste envers l’homosexualité :

  • en excluant les jeunes hommes homosexuels de la prêtrise au motif infondé que « ces personnes se trouvent dans une situation qui fait gravement obstacle à une juste relation avec des hommes et des femmes » (n° 199 de Ratio fundamentalis institutionis sacerdotalis)
  • en considérant qu’il n’y aurait « aucun fondement pour assimiler ou établir des analogies, même lointaines [sic], entre les unions homosexuelles et le dessein de Dieu sur le mariage et la famille » (n° 251 d’Amoris lætitia)
  • en parlant d’actes « intrinsèquement désordonnés » même lorsqu’il se vivent dans la fidélité et dans un corps à corps autant que dans un cœur à cœur (n° 2357 du Catéchisme de l’Église catholique).

Chaque jeune LGBT ayant foi en Jésus-Christ veut arriver comme tout autre « à effectuer, en dialoguant avec le Seigneur et en écoutant la voix de l’Esprit, les choix fondamentaux, à partir du choix de son état de vie », « mettre en valeur au mieux ses dons et ses possibilités », « dans la logique du don généreux de soi » [3]. Or comment le pourrait-il/elle au sein de l’Église catholique puisque les jeunes homosexuel-le-s y sont officiellement exclu-e-s de deux des états de vie proposés : le mariage et la prêtrise.

Nous nous réjouissons cependant que le texte indique que la différence entre le genre peut être « à l’origine de forme de domination, d’exclusion et de discrimination dont toutes les sociétés ont besoin de se libérer » [2]. Mais en plus de lutter contre toute forme de sexisme qui nourrit également l’homophobie, nous ajoutons que toutes les sociétés ont également besoin de se libérer d’un hétérosexisme* qui considère que le seul et unique bien serait dans l’hétérosexualité. Car à cause de cela « nombreux sont ceux qui vivent dans des situations de vulnérabilité et d’insécurité, avec un impact sur leurs parcours de vie et sur leurs choix » [2].
Les activités pastorales à destination des jeunes restent souvent en France des vecteurs importants de discours homophobes (notamment à travers les propositions « amour/sexualité » qui sont assez incontournables et dans lesquelles on peut trouver un peu tout et n’importe quoi…).

Nous espérons que les Églises à travers le monde ajusteront leur regard sur l’homosexualité afin qu’elles puissent « rencontrer, accompagner, se préoccuper de chaque jeune, sans en exclure aucun » et ne pas « les abandonner aux solitudes et aux exclusions auxquelles le monde les expose » [3].
Et nous faisons nôtre que « le profil idéal de celui qui accompagne un jeune dans son discernement vocationnel » [3] est d’être « sans peur de s’élever contre les préjugés les plus répandus » [3].
Nous faisons ainsi nôtre également l’invitation du pape François « à sortir, avant tout, des rigidités qui rendent l’annonce de la joie de l’Évangile moins crédible, des schémas où les personnes se sentent étiquetées, et d’une façon d’être Église qui, parfois, paraît anachronique » [4].
Nous espérons ainsi que les jeunes LGBT, où qu’ils soient, pourront de plus en plus avoir accès à des activités pastorales qui répondent à leurs attentes et à leurs besoins, sans avoir à taire leur orientation sexuelle ou leur identité de genre, sans avoir à faire face à des discours fermés ou ambigus, des discours excluant.

Denis

[1] Citations issues de l’introduction du document préparatoire
[2] Citations issues de la partie « Les jeunes dans le monde d’aujourd’hui »
[3] Citations issues de la partie « Foi, discernement, vocation »
[4] Citation issue de la partie « L’action pastorale »

* hétérosexisme : Affirmation de l’hétérosexualité comme norme sociale ou comme étant supérieure aux autres orientations sexuelles ; pratiques sociales qui occultent la diversité des orientations et des identités sexuelles dans les représentations courantes, dans les relations et les institutions sociales, entre autres en considérant a priori toute personne comme étant hétérosexuelle ou en tenant pour acquis que tout le monde est intrinsèquement hétérosexuel.

Journée contre l’homophobie avec les paroisses St Augustin et réformée de Rennes

Il suffit parfois de peu, d’un rien, d’un regard, d’un échange de mots qui peinent à sortir, aidés qu’ils sont par un sourire. Cet après-midi là, nous avions préparé, bichonné ce moment que nous voulions intense et grand. Nous avions préparé ce moment avec des hommes et des femmes comme nous, tout en étant différents ! Animés que nous étions d’une foi qui se moque des chapelles et des confessions, mais qui sait où se trouve le bon sens de la vie qui fait s’animer les âmes, qui n’a que faire des différences pavées de bonnes intentions. Différents nous le sommes un peu mais avons appris à nous apprivoiser pour gommer ces différences. Celles de voir un homme avec un homme, une femme avec une femme.
Nous avons toutes et tous dit oui à l’invitation et nous avons osé, nous avons éclairé. Quelques heures, pas plus, mais cela suffit parfois à retrouver les couleurs qui pâlissent, car si le soleil ne se cache pas, les nuages s’amoncellent bien vite sous les regards inquiets qui scrutent et interrogent et peuvent se faire bien lourds derrière les ricanements et les moqueries.
Un à un, une à une, ils sont venus fidèles au poste pour certains d’entre eux, parfois jamais encore venus. Le vin et les victuailles ont envahi la table improvisée sous un soleil que n’ont jamais obscurcit les nuages, au point de nous en faire rougir, mais pas de honte : tout simplement du bonheur d’être ensemble.
Quatre situations posées et des foules de réactions interposées. Il ne fait parfois pas bon d’être homo et de se balader main dans la main. Il ne fait parfois pas bon d’avoir une allure efféminée quand bien même l’on n’est pas homo. Il ne fait parfois pas bon de raconter sa vie le matin au café quand son autre est une femme et que l’on est une femme. Il ne fait parfois pas bon de dire que l’on aime un autre à ses parents qui vous voyaient mari et femme et petits enfants au foyer familial. Autant de situations que nous rencontrons parfois sur notre route et qui vous blessent au jour le jour, qui laissent des peurs dans les regards croisés, des fuites qu’il faudrait éviter.
Les mots écrits se sont alignés les uns derrière les autres au point qu’il fallu rajouter du papier pour que chacun, chacune puisse dire. Les indignés qui veulent agir, interpeller, éduquer. Les compréhensifs qui cherchent à comprendre ce que la victime ressent mais pourquoi l’autre réagit ainsi. Il y a aussi les surpris et les prudents qui se disent qu’il faut du temps, ne rien dire trop vite, que l’on peut avoir du mal à suivre et celles et ceux prêt à embrasser ou à se battre pour que cela cesse enfin.
On peut débattre à l’infini, battre sa coulpe et se dire que l’on fera mieux la prochaine fois. Rentrer dans la coquille de ses peurs ou au contraire casser l’œuf et les plats avec. On peut aussi retrousser les manches et agir.
À la situation d’un lycéen en proie aux moqueries au motif qu’il paraît efféminé : la réponse proposé tourne autour du besoin d’une éducation à la différence, faire un travail de profondeur et sur le long terme sur les préjugés d’une société pour les désamorcer.
À celle d’un couple homo se faisant bousculer parce que main dans la main : éduquer le plus tôt possible à la différence, pas d’autocensure même si ce n’est pas toujours facile, communiquer, s’apprivoiser et quelle place, quel rôle peuvent aussi avoir les églises ?
Parler de son weekend au boulot, en paroisse… qui ne le fait pas… Mais que faire quand les autres comprennent ce qu’ils ne voulaient pas entendre : changer notre regard en parlant de ce sujet plus ouvertement. Les homos ont peut être aussi à changer leur regard sur eux-mêmes, rassurer les gens (face à une peur de blesser), cultiver une posture positive par rapport à leur homosexualité pour faciliter l’échange sur le sujet.
Annoncer que l’on aime à ses parents, quel bonheur… mais pas toujours et quand on est gay ? L’Église catholique devrait pouvoir bénir des unions homosexuelles. Les enseignants sont bridés sur le sujet… Faire connaître les associations (Contact, le Refuge, David & Jonathan, SOS homophobie, le CGLBT).
Des idées qui fusent, des convictions parfois profondes, des esprits qui cherchent à comprendre, mais surtout et avant tout des cœurs qui écoutent et qui aiment. Il fallait pour clore ce moment de vérité une prière guidée par un prêtre et une pasteur et toutes et tous en cet instant réunis. Les intentions portées par chacune et chacun sont venues fleurir un arbre mort des couleurs de l’arc en ciel dont en voici quelques nuances :
• Seigneur, nous te rendons grâce pour les paroles échangées et nous te confions les personnes en souffrance et isolées à cause de leur différence.
• Seigneur, merci pour cet après-midi qui nous aide à changer notre regard sur nos frères différents.
• Pour les parents des personnes homosexuelles, pour qu’elles ne rejettent pas ces personnes et qu’elles accueillent chacun comme un enfant bien aimé du père.
• Pour que nos différences nous enrichissent les uns les autres.
• Que l’amour de Dieu remplisse le cœur et les pensées de tous les hommes sur toute la terre, afin qu’ils s’acceptent avec leurs différences.
• Apprends à accueillir l’autre tel qu’il est et se reconnaître comme étant notre frère.
• Seigneur, aide les parents d’enfants homosexuels à comprendre qu’ils n’ont pas choisi leur orientation sexuelle et que leur amour inconditionnel est l’une des conditions de leur bonheur futur.
• Je te prie pour que plus jamais personne ne se sente exclu, rejeté à cause de sa différence. Merci de nous créer tous différents.
• Pour des personnes persécutées dans certains pays actuellement au point de mourir pour leur homosexualité.
• Prions pour que nos mots et nos gestes ne soient pas blessures et violence.

Un moment de grâce qui n’est pas dû à la chance d’une loterie de hasard mais aux souffrances et aux blessures accumulées. Un tirage qui n’a rien d’un triste sort mais un tissage d’amour, de compréhension et d’amitiés entre nous toutes et tous qui étions là réunis.

Jean-Louis et toutes celles et ceux qui étaient là présents ce dimanche 21 mai 2017.

À Rennes contre l’homophobie

Nous étions 7 déjistes présents pour une après-midi contre l’homophobie. En ce samedi 13 mai, place de la Mairie à Rennes, nous avons partagé stands et expositions avec le CGLBT, Aides, SOS homophobie et le Planning familial.

À l’exposition contre l’homophobie qui touche les jeunes, hélas toujours d’actualité, nous avons inauguré une exposition « Parole de » qui a été beaucoup regardée par les passant-e-s. Elle reprend des phrases de religieux, de politiques et de personnalités et montre que l’acceptation de l’homosexualité ou à l’inverse l’homophobie peuvent traverser tous les courants suivant que l’on accepte ou que l’on rejette l’autre différent…

Nous avons également fait la publicité pour le dimanche après-midi 21 mai « Homophobie ? Parlons-en » que nous organisons avec la paroisse catholique Saint-Augustin et l’Église protestante unie de Rennes (→ voir l’article)

Nous avons reçu deux tristes et consternantes apostrophes : du « sodomites » lancé à notre encontre à la colère d’un homme qui rejette le fait que l’on puisse s’affirmer homos et chrétiens. Un homme qui dit bien connaître la Bible, mais que vaut cette prétention face au message du Christ quand dans le même temps il finit par dire que son fils homosexuel s’est suicidé ? Face à un littéralisme borné, met venue cette salutation « Que Dieu vous bénisse » ce qui l’a laissé un peu pantois…
Mais nous avons surtout eu beaucoup de bienveillance et des paroles d’encouragement à tous les stands. Oui, nous pouvons être fiers de défendre publiquement notre dignité d’homo et de croyants !

Denis

Une répétition à l’opéra et une soirée Zinzin

Se rendre à un spectacle, quel qu’il soit, de rue, de théâtre, d’opéra, ou toute autre manifestation culturelle donne quand on a face à soi des professionnels et/ou des amateurs passionnés, l’illusion de la facilité et de l’évidence.
Aller aux répétitions, c’est-à-dire entrer dans les coulisses de l’art, met en exergue les difficultés, les écueils de l’art auxquels les artistes donnent leurs talents. Tout est à recréer !
L’Opéra de Rennes ouvrait ses portes samedi 6 mai, le temps des répétitions de Carmen, de Georges Bizet : Synergie entre les acteurs-chanteurs, le maître de cœurs, le metteur en scène, les musiciens pour la construction d’un édifice, pierre après pierre, avec les ratés, les recommencements, les incompréhensions mutuelles, puis le début enfin d’une cohérence commune, comme l’ accouchement lent d’une esthétique visuelle et musicale, et devoir tout recommencer pour l’élaboration de l’acte suivant.
D&J y était. Une dizaine d’entre nous ont donc apprécié cette construction chorégraphique et musicale qui s’est terminée pour les spectateurs (un peu voyeurs du fait même du caractère de la répétition) en apothéose lyrique avec l’aria de « l’amour est un oiseau rebelle » du premier acte enfin réalisé.
Ténor, baryton, cœurs et soprano à cœur-joie ; pour nous remettre de telles émotions, il nous a fallu pas moins d’un pot en terrasse de café puis d’un dîner en ville pour terminer cette journée culturelle.
Cent mille millions de mille mercis à Thierry pour cette organisation culturelle …

Christophe

David et Jonathan Rennes à AIDES

David et Jonathan Rennes à AIDES pour s’informer sur le VIH, un ou des virus, sur le SIDA, une maladie…

Cette maladie avec laquelle aujourd’hui on peut vivre ou survivre grâce à différents traitements. Mais cette maladie fait encore trop de ravages, touche encore trop la communauté gay. Le personnel médical est aujourd’hui bien formé et informé, le regard a aussi changé. Cependant, ces mots font toujours peur et il faut informer et répéter.
D&J Rennes est allé rencontrer Aides pour en parler. Le sida et le VIH sont des paroles que l’on égrènent comme autant de difficultés de vie, comme des vérités qu’on affichent ou qu’on cachent, des cicatrices que l’on porte parfois et qu’il est bon de dire pour démythifier et oser dire. C’était l’occasion de poser toutes les questions, que parfois l’on a peur de poser, même après des années, même en ne se sachant pas juger. Une occasion aussi d’enfoncer des portes ouvertes mais aussi d’en fermer de mauvaises. Une occasion de faire un tour de tout ce que l’on doit savoir et de redire que le préservatif reste le meilleur moyen de se prémunir de cette maladie qui n’est en rien une fatalité. Une maladie qui n’a pas de vaccin et probablement encore pour longtemps. Mais une maladie que l’on peut dépister dans tous les centres médicaux mais aussi à AIDES, avec un suivi qu’il importe de prendre en compte. Le rejet du séropositif existe encore… à en faire des rages de dents chez les dentistes ! On peine en 2017 à le croire.
Ce fut aussi un moment de vérité où chacun avance à pas feutré en faisant attention à l’autre, aux autres. Ce fut l’occasion à chacun de dire ce qui lui tenait à cœur et d’en discuter entre nous. D&J, ce sont des gays et ce sont aussi parfois des chrétiens. Les discours de l’église catholique sont forcément présents dans ces échanges et la fidélité mise en avant, nous a amené à un véritable débat d’intérêt. La fidélité porte en celles et ceux qui en font un idéal : une règle, une notion de moralité, une attitude. Et tout aussi respectable que soit cette attitude de vie, elle se dissocie totalement de la maladie qui est une réalité physique. Le Christ n’a eu de cesse de combattre cette confusion dans les esprits de ses contemporains. En associant ces deux notions, on se donne face à la maladie d’être un individu qui juge et punit. Le SIDA n’est que la résultante de virus, parasites obligatoires qui trouvent en nos cellules l’occasion de se multiplier pour survivre.

Merci Bernard d’avoir pris de son temps pour nous avoir donné et redonné ce qu’il importe de savoir sur cette maladie et si vous voulez en savoir plus : Rendez-vous sur le site de AIDES

Jean-Louis

Filiation et Parentalité

Nous étions 14 ce samedi 1er avril chez Annette, venant des groupes du Finistère, de Nantes, de Rennes et de Vendée. Ce bel après-midi a été riche en discussions, et les participant-e-s ont beaucoup apprécié de se retrouver une fois encore pour cette journée thématique et hautement conviviale, cette année sur le thème « filiation et parentalité ».

Après un rappel humoristique de Jean-Louis sur les exemples de GPA, d’adoption, de coparentalité et de PSA (procréation spirituellement assistée !) qu’on peut trouver dans la Bible, nous avons fait un tour d’horizon des positions (politiques) des principaux candidats à l’élection présidentielle sur le mariage pour tous et la filiation :

  • Emmanuel Macron ne remet pas en question le mariage pour tous, mais il a affirmé que ses opposants « ont été humiliés ».
  • François Fillon est contre l’adoption plénière, et affirme que l’adoption simple est quasi identique à la plénière (ce qui est faux).
  • Benoît Hamon est pour la PMA et contre la GPA.
  • Marine Le Pen veut abolir le mariage entre personnes de même sexe (sans démarier ceux et celles qui le sont déjà), et le remplacer par un PACS amélioré.
  • Quant à Jean-Luc Mélenchon, il est pour la PMA et contre la GPA.

TOUR DE TABLE

Un tour de table du vécu de chacun-e concernant son expérience de vie – avec ou sans enfants, par rapport à ses désirs ou non d’enfants –, fait ressortir que pour les plus âgé-e-s d’entre nous (plus de 60 ans), être homosexuel-le et parent était inconcevable (quelqu’un remarque que ce mot est en lien avec le verbe « concevoir » : intéressant !) ; à 50 ans, si cela était concevable, ça restait théorique et difficilement envisageable dans la réalité ; sauf à s’enfermer dans une relation hétérosexuelle qui a conduit à une parentalité vécue difficilement ; ou bien à vivre une forme de paternité heureuse avec ses neveux ; mais dans tous les cas à mettre à sa vie d’homo entre parenthèses.
Nous avons parmi nous un exemple de personne plus jeune (33 ans), pour qui ce projet longuement réfléchi est devenu réalité, dans le cadre d’une coparentalité à quatre (2 papas, 2 mamans, c’est très bien pour un enfant, ndlr) : désir que l’enfant connaisse son père ; rédaction d’une charte de coparentalité pour baliser pas mal de choses (valeurs, organisations, mode de garde, place des parents non biologiques) ; objectif que tout le monde partage la filiation avec l’envie des quatre ; une même charte pour les quatre parents pour tous les enfants à venir ; la parentalité paraît moins difficile par rapport aux futurs grands-parents, car on amène un « gendre ».
Certains parmi nous évoquent le non désir d’enfant à cause d’une histoire personnelle qui ne pouvait pas laisser envisager de devenir parent, mais pas forcément en lien avec leur homosexualité.
Il apparaît clairement que les homosexuel-le-s se posent plus de questions que les couples hétéros en ce qui concerne les enfants. Et que le cas de figure le plus difficile pour le parent est celui de se retrouver seul-e à s’occuper de ses enfants – mais ceci vaut pour tout le monde.
Puis nos échanges ont été accompagnés par un support sous forme de montage diapos, préparé par Denis et Jean-Louis : nous les remercions pour tout ce travail !

RÉSUMÉ DE NOS ÉCHANGES

Une évolution : Concernant le désir de parentalité chez les homos, nous sommes passés d’un « ce n’était pas concevable » à un « c’était concevable mais pas réalisable » à un « c’est réalisable et toujours le fruit d’une réflexion » pour celles et ceux qui en ont le désir.

Des problématiques qui nous concernent toutes et tous : Lorsqu’il est question de parentalité, d’adoption, de PMA et de GPA, cela suscite toujours plus de suspicion envers les couples homosexuels, alors que les problématiques sous-jacentes concernent tout le monde. Par exemple, on reproche aux personnes homosexuelles de méconnaître la notion d’altérité, dimension indispensable à la construction de l’enfant mais qui peut se décliner ailleurs qu’à travers la différence anatomique des sexes des parents. En effet, « il faut tout un village pour que grandisse un enfant ».

PMA et discrimination : La PMA avec donneur ou donneuse tiers est autorisée pour les couples hétéros, mais pas pour les couples de femmes, ni dans le cadre d’une coparentalité avec un couple de femmes et un couple d’hommes. Elle est très rarement accordée pour les couples hétéros dont l’un est transgenre. La loi ou son application est donc clairement discriminante.

La GPA nous interroge : La GPA ne nous paraît pas être la solution idéale en particulier par rapport aux mères porteuses. Comme pour tout désir, il faut interroger si sa réalisation est vraiment judicieuse pour tous. Si la GPA était envisagée en France, quels garde-fous voulons-nous ?

L’adoption, pas si simple : Juridiquement, l’adoption simple ne donne pas la même force de lien entre parent et enfant que l’adoption plénière. Il serait donc discriminatoire de refuser l’adoption plénière aux couples homosexuels. Nous constatons que l’adoption reste trop difficile pour les couples qu’ils soient homos ou hétéros.

L’enfant et ses origines : Quelle que soit la configuration familiale, nous sommes favorables à ce que tout enfant puisse connaître l’histoire la plus complète de ses origines afin qu’il puisse se représenter ses racines.

La place des parents sociaux : Nous sommes favorables à ce que les parents sociaux (non biologiques) aient un lien juridique renforcé pour le bien des enfants qu’ils élèvent que cela soit dans le cadre d’une coparentalité ou d’une famille recomposée.

TEMPS SPIRITUEL

Pour terminer cette rencontre, les membres du Finistère nous avaient préparé un très beau temps spirituel, en musique, pour ceux et celles qui souhaitaient y participer. Ce fut un moment très fort. Ci-dessous le texte de Khalil Gibran qui fut lu (extrait du recueil Le prophète) :

« Et une femme qui portait un enfant dans les bras dit :
Parlez-nous des Enfants.
Et il dit : Vos enfants ne sont pas vos enfants.
Ils sont les fils et les filles de l’appel de la Vie à elle-même,
Ils viennent à travers vous mais non de vous.
Et bien qu’ils soient avec vous, ils ne vous appartiennent pas.

« Vous pouvez leur donner votre amour mais non point vos pensées,
Car ils ont leurs propres pensées.
Vous pouvez accueillir leurs corps mais pas leurs âmes,
Car leurs âmes habitent la maison de demain, que vous ne pouvez visiter,
pas même dans vos rêves.
Vous pouvez vous efforcer d’être comme eux,
mais ne tentez pas de les faire comme vous.
Car la vie ne va pas en arrière, ni ne s’attarde avec hier.

« Vous êtes les arcs par qui vos enfants, comme des flèches vivantes, sont projetés.
L’Archer voit le but sur le chemin de l’infini, et Il vous tend de Sa puissance
pour que Ses flèches puissent voler vite et loin.
Que votre tension par la main de l’Archer soit pour la joie ;
Car de même qu’Il aime la flèche qui vole, Il aime l’arc qui est stable. »

Nous avons pu ensuite rejoindre d’autres déjistes nantais avaient réservé un délicieux restaurant indien, où nous avons pu continuer à discuter, et rire, avant de nous dire à bientôt !
Un grand merci à toutes et tous pour cette journée dense, riche en émotion et en convivialité et à Isabelle pour avoir préparé ce compte rendu.