Une réunion de rentrée aux multiples facettes

Une réunion de rentrée 2020 étalée sur un dimanche complet, une réunion de rentrée avec tant de multiples facettes différentes qu’il est possible de la qualifier de journée des carrefours.

Outre que le quorum a été largement atteint sur la participation – les rares absent-e-s étaient excusé-e-s par des raisons impératives aux antipodes de leur désir réel d’être parmi nous –, c’est d’abord la présence de Pierre, le co-président national de D&J qui a donné une profondeur à nos échanges, par son apport de la vision du Bureau national sur les enjeux nationaux tout en permettant aux membres du groupe de Rennes d’éclairer la dimension nationale de l’asso sur le vécu de D&J au niveau local.

Sérieux et profondeur des échanges, réelle concentration sur les bilans – moral et financier –, humour (parfois potache, mais c’est ça qui est bon), gastronomie et bons vins, analyses, projets, bilan des actions passées…

Pour résumer :
• présentations de chacun,
• accueil d’un nouveau,
• informations, enjeux, projets, politique, débats, objectifs, défis et gestions de crises…
• déjeuné partagé, galette des rois/reines,
• réflexion sur les adéquations/engagements et synergie d’action entre local et national
• puis, le cœur de la journée : élection du nouveau Bureau local

Voilà donc le groupe rennais de David et Jonathan armé et lancé pour 2020 : Nous avons notre rôle à jouer au sein de la société dans chacune de ses dimensions, des Églises, des communautés LGBTI+. Au local comme au national, D&J reste aussi sollicitée et attendue…

Christophe

DJ Ouest en Vendée

L’inouï de Noël.
C’est le titre d’un message de la mission ouvrière pour ce temps de Noël. Ce fut aussi et c’est encore, ce qui reste dans nos cœurs après ces 24 heures où le temps s’est mis entre les parenthèses des couleurs de l’arc en ciel.
Il pleuvait sur la Vendée ce jour-là mais il faisait beau dans nos cœurs, car nous étions toutes et tous tournées les uns vers les autres.
Comment décrire ce moment vécu si ce n’est par les sourires et les rires qui émaillent encore nos souvenirs. Merci les Vendéennes merci les Vendéens pour l’accueil, pour le confort d’un logis hors norme, pour les petits plats dans les grands que l’on vous sert à table comme dans le grand monde. Une équipe de choc qui veille à tout et sur tout.
On part avec ces soucis avec ces envies, puis on laisse tout au vestiaire, même les chaussures ! On revêt les couleurs de l’arc en ciel pour donner toutes les couleurs du temps, l’espace d’une photographie, à nos vies enrhumées, aux entorses du pied et du cœur.
On se laisse prendre aux jeux des présentateurs en folie qui passe la main et le micro aux chanteurs d’un jour, aux chanteuses toujours, aux groupes qui se forment et se déforment pour mieux s’entendre et écouter. Certaines et certains retournent à l’école des Fans, illustre émission revisitée par des grands enfants, sous le regard bienveillant d’une star à la guitare si douce qu’elle vous emporte de la fête à la méditation, sans que l’on s’en rende compte.
On oublie les douleurs du corps et celles de l’esprit pour danser pour rire pour rester éveillé. La nuit fut courte mais celle de noël le fut sans doute aussi qui apporte les cadeaux d’un jour cadeau pour toujours et le petit matin qui s’annonce le nez plongé dans le café d’un réveil parfois difficile.
L’inouï de noël s’est fait parmi nous en ce temps de prière où les uns parlent aux autres de ces cadeaux que l’on reçoit sans les prendre… Milles gestes comme autant de dons qui colorent la vie de celles et ceux qui souffrent.
Ce noël de Vendée fut un bon cru, il le sera encore plus dans nos souvenirs du cœur.
Joyeuses fêtes de fin d’année et que vivre D&J !

Jean-Louis

Un article de Libération

Ce qu’il ne faut pas oublier derrière les «thérapies de conversion» par l’Association David & Jonathan , l’Antenne inclusive de la paroisse Saint-Guillaume (UEPAL, Strasbourg) et Jean-Michel Dunand, fondateur de la Communion Béthanie.

Ces méthodes de pseudo-accompagnement thérapeutique des personnes homosexuelles sont reprises sans discernement par des acteurs religieux au risque d’entraîner culpabilisation, rejet de soi et exclusion.

 

DJ s’amuse

Nous nous sommes retrouvés pour un après midi convivial . Le repas a été partagé entre 8 djistes. Puis,

nous avons été rejoints au cours du repas par 3 autres personnes qui, après un café, s’est poursuivi par un jeu : Les loups garous.

Ce temps qui semblait commencer sous les meilleurs auspices s’est poursuivi par une série de meurtres de dénégations et de suspicions de mensonges mais aussi de renaissances grâce a la sorcière et ses pouvoirs magico- maléfiques.

Cependant étant tous des êtres humains bienveillants et grâce à la sorcellerie qui flottait dans l’air tous et toute sont ressuscité(e)s. J’ai conscience que l’on ne parlera guère de nos résurrections, contrairement à quelqu’un de très connu depuis 2000 ans, même si dans cet appartement il y en a eu plusieurs. pour se quitter le plus chaleureusement du monde après de légères agapes

Bernard

« Les 24 heures du Mans »

Samedi 28 et dimanche 29 septembre 2019, j’ai eu la chance de visiter le Vieux Mans entourée de huit gars d’exception. Plus modestement, je pense qu’unanimement notre petit groupe de Rennes, élargi à Nantes avec la présence de Philippe, a vécu dans la bonne humeur un week-end culturel et de détente à l’initiative de Christophe, secondé par Jean-Louis et Denis pour la partie logistique.

Christophe, Manceau d’origine, nous a fait découvrir la très belle cité des Plantagenêts à l’occasion de la manifestation « Entre cours et jardins » qui a lieu une fois l’an. On a suivi un circuit munis de pass dans la ville fortifiée à travers un dédale de rues pavées qui montent et descendent. Des particuliers nous ont ouvert leurs jardins insolites aidés d’une troupe de bénévoles en tablier bordeaux. On est loin de soupçonner, en passant une porte, que derrière se cache un écrin de verdure, parfois très original. Des artistes sculpteurs et bricoleurs en ont profité pour exposer leurs œuvres : des pièces de ferronnerie, des animaux étranges dont une autruche qui déployait ses ailes roses, l’occasion d’une seconde vie à des portières de voiture. Un autre artiste donnait à voir dans le sous-sol cavier de l’ancien évêché, des lampes sur des socles en bûches récupérées. Tout est une question de regard, encore une fois.

Parmi les cours et jardins visités, deux m’ont particulièrement plu. L’un pour l’ambiance : En effet, on a été accueillis avec une tasse de tisane de plantes locales (verveine citronnée et romarin, il me semble) sur un fond sonore fort agréable. Sur le côté, à l’intérieur d’une pièce cosy ouverte sur le jardin, un beau jeune homme barbu jouait du piano, un mélange de classique et de jazz. Je serais bien restée là à l’écouter… Le second : la Joaillerie Houillon, fondée en 1947, pour la visite unique de son atelier de création. La responsable avec deux étudiantes apprenties créatrices a très simplement répondu à nos questions. Un moment passionnant dans les coulisses de cette Maison de prestige.

N’oublions pas la cathédrale ! Enfin les cathédrales, si l’on veut être précis. Étonnante structure où les restes de la bâtisse romane s’encastrent à la partie gothique en un ensemble harmonieux et très lumineux. Certains d’entre nous, très calés en histoire de l’art et architecture, m’ont beaucoup appris. Mon petit carnet est venu à la rescousse de ma cervelle de moineau. Désormais, les fenêtres à meneaux n’ont plus de secret pour moi.

Dimanche, nous achevions notre visite par une balade sous forme de jeu de piste qui faisait appel à notre sens de l’observation, notre mémoire des lieux parcourus et notre culture générale. Christophe, en guide facétieux, a arbitré nos deux équipes qui, comme par hasard, ont fini ex-æquo. Évidemment, il n’a pas omis d’orienter notre déambulation devant une boutique dédiée aux 24h du Mans. Passage obligé pour ces messieurs puisque ladite abritait auparavant un bar gay…

Pour la convivialité en intérieur, le duo Jean-Louis et Denis avait prévu un jeu de devinettes mimées après le repas partagé du samedi soir, précédé d’un apéro très léger à base de tartines de rillettes… Un autre Denis, un ami de Philippe, nous a rejoints à cette occasion et nous avons bien ri.

Le thème du jardin dans les récits de la Création a fait l’objet de notre temps spirituel : présentation succincte -c’est tout un art- donnant matière à penser, échanger et prier, suivie du pain et du vin partagés. « Là où deux ou trois sont réunis » en Son Nom, le Christ est au milieu de nous. Merci Denis !

Pour finir, un 10/10 pour l’hébergement dans ce gîte très confortable où nous avons vécu nos 24 heures au Mans.

Myriam

Marche des Fiertés – 25 ans !

« Est-il possible d’échapper au temps ? » était un des thèmes du bac de philosophie de cette année. Le temps qui passe permet de se rappeler des luttes anciennes.

Ainsi, pour la Marche des Fiertés 2019, ISKIS (Centre LGBTQI+ de Rennes) organisait une soirée pour évoquer la première marche rennaise de 1994 (appelée Lesbian & Gay Pride à l’époque). Christophe, Patrick et moi-même avons participé à cette rencontre, ainsi que 2 autres “ancien(ne)s”, chevilles ouvrières du militantisme LGBT rennais.
Nous étions là pour échanger avec une trentaine de personnes sur la construction de cette première marche qui en 1994 fut la première de province. Se rappeler que nous avions défilé avec un masque, se rappeler des insultes : « on devrait les renvoyer dans les camps… ». L’histoire se mettait en marche. Les militantes de FEE (Femmes Entre Elles) ont été les premières à y réfléchir. Les réunions de préparation se faisaient au local de Aides.
Cette lutte et ces avancées sociales ne semblent pas acquises. Il faut être vigilant. L’homophobie a toujours sa triste place dans notre société qui a certes bien évolué avec le pacs ou le mariage pour tous.
Cette soirée fut riche en échanges sur les difficultés d’hier et sur celles d’aujourd’hui. Malgré le temps qui passe et quelques rides supplémentaires, les personnes présentes (jeunes et moins jeunes) gardent l’esprit éveillé selon lequel, au delà du festif des marches, il faut garder l’esprit militant et un œil (je dirais même les deux) ouverts.

Bernard

 

ISKIS a entamé sa 25e année de Marches des Fiertés avec pour cette année le mot d’ordre « Intersexes, VIH, transphobie, asile… mais où sont nos soutiens ?! »
L’association a souhaité à l’occasion de cet anniversaire poser un historique, un rappel auprès de la jeune génération qui a pris le relais des plus anciens(nes) à l’origine de la 1re marche rennaise de 1994, initiée par FEE (Femmes Entre Elles) et dont nombre d’assos étaient partie prenantes dont David & Jonathan Rennes.
Il est apparu selon ces témoins des premiers temps :
– Qu’au-delà des acquis, ces derniers ne sont pas assurés par les lois tant il est vrai que ces lois peuvent à tout moment de bascule être remises en cause. Les lois sont assurées artificiellement par la démocratie mais la haine et le rejet, la différence de l’autre sont naturels à l’homme.
– Qu’il y a toujours eu des différences d’objectifs certes mineurs entre les gays et les lesbiennes : Ces dernière privilégiaient l’aspect militant lorsque les premiers visaient plus généralement l’aspect festif.
– Que le militantisme et la visibilité qui sont essentiels, ont encore à ce jour le devoir d’être vigilants face aux scléroses conservatrices « sorties du bois » lors du Pacs et du Mariage pour Tous.
– Qu’il faudra toujours se battre pour le droit à la différence, et non à l’indifférence, sans laisser d’espace possible à la tolérance de ces forces. (Nous n’avons pas à être tolérés par ces réactions homophobes mais acceptés pleinement – Notre expo sur l’homophobie ordinaire lors du village associatif de la Marche des Fiertés de cette année était là pour le rappeler).
– Que toutes les formes de différences affectives et sexuelles ont leur place, sachant que les homos, bi, trans + peuvent eux-elles aussi être source d’exclusion. Même les “plumes dans le cul” dans les marches ont leur place, du moment qu’il y a pluralité, même si la presse dans son acception générale, dans une tentation de facilité et de voyeurisme privilégient l’une plus que l’autre.

Christophe

Journée internationale contre l’homophobie

Notre participation à la journée internationale contre les LGBTIphobies fut d’abord préparée en amont : 12 membres de notre groupe réunis dans le pays de Fougères le dimanche 27 janvier, pour échanger et partager sur ce que nous avions nous-mêmes pu vivre ou être témoins en terme d’homophobie, cette homophobie qui peut concerner tout autant le cercle amical, familial, professionnel, le milieu scolaire, les commémorations, les Églises (scoutisme, demande de baptême, funérailles, formation…), etc.

Puis 8 d’entre nous ont pu être présents à notre stand du petit village associatif organisé par ISKIS (centre LGBTI+ de Rennes), où nous avons alors présenté notre exposition, fruit de notre échange de janvier : Témoignages de l’homophobie ordinaire

Cette expo a été regardée par des passant-e-s tout au long de cette journée et parmi les quelques réactions directes que nous avons eu : « C’est dur de lire ces témoignages. Il y a une violence sous-jacente qui est normalisée et c’est un gros problème de société »« On devrait laisser les gens être qui ils sont, sans jugement. J’espère que ces mentalités finiront par changer et bon courage à toutes les personnes victimes de LGBTphobie. Avec tout mon soutient »« J’ai 14 ans, je suis outrée par ces témoignages : force aux victimes de discriminations »« Même si certains ne vous aiment pas, vous avez toute votre place dans l’Église »

Des paroles d’espoirs et de soutiens en cette année où les LGBTIphobies n’ont pas diminué…

2019-05-17_Témoignages_homophobie_ordinaire

Un lundi de pâques convivial et spirituel

Ce lundi de pâques ensoleillé nous nous sommes retrouvés à 10 chez un couple de jeunes mariés habitant à la campagne, pour une journée à la fois conviviale et spirituelle.

Après une chasse aux œufs vaillamment dissimulés par Christophe au pied des arbres, sous des bosquets ou dans des interstices de murs en pierre, nous nous sommes retrouvés (après dépôt de notre recherche dans une large corbeille) autour d’une table et d’un repas partagé avec des échanges à la fois profonds et légers (avis aux amateurs de contrepèteries, à l’actualité des jours passés ou des scandales ecclésiastiques). Avant la mise en commun des victuailles amenées par chacun, Denis et Jean-Louis, nos hôtes nous ont fait un retour des actualités de l’association tant au niveau national, régional et local, où 3 nouvelles personnes semblent intéressées par nos activités. Bienvenue à eux.

Après le repas, nous nous sommes retrouvés dans une pièce pour un échange autour d’un passage d’évangile (Luc 11,5-13) où il est question d’œuf et surtout de partage et d’accueil de l’autre. Les échanges furent riches et variés. Est-ce si facile d’ouvrir la porte au voisin et de lui donner sans retour ?

Puis après une balade champêtre qui nous fit découvrir ce village tranquille et serein, nous sommes tous repartis avec un sachet rempli des œufs trouvés le matin et ainsi chacun en les dégustant tranquillement chez soi pourra repenser à cette journée qui fut des plus agréables et des plus sympathiques.

Bernard

Rencontre Coexister

Notre association a été contactée par une jeune en service civique du groupe rennais de l’association Coexister*, intriguée que l’on puisse être homosexuel-le au sein d’une confession religieuse.
Date a été prise pour une rencontre sur ce sujet, dans le local même d’Iskis (centre LGBTI+ de Rennes). Nous étions donc une bonne vingtaines de présent-e-s, membres de David & Jonathan, de Coexister, d’Iskis ou simplement intéressé-e-s.

Nous avons d’abord pu écouter un imam inclusif, Ludovic-Mohamed Zahed, qui nous a parlé de l’islam tel qu’il le conçoit et qui se veut ouvert à toutes les diversités. Certains d’entre nous auraient aimé pouvoir approfondir cela, mais ce fut déjà une première approche intéressante (pas facilité par la visio en Skype). Merci à Ludovic-Mohamed de s’être rendu disponible.

Puis notre groupe à pu parler de ce qui peut se vivre ou ne pas se vivre dans les Églises, qu’elles soient catholiques ou protestantes, suivant l’ouverture ou non de ces communautés sur cette question. Nous avons ainsi pu témoigner des riches échanges que nous avons pu avoir avec la paroisse catholique Saint-Augustin et de la bénédiction d’un mariage de deux d’entre nous dans une paroisse protestante de la Mayenne, mais également des rejets explicites ou implicites que les uns et les autres ont pu vivre ou être témoins.
Un grand merci à Coexister et à Iskis pour avoir rendu possible cette rencontre, toujours bienvenue quand il s’agit de se découvrir les uns les autres, chacun-e avec ses convictions, mais dans la bienveillance. N’est-ce pas ainsi que nous pouvons, ensemble, avancer en humanité ?

Denis

* Coexister est un mouvement interconvictionnel permettant à des jeunes de 15 à 35 ans de créer du lien social et de promouvoir un mieux vivre ensemble, y compris à travers la diversité religieuse, philosophique et spirituelle.

Week-end spirituel Ouest à Timadeuc

Abbaye de Timadeuc : Des moines, des femmes et des hommes qui se sont trouvé(e)s le temps d’un weekend.
Deux témoignages pour rendre compte de ce temps fort, ainsi que des liens concernant les ateliers, dont l’un des documents qui a servi de base au temps du samedi matin :
« En préambule à la Bible »
« Bible et homophobie, pouvoir répondre » qui fut le support au temps du dimanche matin

Témoignage d’Etienne

Décidément, ça marche fort, les week-ends dans l’Ouest !

Après celui du mois d’août orienté détente puis celui de Noël en Mayenne, nous voici cette fois dans le Morbihan, accueilli-e-s par les frères cisterciens de Timadeuc. Au cœur de la Bretagne, au cœur de l’Église lis-je sur le site internet. Eh bien on peut dire qu’ils sont accueillants, ces frères, avec les 26 déjistes et aparenté-e-s que nous sommes ! Un lieu habité, c’est sûr.


À quoi l’ai-je senti ? A la façon dont frère Luc plante son regard dans tes yeux, visage souriant, rire généreux, tutoiement de rigueur. À la préoccupation qu’ils ont, lui et les autres, de notre bien-être, de la réussite de notre retraite. Le silence donne de l’épaisseur à la moindre chose. Celui de l’église avant les offices me ramène à mon essentiel. Nos repas taiseux nous rendent plus proches les un-e-s des autres. Reliés au point que parler n’est plus nécessaire. Et le service ressemble à une pièce de musique ou de danse minutieusement orchestrée, chacun-e se restaure recueilli-e et sait son rôle dans la partition. Il y a là me semble-t-il quelque hommage, une action de grâce peut-être ?

Une présence qui se retrouve dans nos trois ateliers animés par Denis. Merci particulier pour ce moment autour de « Bible et homophobie, pouvoir répondre ». L’instruction, la connaissance du contexte des Écritures, la prudence des interprétations font rejaillir le message d’Amour que j’ai souvent cru perdre dans mon Église.
Je reste encore émerveillé par la façon dont le groupe a improvisé la veillée du samedi. Rien de prévu et pourtant voilà : qui un poème, qui un partage, qui une histoire ou un refrain… et la veillée se bâtit d’elle-même. Ça me rappelle comme nous avions écrit un psaume l’été dernier, en se passant le crayon, comme ça, mine de rien…

Des moines qui citent sans trembler David et Jonathan au cours des vêpres, pour que toute l’assemblée partage notre prière. Des moines qui invitent Christophe à faire une lecture lors de la messe dimanche et Myriam à préparer l’Eucharistie. Des moines qui prient pour les jeunes et les dangers du net et des réseaux sociaux. Des moines qui nous engagent à faire de nos manques une ressource. Et qui nous accueillent autour de l’autel pour la communion. Au cœur de la Bretagne, au cœur de l’Église. Oui. Au cœur du monde aussi. Déjà des idées naissent pour un prochain week-end spi : partager davantage ce que chacun-e a vécu en participant aux offices. C’est vrai que moi, je ne me suis pas levé à 3h45 pour les vigiles. J’étais en communion avec mon matelas. Mais certain-es, oui ! Demander à un frère de donner son témoignage de vie etc. Merci à toutes et à tous et… rendez-vous bientôt alors ?

Etienne, D&J Finistère

Témoignage de Salvatore

Du 8 au 10 mars 2019 j’ai eu la possibilité de participer à la retraite organisée par David & Jonathan Grand Ouest à l’Abbaye de Timadeuc (56).

À 28 ans, c’était ma première expérience de retraite dans le cadre d’une abbaye. Après avoir quitté l’Italie et m’être installé en France en 2010, je me suis progressivement éloigné de l’Église, car je n’y trouvais plus ma place. C’est ainsi que j’ai commencé à cultiver mon rapport à la religion de manière individuelle.

Au fil de ces dernières années, j’ai senti le besoin d’avancer spirituellement et de m’approcher à d’autres religions, par exemple en faisant l’expérience d’une retraite dans un ashram près de Paris. Cependant, j’avais besoin de me réconcilier avec la religion catholique et d’analyser ce sentiment de culpabilité que la religion avait généré vis-à-vis de mon homosexualité.
Dans les jours qui précédaient la retraite, l’idée de prier dans un contexte collectif m’était un peu difficile, mais, dès les premiers instants, je me suis senti à l’aise. La retraite spirituelle s’est révélée être d’abord un moment de partage et d’échange. C’est dans ce contexte que j’ai pu faire de belles rencontres.

Après des années de distance avec la religion catholique, je craignais le fait d’être confronté à des évocations trop religieuses pour moi, mais tous les moments, y compris les offices, se sont transformés en réflexions plus larges qui résonnaient avec la vie personnelle de chacun.
Les repas se faisaient dans le silence, bercés par la musique classique. La gêne due à l’absence de dialogue a laissé la place à un sentiment de bienveillance et tranquillité. Le fait de ne pas parler permet de se concentrer plus sur soi, sur ce que l’on mange mais on devient également très attentifs aux autres, on finit par dialoguer par le regard et par les sourires.

L’enchaînement des ateliers et des temps d’échange ont été des moments forts qui ont permis d’évoquer des sujets très sensibles, toujours sous le regard bienveillant des autres.
Le fait d’en parler et d’être confronté à d’autres parcours comme le mien était déculpabilisant.
En particulier, j’ai trouvé très intéressant l’atelier de dimanche « Bible et homophobie, pouvoir répondre » : cet atelier m’a donné la possibilité de me munir d’arguments concrets pour réfuter les accusations que l’on formule souvent contre les homosexuels, en citant la Bible.

Salvatore