Marche des Fiertés 2018

Quelques photos et de jolis souvenirs… Des témoignages, des rencontres, un véritable feu d’artifices de couleurs auront marqué cette marche des fiertés Rennaise. Le groupe était là et bien présent, en tête du peloton mais aussi à faire voler et vibrer ce grand drapeau arc en ciel qui nous représente toutes et tous. Merci Marc, merci François, merci à toutes et tous, vous qui êtes venus donner un peu de votre temps pour monter et démonter le stand. Merci à vous d’avoir été présents pour recevoir les demandes nombreuses (plus d’une 40aine), dire et redire ce qu’est notre association, porter de l’attention dans la foule, comme dans le désert lorsque les plus de 4000 personnes sont partis dans les rues de Rennes.

D&J ça aura été aussi une exposition sur son action dans les prisons, avec près de 80 personnes qui s’y sont arrêtées auront parfois pris des photos… Une autre manière d’interpeller, de témoigner et de dire une réalité !

Nous retiendrons de ce moment ces mots de bienveillance qui auront été la marque de cette marche des fiertés, ces encouragements à être présents dans les églises de toutes confessions. D&J a sa marque de fabrique et elle est connue et reconnue. A nous de la porter car beaucoup en ont besoin dans les chapelles parfois obscures. Si nous n’y sommes pas, personne n’y sera. D&J est un poil à gratter qui sait dire et tenir.

Portez vous bien et bonnes vacances à toutes et à tous.

Jean-Louis

Nouvelles des JAR

JAR 2018 UNE PALETTE AUX COULEURS DE L’ARC EN CIEL… DE L’OUEST

La diversité

Je retiendrais pour ces JAR 2018 la ou plutôt les diversités qui peuvent se vivre à D&J.

Diversités de ce que nous sommes : hommes, femmes, homos, trans, jeunes et moins jeunes, diversité sociologique, de croyances, etc. Une diversité qui se vit dans la bienveillance les un-e-s pour les autres. « Aimez-vous les uns les autres » nous en avons témoigné sans faux semblants, sans besoin d’exhortation.

Diversité également de ce que nous pouvons vivre à D&J : passer de repas conviviaux à danser en costumes de pingouins (mention « originalité ») ; de préparer pour ma part la transition avec notre future webmastrice à animer une soirée cabaret alliant les talents des un-e-s et des autres à la solidarité qui, dans la joie partagée, n’oublie pas les jeunes LGBT en souffrance, avec 405 € récoltés pour l’association le Refuge ; de vivre une célébration dans la confiance d’un Souffle d’Amour à l’animation d’un atelier.

C’est bien un vent de Pentecôte qui souffle à D&J quand chacun-e est dans un esprit de partage… il faut être aveugle comme un homme d’Église prétentieux de ses dogmes pour ne pas le voir !

Denis

Aujourd’hui et hier, l’aventure continue

Je sais par expérience que mes amis déjistes parleront mieux que moi de ce temps fort qu’auront été les Jar 2018, comme l’ont été les précédentes : Ces moments de spiritualité profonde, de réflexions pérennes, de carrefours et ateliers militants au service de notre cause lesbienne, gay, bi, trans, intersexe et surtout de ces rencontres tellement riches en humanité, rencontres humaines pour ma part à l’antithèse des « amis Facebook » (oui je sais je fais « vieux schnock » en écrivant ça, moi qui ai pourtant deux comptes FB distincts).

Rencontre humaine qui pour ma part aura porté sur des confidences offertes dans la confiance et l’estime réciproques, le désir de prolonger cette rencontre « gratuite » via les incroyables moyens de com contemporains qui nous offrent la réduction efficiente de la distance et du temps.

Ensuite ? Advienne que pourra, l’asso David & Jonathan continue grâce à ses membres, au National comme au local sur cette lancée énergétique des Jar comme des CA, rencontres régionales, BN, commissions, groupes etc.

Je vous invite à sujet à vous référer aux tréfonds du site national, démontrant dans les faits ce que D&J continue d’opérer depuis 1972 ( !), qui fait que cette asso n’est pas seulement la plus ancienne des assos lgbti mais aussi l’une des plus incontournables :

« …Sans doute 5 à 6000 personnes ont-elles participé à la vie de D&J depuis sa création, dans un flux permanent d’entrants, de sortants, de réentrants, de sympathisants qui ne cotisent plus : Là encore, pourquoi ? 250 à 300 personnes forment le noyau dur, certaines depuis 30 ans, d’autres 25 ans, d’autres 15, 10, 2 ans… »
https://www.davidetjonathan.com/wp-content/uploads/2014/03/2005_dj_histo_2-1_groupes_locaux.pdf

Voilà, ces jar auront été pour moi une forme de violence dans « l’estran », le contraste qu’elles m’ont imposé entre ces trois jours et le retour au quotidien, mais aussi donc une énergie, une catharsis pour continuer à avancer « avec… ».

Christophe.

Les rencontres

Journées annuelles de rencontres et des rencontres, nous en avons faits ! Des rencontres attendues comme celles des visages connus, des rencontres inattendues dans ces moments de réflexions, de joie, de prières, heureux hasards qui vous font découvrir celle ou celui que l’on croyait connaître. Merci Lionel, merci Maïté, merci Jean-Louis merci à toutes celles et ceux que j’oublie et m’ont donné tant de joie.

Des rencontre inattendues comme celles des nouveaux arrivés, de celles et ceux que je n’avais pas vraiment rencontrés et rencontres attendues, tant j’y ai retrouvé la bienveillance, le sourire et le rire dans la fête, la générosité du don de s’écouter, de donner de son temps de son argent, pour celles et ceux qui ont moins.

C’est ce que je retiendrais de ces journées qui m’ont donné ce que j’attendais et comblé de ce que je n’attendais pas. Une part de l’esprit qui plane sur les os d’un Sébastien de pacotille, une part de notre esprit plus grand que nous-mêmes.

Jean-Louis

Impression soleil levant ?

Songe d’une nuit d’été, mirage au milieu du désert, parenthèse enchantée au milieu de nulle part.

C’est ainsi, sans réfléchir, que surgissent en moi les mots après avoir vécu ces journées d’été si fraternelles et humaines des rencontres annuelles de David et Jonathan. Ma première fois.

Nulle part aussi car aujourd’hui c’est là où je me trouve.

Nulle part aussi car ces moments sont vécus comme hors du temps, de nos lieux de vie et de nos histoires singulières.

Parenthèse de simplicité, d’ouverture, de vie fraternelle, de rencontres et de moments partagés, de liberté et de vie célébrée.

Traversant toutes nos diversités et toutes nos différences, ce fil d’Ariane qui relie nos cœurs, malgré tout, malgré nous.

Fil de profondeur et d’humanité, d’humilité aussi.

Merci à Etienne d’avoir su, avec délicatesse, me convaincre de venir!

Jacky

Les retrouvailles pour mieux repartir

Les JARs pour moi c’est d’abord la magie de retrouver ces ami.e.s DJistes des quatre coins de France (et de Belgique) pour 3 jours de partage en vérité. Beaucoup d’émotions et des discussions de qualités, dans les ateliers ou les temps informels. Je repars mieux armé pour discuter PMA, et je me réjouis de voir enfin un peu plus d’ouverture pour les personnes transgenres. J’aime surtout cette énergie merveilleuse qui nous emplit lorsque l’esprit Saint descend sur nous au moment de la célébration. C’est tout cela les JARs, et bien plus encore.

François

JAR une joie renouvelée

C’était mes troisième jars, et je dois dire que comme d’habitude nous avons passé un agréable moment sous le signe de la convivialité dans une ambiance chaleureuse et sympathique.

Outre le coté festif, (j’ai particulièrement apprécié le concours de déguisement !), il y avait des temps fort de spiritualité dont la messe de pentecôte que j’ai beaucoup aimé et l’émouvant hommage à Jacques Fraissignes, militant de David et Jonathan de la première heure, qui s’est toujours battu pour la reconnaissance des personnes LGBT dans la société, à une époque où se dire homosexuel et en plus de cela chrétien, était risqué.

Sinon le cadre était particulièrement agréable, un havre de paix perdu dans la campagne du Poitou, endroit rêvé pour se ressourcer et se reposer !

Non vraiment, de biens belles jars !

Xavier

Un regard

Les Jars ont été marquées par l’émotion, l’évocation de souvenirs mais aussi par la fête, le divertissement, la convivialité et par ces beaux regards notamment du Nord et du sud-ouest emplis d’empathie et de bienveillance.

Bonne semaine,

Dominique

A l’année prochaine

Mon premier mariage arc-en-ciel

Un article de notre ami Téo repris du blog du groupe de Nantes :

Parcourant depuis Nantes de longues routes bordées de forêts et de prés, un vert de mille nuances est la première couleur de ce week-end au goût d’arc-en-ciel.
Au cœur de la Mayenne, nous arrivons à Fontaine-Couverte, écrin de campagne où les deux cœurs rouge garance de Denis et Jean-Louis vont sceller leur union dans la minuscule salle de la mairie. Soleil jaune au dehors, chemises bleues et souliers vernis assortis, les amoureux se disent « Oui ! » sous les ors de la République entourés de leurs familles, amis ou déjistes (nantais, rennais et bretons) simplement heureux de partager ce moment de bonheur. Et n’en déplaise à la old english lady voisine qui a choisi de fermer portes, fenêtres, persiennes et cœur « so » offusquée d’apprendre qu’aucun voile de mariée saupoudré de grains de riz ne viendrait franchir le porche de l’Hôtel de ville. Ô my god….
Mais qu’importe les grincheux, c’est joyeux que nous quittons la mairie pour nous rassembler dans la salle voisine autour d’une cérémonie protestante. La croix confectionnée par Hélène prend place sur l’autel. Un moment spirituel riche en émotions mêlé de chants, textes, prières, poème, alliances et colombes1.

Quelques explications des mariés s’imposent sur la symbolique qu’ils souhaitaient apporter aux échanges des alliances et colombes dans leur union :

« Les alliances sont un symbole du mariage auxquelles nous avons voulu y ajouter tout d’abord deux colombes. Deux colombes comme trait d’union d’une alliance première avec Dieu, celle de la paix dans les cœurs et dans les vies.
Pourquoi ces colombes symbole de paix ? Quand le regard sur la différence que nous portons a généré tant de souffrance, parfois de mal de vivre, souvent de mal-être et de détresse d’un genre que certains n’ont pas voulu voir humain !
Parfois rejetés par les siens, encore trop souvent par les Églises, exclus par les autres, au banc d’une société qui se plaît à rire en sous main. Mais les choses évoluent par le courage d’une poignée, par l’amour et la compréhension de beaucoup, dont vous êtes ici nos témoins.
Pour nous ces colombes sont également symbole de l’Esprit Saint. Vivre au souffle de l’Esprit de Dieu, c’est être comme ce vent dont on ne sait ni d’où il vient ni où il va, comme le Christ qui a bousculé les nombreuses frontières que les hommes se mettent entre eux.
Alors, nous nous sommes dit que cet oiseau méritait bien de symboliser l’élan de la paix et de la fraternité que nous voulons porter dans notre amour. Il est capable, si nous y croyons suffisamment fort, de nous faire décoller de nos idées poussiéreuses et bien arrêtées. Il est capable, comme d’un battement d’ailes, de nous élever au-dessus de la mêlée des bêtises et des conneries humaines.
Il porte la paix, non dans une blancheur qui se voudrait immaculée et qui finalement renie la diversité de notre humanité, mais dans les mille couleurs de l’arc-en-ciel, que l’on ne peut capturer dans nos mains, mais qui ne se saisit bien qu’avec les yeux du coeur. »  Denis & Jean-Louis

Le poème de Denis :

Bien-aimé

Bien avant que je ne le connaisse lui mon roi
Déjà il m’embrasait des bienfaits de son amour
Je ne veux avoir de cesse de l’adorer en retour
Lui qui aime dès que je crie ou chante ma foi
Il s’est fait nourriture se livrant sur une croix
Corps et sang dans une vie donnée sans retour
J’ai dit oui à l’alliance nouvelle pour toujours
Car telle une sève sa fidélité m’irrigue de joie
Christ ton Père me convie pour les noces d’or
L’Esprit me met à nu pour être vrai devant toi
Je ne puis rêver ne puis imaginer meilleur sort
Jamais tu ne brises ma liberté mais tu accrois
Ma charité pour ceux blessés d’âme de corps
Que tu chéris toi qui de leur salut est la voie

Le chant « Evenou shalom alerhem ! » clôt la célébration.
Nous vous annonçons la paix
Nous vous annonçons la joie
Nous vous annonçons l’amour

Une pincée de bulles de poiré jaunes, roses ou bleues plus tard, nous voici chacun-e paré-e d’un bracelet de couleur qui, dans un espace verdoyant à quelques pas de là, va nous transporter petits, grands, familles, amis et déjistes mélangés dans une farandole ludique. Ensemble, dans une bonne humeur communicative, nous avons grimpé, pêché à la ligne, joué à chat perché ou à saute mouton, dansé sur un pont d’Avignon mayennais d’adoption. Le soleil printanier déclinant à l’horizon, il est temps de reprendre la route jusqu’aux portes de Laval pour la soirée.
Accueillis par un arc en ciel de ballons, une petite colombe arc en ciel en guise de marque-place et des jolies compositions florales sur les tables nous voilà partis pour un repas ponctué d’intermèdes ludiques et musicaux. Le champagne sabré, le dessert dégusté, la piste de danse s’ouvre à nous pour une nuit musicale aux notes de disco, de rock et de madison entremêlés. Les plus courageux, à une heure très matinale et avant de sombrer dans les bras de Morphée, s’accordent une pause soupe à l’oignon de coutume.
Nous quitterons nos hôtes néo-mariés après un petit-déjeuner prétexte à prolonger un week-end riche en échanges.
Un voyage retour gris et pluvieux mais un cerveau encore ensoleillé par mon premier mariage arc en ciel ! 😉

Téo

1 colombes et alliances qui, drôle de coincidence, se retrouvent sur les carte, mugs et photophores offerts par les déjistes nantais 😉

Lundi de Pâques, DJ Rennes

14 avril 2018 lundi de Pâques

Un lundi de Pâques, c’est calme, la population se repose des fêtes et reste chez elle, tout est au repos.
Même la petite messe du lundi pascal au sanctuaire marial de la Pénière était en mode intime. Elle n’en était que plus priante, sobre, fervente car composée surtout de la communauté des habitués spirituels du lieu.
Auxquels s’ajoutaient donc neuf compères déjistes. Qui ont apprécié la personnalité du prêtre aux allures presque monastiques ainsi que cet office ayant duré à peine plus d’une demi-heure.

https://rennes.catholique.fr/annuaire/services-diocesains/la-peiniere/299551-histoire-sanctuaire-dame-de-peiniere/

Après les nourritures spirituelles, les nourritures terrestres d’un pique-nique prévu initialement sur l’esplanade du sanctuaire qui par la faute d’un temps hors saison s’est transposé dans le salon d’un autochtone.
Bien nous en a pris, il y avait abondance de mets et de boissons. Y compris le temps de l’apéro pour fêter l’anniversaire d’un des (jeunes) convives, Dominique avec ses « bouteilles à bulles ». Ces agapes se sont même conclues avec les « roupettes à queue » d’Alain, le fondateur historique du groupe.
Boire ou conduire, la petite bande a choisi les deux : Et voici tout l’aréopage parti en voiture pour aller encourager les cyclistes d’une course proche et admirer le défilé de voitures anciennes qui pour les plus anciens (plus de 25 ans pour qu’un véhicule devienne de collection) a rappelé des souvenirs de famille… Pittoresques !
Enfin, une sortie champêtre qui – terroir gaulois oblige – s’est conclue par un pot commun au bar du coin.
Une mention particulière à Isabelle qui malgré une double charge de travail professionnel à rattraper ce lundi, a accepté de jouer les taxi aller-retour, juste le temps de conduire les membres non motorisés au sanctuaire. On dit chez nous : « Le Bon Dieu te le rendra au centuple ! ». Malheureusement on ne dit jamais quand…
Christophe

Et vous trouverez dans ce lien la recette des roupettes à queues !

Les roupettes à queues à l’eau de vie, une fabuleuse potion

Henri Lemay, prêcheur aux propos dangereux : intervention de DJ

Aux évêques de Bretagne

À l’association Debout Resplendis

Rennes et Quimper, le 26 mars 2018

Chers Pères Évêques de la Bretagne,

Chers responsables de l’association Debout Resplendis,

Nous faisons partie de l’association David & Jonathan, mouvement homosexuel chrétien, et nous avons été alertés sur la présence de monsieur Henri Lemay comme orateur à l’une des sessions de « Debout Resplendis » prévue du 5 au 8 avril 2018.

Nous avons pris connaissance du contenu de « Formation en guérison chrétienne quatrième niveau, 2e édition mars 2013, sexualité humaine occultisme et spiritisme par monsieur Henri Lemay » et nous sommes plus qu’inquiets de son enseignement.

Dans un communiqué de presse du 27 mars 2015, « après étude des enseignements donnés par M. Henri Lemay, les évêques romands demandent à M. Henri Lemay de s’abstenir de tout enseignement et prédication en Suisse Romande, jusqu’à nouvel ordre. » (http://www.eveques.ch/nous/cor/documents/nominations-renouvellements-de-mandats)

On peut en effet questionner les fondements tant bibliques que théologiques, mais surtout en matière de psychologie de ses enseignements.

Au-delà du lien choquant qui est fait dans le texte de monsieur Lemay avec la pédérastie voire avec la pédophilie, nous souhaitons vous mettre en garde sur les discours de « guérison » de l’homosexualité, y compris lorsqu’il est question de “guérison spirituelle” ou de “thérapie spirituelle”.

Non seulement l’homosexualité n’est pas une maladie, ni une quelconque « déviance sexuelle » ou « dépendance sexuelle », mais ce discours est culpabilisant pour les personnes homosexuelles voire pour leurs parents puisqu’il y est présupposé une blessure : « le priant doit trouver les causes de l’orientation sexuelle dans les blessures ou les mécanismes d’adaptation in utero, de la petite enfance, de l’adolescence ou de la vie adulte ».

Il est aujourd’hui connu que de tels discours peuvent conduire à des « faux souvenirs induits » qui peuvent être d’une particulière gravité dans la vie de la personne elle-même ainsi que dans sa vie relationnelle avec ses proches.

Le texte de monsieur Lemay cite l’organisation Exodus qui prétendait « convertir » les personnes homosexuelles pour en faire des personnes hétérosexuelles. Or, le 19 juin 2013, son président, Alan Chambers, a annoncé la fin d’Exodus International en déclarant : « Je suis désolé que plusieurs d’entre vous aient passé des années dans la honte et la culpabilité que vous avez ressenties quand votre orientation sexuelle n’a pas changé. Je suis désolé que nous ayons promu le changement d’orientation sexuelle et des théories réparatrices sur l’orientation sexuelle qui stigmatisaient les parents. »

Nous pouvons témoigner que ce n’est pas l’homosexualité qui est destructrice mais l’homophobie qui pousse à la détestation de soi d’une manière ou d’une autre.

Nous pouvons témoigner également du temps qu’il faut aux personnes homosexuelles pour se reconstruire lorsqu’elles ont été meurtries par de tels discours et par la confiance qu’elles avaient mises dans ce qu’elles croyaient être des chrétiens de référence.

Nous pouvons témoigner enfin que la pression sociale et religieuse qui pousse des personnes homosexuelles à se croire hétérosexuelles et à vivre une conjugalité avec une personne de l’autre sexe ne conduisent pas à une vie conjugale heureuse.

Louer Dieu de tout son être avec des frères et sœurs en Christ peut être source d’une joie profonde et être libérateur. Mais cela peut devenir mensonger si les encadrants ne font pas preuve d’une extrême probité dans ce qui fonde leur accompagnement des personnes.

Il nous a donc semblé de notre responsabilité de vous avertir de la dangerosité de tels discours.

Fraternellement en Christ

Denis pour le groupe de Rennes

Étienne pour le groupe du Finistère

Un weekend « bien être » du côté de Morlaix

Un weekend « bien être » du côté de Morlaix

Samedi dernier, je suis parti le cœur léger mais avec tous les soucis du jour accumulés et une bonne overdose d’ennuis du quotidien dans ma besace, mais je suis parti en laissant tout sur place. J’étais tout seul dans ma coquille, ayant bien du mal à partager avec les autres la chambre à air de cet œuf qui tardait à choir. On a pris la route et on parlé pour occuper le temps, mais pas seulement. On a récité nos envies, nos doutes et on a pris tout l’espace de l’attente que l’on redoute à l’idée de la rencontre, du mystère d’un temps que l’on ne maîtrise pas et d’une part de nous même que l’on confie aux autres. On fait la bise, on se sert les coudes, on s’isole derrière un livre, un mur, derrière les écrans de téléphone et l’on peine à laisser tomber le masque. On se sent perdu comme en plein vol au milieu de l’Atlantique Nord et sans boussole. La peur vous fait des rides qui vous coincent le cœur, mais n’empêche pas la parole des sourires, des mains tendues, des rires qui fusent en plein soupir et le jaune se sépare enfin de sa coquille.

Se laisser aller dans l’eau avec le bain et sans effort prendre les bulles pour des geysers, les palmes pour des radeaux et se laisser couler au fond du grand bassin comme on se laisse aller au milieu de ce qui n’est même pas une rivière. Mais qu’importe, on passe du chaud au froid et on s’embrasse du regard de l’enfance. On saute du toboggan dans la bassine, on éclabousse, on rie et on revient tout droit vers la case départ d’une vie, qui en ce jour, ne faisait que commencer.

Le groupe avait pris ses marques, prêt à bondir comme un vieux canard, prêt pour la minute de vie qui nous vaudra une étincelle d’humanité. Nous étions devenus vingt et cent à l’abordage de la cité corsaire, de ces trésors en forme de galettes, de ces histoires endormies dans un verre que l’on prend au coin du feu. Il en faut toujours un pour dire une bêtise, dix pour l’écouter et les apprendre par cœur. Délice des âneries susurrées à dix heures du soir, à dessiner des élucubrations sorties d’une tête pas comme les autres. Ne rien comprendre et raconter des sornettes, mais heureux d’être là, heureux d’en être.

Nuit courte et petit matin pris à griller les vieilles histoires qui reviennent sans cesse, les plans que l’on dresse sur la comète de cette bonne terre déjà bien malade. Instantanés de nos vies en marmelade de grenouille qui font rire le pauvre monde. Puis vient le moment magique l’instant attendu. Ces moments sont difficiles à entreprendre, difficiles à garder et encore plus difficiles à quitter. Toucher couler, toucher toucher jusqu’au tréfonds de l’âme, toucher la peau qui recouvre nos os jusqu’à la mort. Toucher ce qui fait notre lien entre le devenir et l’être. Toucher de loin d’abord, se laisser surprendre puis reprendre. Reprendre le fil de ce sens perdu parmi les grands de la vue de l’ouïe et du parlé. Toucher et se taire, ne plus rien dire que ressentir et enfin refaire. Refaire le chemin à l’envers de nos sens éteints. L’homme qui parle touche juste, là où ça fait mal, là où l’on craint, là où l’on se dit enfin… Homme bonheur qui fait rire de son mal être, homme bonheur que l’on est heureux de voir et de toucher, homme à fleur de peau.

Se quitter en plein ressort qui vous envoie entre six ou sept ciels dans un paradis que les solitaires et les importuns ignorent, car pour ressentir ce moment d’ivresse et partager ces instants de douceur, il faut être fêlé comme un œuf. Fragilité retrouvée qui vous livre à l’attention et l’intention de tout un chacun, pour ne pas finir brouillés dans une poêle à frire. La délicatesse et les silences sont des baumes qui calment les blessures enfouies et les blessures cachées. Ce n’était pas ce que nous étions venus chercher mais c’est ce que j’ai trouvé, comme un élixir sorti d’on ne sait où, qui se boit comme du petit lait et se sirote au feu de bois.

Jean-Louis

Des retrouvailles DJ et un projet associatif…21 mars 2018

Des retrouvailles et un projet associatif…

Nous étions 10 déjistes, réunis chez Marc et Anthony, qui nous ont, comme à leur habitude, chaleureusement accueillis. L’apéritif et le repas pour ceux qui n’avaient pas encore dîné, nous ont permis d’échanger sur nos futures activités mais surtout d’échanger avec Alain, déjiste ayant participé aux origines du groupe de Rennes qui nous a fait la joie de reprendre contact avec nous.

Puis nous avons partagé sur le thème d’un projet associatif en vue du prochain conseil d’administration à Paris.

Nous avons commencé par reprendre les 4 axes de la charte actuelle : Vivre son homosexualité, Vivre sa spiritualité, Vivre avec et dans son corps, Un engagement collectif dans l’action

• Pour l’un de nous, c’est les 4 à 120 %. Pour la majorité, l’axe « vivre avec et dans son corps » parle moins, en ce sens qu’il est déjà contenu dans « vivre son homosexualité ».

• La spiritualité, c’est le socle de D&J. D&J c’est en premier vivre son homosexualité et sa spiritualité, en commençant pour certains à réconcilier les deux.

• Puis vient l’engagement. Mais vaste programme, pour quel type de combat, quel type d’engagement ? Nous avons finalement répondu qu’il y a plein de manière d’être actif et qu’à D&J Rennes, nous vivons une spiritualité conjuguée à de la militance.
C’est peut-être une spécificité du groupe, car dans son ensemble, D&J n’est pas tant une association de militants mais plutôt de “consommateurs éclairés”. Les principaux militants étant finalement celles et ceux qui y prennent des responsabilités.

Ce premier temps de partage se retrouve dans le message que nous a envoyé Isabelle qui n’a pu être présente : « Je souhaite que D&J reste chrétienne, conviviale et spirituelle, et poursuive son travail en direction des Églises ».

Nous avons ensuite écouté la synthèse des réponses au questionnaire qui avait été envoyé à tou-te-s les adhérent-e-s. Nous avons trouvé bien la première page qui résume ce qu’est D&J. Pour le reste, on ne sait pas où l’on va, ce ne sont que des lieux communs qui n’apportent rien de signifiant pour un projet associatif. C’est que dans notre groupe, nous sommes plutôt tourné vers le concret !

Puis nous avons réfléchi ensemble à des objectif et des actions, dont voici le résumé :
1) Accueillir
– Accueil individuel
– Être visible et toucher une diversité sociale → par des rencontres, un militantisme qu’il soit en collectif ou réalisé individuellement
2) Vivre la spiritualité → c’est à nous d’être présent-e-s, de prendre notre place
3) Cohésion au sein de l’ensemble de l’association → par des rencontres inter-groupes ; par un thème d’année (sur 1 ou 2 ans, en lien avec le temps fort annuel des JAR et les Dossiers D&J)

Un riche échange qui redit finalement l’attachement des uns et des autres à notre association, de la fin des années 1970 à nous jours !

Un vol de rainbow… à David et Jonathan Rennes

DIMANCHE 21 JANVIER 2018 : UN VOL DE RAINBOW MOUETTES SE POSE AU CENTRE DE RENNES

Peut-être ne savez vous pas ce qu’est une « rainbow mouette », ce que je suis ? C’est la moins connue de notre famille, (la plus connue étant la mouette « rieuse »). Notre particularité est simple : 4 à 5% d’entre nous préférons (con)voler avec des collègues de même sexe que nous. D’où la couleur arc en ciel de notre plumage.
L’air marin me manquant, en octobre dernier j’ai quitté la région parisienne, où je nichais depuis une quinzaine d’années, pour me poser au centre de Rennes. Et le 21 janvier, j’ai invité sur mon rocher toutes les rainbow mouettes du secteur : elles sont venues de Rennes, bien sûr, mais aussi de Fougères, des Côtes d’Armor et même de Mayenne, département où elles vivent plus facilement en couple et même parfois se marient. Chacune est arrivée avec son petit panier repas. Pendant le repas, il a fallu désigner tous les responsables pour l’année 2018 : en préalable, les rainbow mouettes de Rennes n’aimant pas beaucoup les mouettes-chefs à plumes, ont reconduit le principe du fonctionnement collégial, toutes les décisions étant prises par le groupe.
– ISABELLE fut reconduite « webmouettrice »
– FRANÇOIS a accepté de poursuivre notre représentation au « Centre Mouette BT » de Rennes
– JEAN-LOUIS s’est proposé et a été désigné pour nous représenter au grand rassemblement de toutes les rainbow mouettes de France, qui a lieu à Paris sur un week-end, chaque année en mars et en octobre.
– DENIS continuera à veiller sur nos finances.
– JEAN-LOUIS continuera à nous adresser régulièrement toutes les infos, avec ses messages écrits à l’encre de seiche, transportés par vol spécial jusqu’aux nids de chacune d’entre nous.
– Mais pour alléger sa tâche, il a été décidé que THIERRY, notre responsable culturel, recevrait la liste des adresses de toutes les rainbow mouettes du groupe, afin de leur adresser directement les infos concernant ses activités.
Puis, à la fin du repas, nous avons partagé de délicieuses galettes à la frangipane, les reines des rainbow mouettes étant, cette année, Patrick et Dominique.
Après le repas, quelques rainbow mouettes se sont transformées en humain, et plus précisément en Saint Sébastien, dans de drôles d’accoutrements.
Après quoi, chacune est repartie vers son rocher, semble-t-il contente de ce moment convivial passé ensemble.

MARC « Rainbow mouette senior »

Noël de l’Ouest, du bonheur partagé

Venir après une semaine de travail avec ses soucis ses emmerdes et tout ce qui fait son histoire. Un pas difficile car c’est le premier. On aimerait tant rester chez soi où l’on s’embête comme des fous à garder ce temps précieux qui donne des états d’âme. Alors au début on force un peu la porte en maltraitant l’agenda, en se disant qu’on fond on oubliera. Les rappels s’allument, le rendez vous pris indispose, on voudrait tant raturer ce qu’on avait engagé. On fait la moue, on s’ébroue et on secoue cette carcasse mal disposée, puis vient l’heure qui ne recule devant rien, même pas devant l’éternité. Nous sommes bien moins que ça alors on y va.

Un, puis deux, puis trois, puis on cesse de compter. Ils sont venus ils sont tous là. Venus des quatre horizons de l’ouest ou de ce qui n’en est pas, on s’en fout, la soirée prend ses aises. Un brin timide, un rien à l’écart, on connaît celui-là ou non mais on trinque et puis on verra. Pas facile de s’asseoir sans disparaître, de rompre avec l’inconnu son assiette. Un verre à la main, la chanson sous le bras, l’amour du texte… Les talents défilent sans prétention et s’égrènent au piano sans appréhension. Les mots en appellent d’autres, les idées s’entrechoquent comme les verres, je reçois, tu donnes, il prend, nous recevons, vous persuadez, ils se comprennent. Un verbe sans conjugaison qui passe les temps et les prénoms. On se raconte des morceaux de vie que la vie a brisée, on se reprend une coupe pour accompagner les éclats. Discours sans jugement mais plaisir de s’apprécier. Fêter avec un peu d’avance ce noël qui approche en mettant ses idées reçues dans sa poche.

La musique prend des airs de fête où la danse vous enivre aussi sûrement que l’alcool, qui crée des liens au-delà des pas saccadés parfois mal ajustés, mais tellement bons à partager. Au tempo d’un madison que je ne sais toujours pas accorder, ma vieille peau de renard bien trop rusé a offert à son petit prince son cadeau de Noël, le surprendre en sortant de sa tanière pour demander sa rose en tremblant d’être refusé.

Il y aurait tant à dire tant à partager dans ce Noël d’avant-garde qui laisse dans les yeux des cadeaux du bonheur d’être là, thème de cette soirée. Il faut peu de chose pour qu’un partage puisse se réunir et s’assembler et un rien pour le faire disparaître, le faire partir en fumée.

La fumée n’était pas là ou alors c’était celle du calumet de la paix et du bonheur. Du bonheur il y en avait dans les yeux et dans les cœurs. Un grand merci chaleureux d’avoir été là pour entendre parler de bien-être par un homme heureux de son art d’apaiser les corps blessés, les cœurs usés et tout le reste. Le bonheur est un souffle que l’amitié insuffle et fait vivre. Continuons de faire vivre et de répandre ce souffle et que vive D&J dans sa diversité merveilleuse d’un Christ qui hier soir était né.

Jean-Louis

Noël, un buffet, des jeux, des cadeaux…

Celles et ceux qui ne sont pas membres de D&J, qui en sont partis, ont tous tort et ne savent pas ce qu’ils pourraient gagner à y être présents… À tout le moins pour cette rencontre, ils y ont perdu en convivialité, en humour et même en rigolade, en culture pour tous, en bonne chair, excellents vins ; Bacchus et corne d’abondance y étant largement conviés. Tout ça sur fond de jeux, d’animations et d’échanges variés et tutti quanti.

C’est ce que nous avons vécu lors de notre traditionnel « buffet de Noël » au CGLBT, où nous étions douze participants, tous dans nos différences respectives mais dans un même concert de confraternité, de discussions et hors de tout ghetto de quelque nature que ce soit…
L’échange des cadeaux a permis à chacun de découvrir avec des étoiles dans les yeux les mirifiques tout autant que mirobolants présents apportés.

Bref, on remet ça dès que possible !

Christophe