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Week-end spirituel Ouest à Timadeuc

Abbaye de Timadeuc : Des moines, des femmes et des hommes qui se sont trouvé(e)s le temps d’un weekend.
Deux témoignages pour rendre compte de ce temps fort, ainsi que des liens concernant les ateliers, dont l’un des documents qui a servi de base au temps du samedi matin :
« En préambule à la Bible »
« Bible et homophobie, pouvoir répondre » qui fut le support au temps du dimanche matin

Témoignage d’Etienne

Décidément, ça marche fort, les week-ends dans l’Ouest !

Après celui du mois d’août orienté détente puis celui de Noël en Mayenne, nous voici cette fois dans le Morbihan, accueilli-e-s par les frères cisterciens de Timadeuc. Au cœur de la Bretagne, au cœur de l’Église lis-je sur le site internet. Eh bien on peut dire qu’ils sont accueillants, ces frères, avec les 26 déjistes et aparenté-e-s que nous sommes ! Un lieu habité, c’est sûr.


À quoi l’ai-je senti ? A la façon dont frère Luc plante son regard dans tes yeux, visage souriant, rire généreux, tutoiement de rigueur. À la préoccupation qu’ils ont, lui et les autres, de notre bien-être, de la réussite de notre retraite. Le silence donne de l’épaisseur à la moindre chose. Celui de l’église avant les offices me ramène à mon essentiel. Nos repas taiseux nous rendent plus proches les un-e-s des autres. Reliés au point que parler n’est plus nécessaire. Et le service ressemble à une pièce de musique ou de danse minutieusement orchestrée, chacun-e se restaure recueilli-e et sait son rôle dans la partition. Il y a là me semble-t-il quelque hommage, une action de grâce peut-être ?

Une présence qui se retrouve dans nos trois ateliers animés par Denis. Merci particulier pour ce moment autour de « Bible et homophobie, pouvoir répondre ». L’instruction, la connaissance du contexte des Écritures, la prudence des interprétations font rejaillir le message d’Amour que j’ai souvent cru perdre dans mon Église.
Je reste encore émerveillé par la façon dont le groupe a improvisé la veillée du samedi. Rien de prévu et pourtant voilà : qui un poème, qui un partage, qui une histoire ou un refrain… et la veillée se bâtit d’elle-même. Ça me rappelle comme nous avions écrit un psaume l’été dernier, en se passant le crayon, comme ça, mine de rien…

Des moines qui citent sans trembler David et Jonathan au cours des vêpres, pour que toute l’assemblée partage notre prière. Des moines qui invitent Christophe à faire une lecture lors de la messe dimanche et Myriam à préparer l’Eucharistie. Des moines qui prient pour les jeunes et les dangers du net et des réseaux sociaux. Des moines qui nous engagent à faire de nos manques une ressource. Et qui nous accueillent autour de l’autel pour la communion. Au cœur de la Bretagne, au cœur de l’Église. Oui. Au cœur du monde aussi. Déjà des idées naissent pour un prochain week-end spi : partager davantage ce que chacun-e a vécu en participant aux offices. C’est vrai que moi, je ne me suis pas levé à 3h45 pour les vigiles. J’étais en communion avec mon matelas. Mais certain-es, oui ! Demander à un frère de donner son témoignage de vie etc. Merci à toutes et à tous et… rendez-vous bientôt alors ?

Etienne, D&J Finistère

Témoignage de Salvatore

Du 8 au 10 mars 2019 j’ai eu la possibilité de participer à la retraite organisée par David & Jonathan Grand Ouest à l’Abbaye de Timadeuc (56).

À 28 ans, c’était ma première expérience de retraite dans le cadre d’une abbaye. Après avoir quitté l’Italie et m’être installé en France en 2010, je me suis progressivement éloigné de l’Église, car je n’y trouvais plus ma place. C’est ainsi que j’ai commencé à cultiver mon rapport à la religion de manière individuelle.

Au fil de ces dernières années, j’ai senti le besoin d’avancer spirituellement et de m’approcher à d’autres religions, par exemple en faisant l’expérience d’une retraite dans un ashram près de Paris. Cependant, j’avais besoin de me réconcilier avec la religion catholique et d’analyser ce sentiment de culpabilité que la religion avait généré vis-à-vis de mon homosexualité.
Dans les jours qui précédaient la retraite, l’idée de prier dans un contexte collectif m’était un peu difficile, mais, dès les premiers instants, je me suis senti à l’aise. La retraite spirituelle s’est révélée être d’abord un moment de partage et d’échange. C’est dans ce contexte que j’ai pu faire de belles rencontres.

Après des années de distance avec la religion catholique, je craignais le fait d’être confronté à des évocations trop religieuses pour moi, mais tous les moments, y compris les offices, se sont transformés en réflexions plus larges qui résonnaient avec la vie personnelle de chacun.
Les repas se faisaient dans le silence, bercés par la musique classique. La gêne due à l’absence de dialogue a laissé la place à un sentiment de bienveillance et tranquillité. Le fait de ne pas parler permet de se concentrer plus sur soi, sur ce que l’on mange mais on devient également très attentifs aux autres, on finit par dialoguer par le regard et par les sourires.

L’enchaînement des ateliers et des temps d’échange ont été des moments forts qui ont permis d’évoquer des sujets très sensibles, toujours sous le regard bienveillant des autres.
Le fait d’en parler et d’être confronté à d’autres parcours comme le mien était déculpabilisant.
En particulier, j’ai trouvé très intéressant l’atelier de dimanche « Bible et homophobie, pouvoir répondre » : cet atelier m’a donné la possibilité de me munir d’arguments concrets pour réfuter les accusations que l’on formule souvent contre les homosexuels, en citant la Bible.

Salvatore

Témoignages de l’homophobie ordinaire

 

Nous étions 12 réunis dans le pays de Fougères le dimanche 27 janvier, pour échanger et partager sur ce que nous avions nous-mêmes pu vivre ou être témoins en terme d’homophobie. Voici une sélection de ces témoignages qui montre que l’homophobie peut prendre des formes multiples :

Jérôme a noué une amitié avec un jeune d’une paroisse de Rennes et il décide de lui confier son orientation sexuelle. La réaction de son ami : « tue ton homosexualité ».

Une réflexion : Pour ce jeune catholique, l’homosexualité s’apparente sans doute à un péché mortel, ce qui le conduit à détruire son amitié pour Jérôme.

Dominique a une histoire d’amour avec un lycéen de son âge. Ses parents le découvrent et l’obligent à détruire une lettre de son ami sans avoir pu la lire. Dominique cache peu à peu son homosexualité au point de confier : « J’aurais pu traiter quelqu’un de PD ! »

Une réflexion : En niant l’homosexualité comme faisant partie d’une personne, on peut la pousser à se renier elle-même, jusqu’à en devenir homophobe.

François et son compagnon, ouvertement en couple, sont demandés pour être animateurs scouts. Ils sont empêchés de continuer par seulement deux responsables locaux. Ils font appels aux responsables départementaux qui leur répondent : « Si au moins vous ne l’aviez pas dit » ; « Si on accepte des homos, il faut alors accepter les drogués et les prostitués ».

Une réflexion : Une minorité qui agit en sous-main a plus de poids qu’une majorité qui dit soutenir mais ne prend pas partie.

Patrick est longtemps venu aux commémorations pour lutter contre une mémoire des déportés à deux vitesses : ceux pour lesquels les gerbes ne sont pas oubliées et les triangles roses – déportés en raison de leur homosexualité – pour lesquels il n’y avait rien. Pas un geste, pas un mot, dans les discours des politiques et des associations d’alors. « Comme s’il y avait une hiérarchie dans la qualité de déportés. »

Une réflexion : Une double condamnation d’avoir été déportés, torturés… puis sciemment oubliés par homophobie mais aussi par manque de courage de certains responsables.

Denis, prédicateur, participe à une journée de formation de l’Église Protestante Unie. La discussion dans son groupe d’échange tourne autour de la bénédiction des couples de même sexe, possible dans cette Église. Il entend dire : « Les homos on les accueille, mais on ne peut pas tout accepter non plus ».

Une réflexion : Une homophobie policée qui sous-entend que l’homosexualité serait immorale et qui ne conçoit pas que des personnes homosexuelles puissent être engagées dans l’Église.

Pierrick, lors d’une pause café, voit un des collègues discuter avec une femme pour laquelle ce dernier semble bien attiré. Un collaborateur de le prendre à part et de lui dire : « Laisse donc, c’est une gouine ».

Une réflexion : Quant le sexisme rejoint l’homophobie, l’insulte invite l’autre à ne plus la considérer comme une femme mais comme autre chose.

Isabelle, professeure dans un lycée, voit peu à peu une relation se dégrader entre deux élèves. Une ado s’affirmant en tant qu’homo est insultée par une autre : « Tu iras en enfer », jusqu’à finir par la menacer de mort. Ses camarades soutiennent la victime tandis que la direction se contente de faire juste un rappel à la loi.

Réflexion : Aujourd’hui dans les établissement scolaires, le pire et le meilleur se côtoie vis-à-vis de cette différence qu’est l’homosexualité. Il faut continuer d’œuvrer et impliquer le corps enseignant et les directions qui parfois oublient ce rôle essentiel qu’ils peuvent avoir dans ces situations.

Christophe, agent de contrôle dans une entreprise, parcourait à vélo les immenses locaux. Il croise un groupe avec son chef qui voulant faire de l’humour dit : « Tiens, c’est la première fois que je vois trois pédales sur un vélo ! »

Réflexion : Une homophobie ordinaire qui se fait aussi violente que les autres parce qu’elle est faite de propos péjoratifs, de blagues lourdes. Un aiguillon de plus qui fait suppurer une plaie déjà ouverte.

Jean-Marc n’a pas été victime d’homophobie, parce qu’il ne l’a jamais montré, parce qu’il n’en a jamais parlé, ni à sa famille, ni à son travail, ni au secours catholique où il est engagé, persuadé « qu’ils n’accepteraient pas, qu’ils ne comprendraient pas », avec le regret d’avoir caché ainsi une partie de sa vie : « Ça m’a manqué ».

Réflexion : Vivre ainsi dans l’ombre conduit à de nombreuses souffrances de ne pouvoir dire une partie de soi à celles et ceux que l’on aime, à celles et ceux que l’on côtoie.

Alain, lorsqu’il était en activité, a fait l’objet de menace par une de ses collègues qui le savait homosexuel : « je vais t’accuser d’avoir fait des propositions à mon fils ». Alain, ne sachant trop que faire, est allé à la police et un agent lui a conseillé de faire un courrier relatant ces accusations et de le faire signer par sa collègue qui s’est alors confondue en excuses …

Réflexion : La loi est de notre côté et les représentants de l’autorité peuvent faire cesser les mauvais comportement (accusations, insultes…). Encore faut-il avoir la force de les solliciter. Il ne faut pas rester seul.

Jean-Louis n’a pas subi d’homophobie directement. Mais bien plus l’homophobie subie par des camarades efféminés en primaire, au collège et au lycée, l’a conduit à se cacher et à faire comme les autres. Ce non-dit l’a conduit à cacher sa vie sentimentale, le privant de partager tous les moments forts, y compris le décès d’un proche : « Je suis devenu transparent ».

Réflexion : Pas facile de s’assumer quand on se sent fragile face aux autres et que notre différence constitue une porte d’entrée par où la meute peut vous mordre.

En Île-de-France, Claude, une femme de 81 ans est décédée en 2018. Elle était mariée à Annick. Pendant la célébration, pas un mot du prêtre catholique pour parler de Claude, de sa vie professionnelle de sage-femme, de ses engagements, de ses 48 années passées avec Annick. Et pas un mot non plus pour Annick, pas même un regard. Un discours axé uniquement sur le péché et le pardon. « Quel péché ? Qui a manqué à la sollicitude envers son prochain ? »

Réflexion : L’Évangile ne cesse de parler d’amour envers son prochain et d’attention à l’autre. Ce prêtre a-t-il réellement témoigné de l’Évangile avec un tel comportement ? Les personnes homosexuelles n’ont pas besoin de cette “miséricorde” qui traduit trop le rejet de l’homosexualité par les religions.

Le groupe David & Jonathan de Rennes a été alerté de la présence de Henri Lemay comme orateur à l’une des sessions de l’association « Debout Resplendis », connue pour ses sessions de louange. Nous avons alerté les évêques de l’Ouest sur les écrits de M. Lemay où l’on peut trouver des liens choquants entre homosexualité, pédérastie voire pédophilie, mais aussi la mention de « guérison spirituelle », de « thérapie spirituelle ». Nous n’avons reçu aucune réponse, si ce n’est que l’événement ne se passait pas dans un lieu ecclésial.

Réflexion : Peut-on dire être contre l’homophobie et ne jamais prendre position lorsque des propos outranciers et homophobes sont proférés dans un cadre religieux ?

Noël de l’Ouest

Noël de l’Ouest à Senonnes

15 et 16 décembre 2018

Au début, j’ai fait ce rêve, de nous rassembler toutes et tous pour fêter Noël, de nous donner l’espace d’un instant de ce bonheur qu’ont les enfants de recevoir et des grands de donner. Ce cadeau vieux de deux mille ans et qui pourtant se renouvelle chaque année. Moment unique qui conduit les familles à ressouder s’il en est besoin le cocon des familles réunies au coin de la cheminée où chacune et chacun déposent chaussettes et chaussons au soir du 24 décembre en espérant qu’ils se rempliront au petit matin. Mais pour vivre cela, il faut une famille, des enfants, que nombre d’entre nous n’ont pas toujours ou n’ont pas vraiment ! Alors, j’ai fait un rêve comme le grand Martin Luther King… Oui j’ai fait ce rêve pour chacune et chacun d’entre nous de nous retrouver en famille… dans la famille David et Jonathan à laquelle nous sommes fiers d’appartenir. Alors oui, j’ai cherché à réunir comme on réunit les cousins, les frères et sœurs, les oncles et les tantes éloignés que l’on voit rarement. J’ai appelé j’ai sonné j’ai envoyé des lettres d’invitation puis je me suis éveillé.

On fait tous des rêves mais les rêves se font en dormant. Au réveil, au mieux il en reste quelques souvenirs dans notre mémoire, au pire ils se sont évanouis avec la réalité du petit matin. Pour donner vie à ses rêves, il faut tendre les mains et accepter de recevoir l’aide de toutes et tous… Et ils et elles sont venu(e)s, à commencer par mon homme, mais aussi Chantal, Jacqueline, Étienne, Maryam, Isabelle, Piero, Bertrand, Annette, mais aussi toutes celles et ceux dont je n’ai pas retenu les noms, mais qui ont fait de ce moment un instant magique, où les pères et mères noël sont venus la hotte chargée de cadeaux multicolores, de rires et de bonheur.

Pourtant, il s’en passe des choses entre les deux. Entre le réveil qui sonne et le retour au lit. Il y a à peu près toutes les saisons d’une année d’une vie. Le printemps d’une découverte autour d’un bien être épatant où l’idée a germé et pris son envol. L’été un peu torride où l’on

s’échauffe pour un rien à tout ce que l’on aimerait et voudrait faire, puis l’automne un peu pluvieux et froid où les désistements des lettres qui devraient arriver et celles qui n’arrivent pas. Les remarques toujours difficiles qui refroidissent les élans qui auraient pu finir en hiver sans que rien ni personne ne s’en émeuve… Sauf que c’est sans compter sur l’esprit qui plane sur la maison des groupes de l’ouest et d’ailleurs, c’est sans compter sur l’élan sans mesure qui frise la démesure. On est parti sans penser et on est arrivé en pensée dans un gîte de la Mayenne profonde coincé entre Bretagne, Loire-Atlantique, Anjou… Vendée et même la Touraine ! Au diable la géographie qui se moque bien des départements, des distances pour parcourir comme le petit poucet et chausse les bottes de sept lieues.

Et finalement l’hiver est arrivé, car Noël est bien en hiver. L’hiver est arrivé avec les lumières qui scintillent comme autant de bonheurs dispersés dans les regards que l’on a croisés. L’hiver est arrivé avec son manteau de silence dans l’émotion des cœurs lourds. L’hiver est arrivé un peu froid un peu gelé, pour mieux se blottir les uns à côté des autres, pour mieux se réchauffer et surtout pour mieux s’entre donner. Donner sans compter des cadeaux de pacotilles faits de verroteries et de bougies à deux euros six sous mais surtout donner des mots, des chants, des fous rires et des farandoles qui nous aideront la bise venue avec suffisamment d’énergie pour continuer d’avancer. Voici quelques uns de ces gestes, de ces mots que je vous invite à découvrir sans en ajouter, sans en dire davantage… sinon : à bientôt.

Jean-Louis

Impressions choisies :

Bernard

David & Jonathan c’est l’éventail de croyances et d’aspirations qui nous composent, que chacun à sa liberté de s’exprimer, ou pas, selon ses propres aspirations. C’est vrai, c’est juste et c’est beau ainsi.
C’est alors qu’à cette même seconde me revient en tête, du fond des âges, cette toute première récitation apprise en maternelle, alors que je ne devais pas avoir plus de cinq ans, et que je n’ai jamais oubliée – moi qui perd désormais mes mots à tout instant !- :
« Si tous les gars du monde voulaient s’donner la main, ils pourraient faire une ronde autour du monde, Si tous les gars du monde décidaient d’être copains et marchaient main dans la main le bonheur, serait pour demain, si tous les gars du monde… etc… etc… »
Je vous souhaite à toutes et tous un Noël baigné de Lumière, une heureuse année 2019 réalisant pleinement vos désirs et vos aspirations, et aussi…. « Une ronde autour du Monde…..

Nadine

Wend déjinoëlique…ça vaut bien une ligne pour dire le bonheur de vous rejoindre et de partager cette ambiance fraternelle et festive. DJ c’est magique ! De nos amitiés nouvelles ou retrouvées, de chants essayés ou de danses endiablées, de nuit écourtée pour mieux partager avant de nous quitter cette intensité de moments au temps spiritualité.

DJ c’est magnifique !

Joyeux Noël.

Téo

Piero de la Luna, samedi 15 décembre 2018

Un rien du jour gris qu’il fait

Du temps qui lasse au plus court
Un peu de nos ciels
Que la nuit grignote à petit
Un peu de toi, d’elle ou de lui
Qui avance dans la neige
Marche sous la pluie

Un peu de nos cœurs pour « nos ailes »
Un rien des rêves de nos îles
Un bout de toi pour ton abri
Un peu d’elle, un peu de lui

Un jour pour naître
Un jour te connaître
Qu’enfin la lumière nous relie
Ce serait Noël chaque jour

Un peu de Noël ensemble
Quelque chose de toi qui me ressemble
Le jour se lève
Il faut recommencer

Quelque soit ton pays
Lire dans tes rêves
Et t’ouvrir un lit

Un peu de nos ailes
Un peu de ton île
Un peu de Noël
Un peu de nos ciels
Un peu de toi

Un peu de nos toits
D’elle ou de lui
Qui avance dans la neige
Marche sous la pluie

 

40 ans de David et Jonathan Rennes

Il y a 41 ans, une personne qui a connu les tous débuts de « christianisme et homophilie » à Paris, qui deviendra notre association loi 1901 « David & Jonathan », rencontre une autre personne sur Rennes… L’année suivante, il y a donc 40 ans, une lettre fut envoyée au cardinal Gouyon à Rennes qui l’a considérée pleine de sincérité – l’homosexualité est encore pénalement condamnée. Ce qui conduit vers la supérieure des clarisses qui mène à un prêtre dominicain, et c’est le début du groupe David & Jonathan à Rennes !

Et c’est grâce à ce même couple d’hommes qui a repris contact avec notre groupe il y a peu, que nous nous sommes retrouvés à 14 personnes, chez eux, pour les 40 ans de notre groupe ! Nos hôtes ont non seulement fourni l’idée, la date, le lieu, mais également une décoration et un repas de fête ! Un grand merci à Alain et Daniel !!

L’occasion, à travers les propos des plus “anciens”, de retisser l’histoire de notre groupe qui s’était un peu perdue, avec ses responsables, ses activités, et quelques photos marquantes. Et se remémorer de manière ludique, grâce à notre efficace secrétaire, les bandes sons des différentes décennies 1978, 1988, 1998, 2008 et 2018 (bravo à Dominique pour sa culture en la matière !).

Pour marquer l’occasion de cet anniversaire, chacun et chacune aura agrémenté un arbre-logo de feuilles de couleur, comme une empreinte de notre diversité partagée.

Et bien entendu, nous avons terminé notre repas par un gâteau d’anniversaire, dont les bougies ont été soufflées comme il se devait, par notre fameux couple des débuts !

Denis

Week-end à Port-Blanc

Weekend à Port-Blanc de DJ Ouest les 25 et 26 août 2018

Port-Blanc ou l’histoire d’un week-end de déjistes venus des groupes du Finistère, de Nantes, de Rennes et de Vendée. Un petit moment de bonheur partagé sous un soleil imprévu, placé sous le signe de rencontres heureuses au hasard de nos pérégrinations d’un Tro Gwen un peu loufoque. Du plaisir de la table à celui de la mer parfois chaude parfois fraîche, mais toujours délicieuse comme ces mots et ces ballades accompagnées à la guitare, qui se disent sans se dévoiler et vous environnent d’un halo de douceur, de bienveillance qui recharge les batteries avant la rentrée. Des images plein la tête gravées sur nos écrans de portables et d’ordinateurs.

Un air de madeleine qui ne dit pas son nom, celui d’une fin de vacances où le maître d’école Denis nous a fait vibré au son et aux cordes du psalmiste… Il en reste encore un écho dans l’air, un air de rengaine qui s’est écrit avec toutes et tous et dont voici le fruit :

PSAUME

composé par les participant-e-s, façon “cadavre exquis”

Heureux l’homme et la femme

Qui bénira Dieu en tout temps

Le temps s’efface mais Dieu dans ton amour demeure

Nous restons tous unis autour de Dieu

Pour être en Dieu et Dieu en nous ; tout est un

Ce qui a été séparé a été réuni

Ceux qui se sont querellés ont jeté leurs armes

Ainsi tout est consommé

De l’obscurité que surgisse la lumière. Enfin !

De là, la Parole de Yavhé dans vos cœurs par amour

Généreuse est cette journée

Tant la nuit d’avant fut féconde

Que neuf mois plus tard elle enfanta un fils

Cette enfant qui est-il aujourd’hui

Il est toi, il est moi, il est nous

Il est ce que nous voudrons construire en ce monde

Partagé, aimer, donner, par toi, pour toi, pour nous

Mon âme se repose en paix, en Ta Parole

Sois loué pour chacun, chacune

Jean-Louis et toute la troupe du week-end de Port-Blanc

Cap sur Moncontour

Cap sur Moncontour-de-Bretagne !
Si le groupe de DJ Rennes ralentit ses activités au moment des vacances, ses membres ont pris l’habitude de se retrouver, au cœur de l’été, pour une petite sortie. Mais, bien sûr, c’est, avant tout, l’occasion de se retrouver.
Ce dimanche 12 août, nous étions 10, tous de la gente masculine, à nous être donné rendez-vous à Moncontour-de-Bretagne, cité médiévale située sur un promontoire rocheux à quelque vingt kilomètres de Saint-Brieuc. En outre, Moncontour a participé au concours « le plus beau village de France » et a terminé à la quatrième place. ( Les deux années précédentes, c’étaient deux villages bretons qui avaient remporté l’épreuve ce qui rendait peu probable une victoire.)
Par prudence, (en raison du temps dont nous disposions), nous avons d’abord visité le Musée de la Chouannerie, le pays de Moncontour ayant été un haut lieu d’événements historiques au moment de la Révolution française. Le musée est éclectique, contient aussi des objets en lien avec la vie paysanne. Les participants ont témoigné de leur intérêt pour cette tranche d’histoire.
Ensuite, nous avons quitté « Moncontour intra-muros » pour une petite randonnée d’un peu plus une heure où nous avons pu discuter à loisir. Bientôt, nous avons rebroussé chemin et, finalement, avons effectué un parcours différent de l’aller ce qui nous a permis d’avoir de nouvelles perspectives panoramiques. Nous avons surtout vu la Cité dans son ensemble. Les plus téméraires ont même réalisé une photo sur cette vue unique depuis la route qui s’est avérée peu sûre ! Mais voilà : pour avoir une belle photo, on prend des risques.
Le moment du repas étant arrivé, nous avons partagé notre pique-nique sur la terrasse du bar « Le Contretemps. » Mais la pluie, qui s’est invitée, nous a contraints à nous réfugier à l’intérieur.
L’après-midi midi, nous avons découvert la cité « intra-muros » avec ses demeures remarquables, ses remparts, ses sculptures, ses rues étroites ou fortement pentues. Le parcours s’est avéré pittoresque et, de ce fait, fort apprécié.
Ensuite, last but not least, nous sommes allés visiter l’église Saint-Mathurin remarquable surtout pour ses splendides vitraux qui datent du XVIème siècle : on y trouve notamment un Arbre de Jessé, une grande verrière consacrée à la vie du Christ, une autre à Saint Jean-Baptiste, une autre à Sainte Appoline.
L’un d’entre nous a alors proposé de terminer la journée par une visite à l’église de Langast, laquelle est l’une des plus anciennes de Bretagne et même de France. Edifice carolingien, il contient des fresques datant du Xème siècle.
Et c’est ainsi que nous avons conclu ce dimanche, heureux de cette journée, qui alliait détente, culture et convivialité…comme souvent à DJ.

Marche des Fiertés 2018

Quelques photos et de jolis souvenirs… Des témoignages, des rencontres, un véritable feu d’artifices de couleurs auront marqué cette marche des fiertés Rennaise. Le groupe était là et bien présent, en tête du peloton mais aussi à faire voler et vibrer ce grand drapeau arc en ciel qui nous représente toutes et tous. Merci Marc, merci François, merci à toutes et tous, vous qui êtes venus donner un peu de votre temps pour monter et démonter le stand. Merci à vous d’avoir été présents pour recevoir les demandes nombreuses (plus d’une 40aine), dire et redire ce qu’est notre association, porter de l’attention dans la foule, comme dans le désert lorsque les plus de 4000 personnes sont partis dans les rues de Rennes.

D&J ça aura été aussi une exposition sur son action dans les prisons, avec près de 80 personnes qui s’y sont arrêtées auront parfois pris des photos… Une autre manière d’interpeller, de témoigner et de dire une réalité !

Nous retiendrons de ce moment ces mots de bienveillance qui auront été la marque de cette marche des fiertés, ces encouragements à être présents dans les églises de toutes confessions. D&J a sa marque de fabrique et elle est connue et reconnue. A nous de la porter car beaucoup en ont besoin dans les chapelles parfois obscures. Si nous n’y sommes pas, personne n’y sera. D&J est un poil à gratter qui sait dire et tenir.

Portez vous bien et bonnes vacances à toutes et à tous.

Jean-Louis

Compte rendu de la rencontre sur la PMA

Rencontre St Augustin groupe D&J Rennes

Filiation et PMA

Le 24 juin 2018

Filiation et parentalité

Pour moi la filiation

C’est :

Pour la majorité :

Le biologique

L’histoire de nos origines (connaître son histoire)

La transmission des valeurs, des repères

Mais aussi un don une grâce, le souci des parents même après la mort.

Ce n’est pas :

Être responsable de ses parents mais non redevable à l’infini

Ce n’est pas que les liens du sang

Pour moi la parentalité

C’est :

Pour la majorité :

L’accueil d’un enfant, être responsable

L’amour

L’éducation

Mais aussi l’accompagnement tant moral que spirituel

Ce n’est pas :

L’absence de maturité, un caprice

L’absence d’amour

Être corvéable à merci

La PMA

Préambule : une évolution de société :

  • La PMA sans donneur c’est médicale.
  • La PMA avec donneur(se) devient en plus sociétale… Pour tous les couples, quels qu’ils soient. De tels projets parentaux nécessitent un discernement avec le souci de l’enfant.
  • La PMA pour les couples de femmes : c’est majoritairement oui
    • Il peut y avoir des réticences, comme la peur du manque de repères masculins.
    • Mais ce qui importe, ce sont les références données. Pour certains, l’absence de père n’est pas à éluder, mais n’est pas un point bloquant.
    • Par contre, il importe de légiférer avec le souci majeur de l’enfant mais aussi pour le protéger et apporter l’égalité économique.
  • La PMA pour les femmes célibataires : c’est plutôt mitigé
    • Cette demande répond à un désir qui pose question à certains, mais pour la majorité, le désir d’enfant est généralement présent dans les couples.
    • Difficulté pour l’enfant et la mère de ne pas avoir un autre parent en vis-à-vis.
  • La co-parentalité, 2 points de vue :
    • D’un côté, une solution qui paraît floue, complexe, très exigeante, avec risque de perte des repères d’un enfant aux multiples parents
    • Au contraire, un moyen de trouver le féminin et le masculin. Une solution qui existe déjà d’une certaine manière dans les familles recomposées.

Avec quoi je repars

  • Débattre sans se battre
  • Toute personne est capable d’amour et d’éduquer un enfant, mais nécessité d’un discernement quand il ne s’agit pas de parents biologiques
  • Que deviennent vraiment les embryons issus de la fécondation in vitro et non utilisés par les parents
  • Je note la force du désir d’enfant comme une notion qui serait absolue, alors que le désir est fragile et variable.
  • Débats intéressants, mais le compte rendu du groupe 1 me fait penser que l’Église ne bougera jamais, car c’est son rôle de réciter son catéchisme. On ne peut pas demander à une grenouille de voler !
  • Enrichissant, sujet délicat, faut-il tout autorisé ? En même temps, il faut prendre en compte l’évolution de la société.
  • Débat intéressant, aux multiples points de vue. À approfondir !
  • Deux phrases m’ont marqué : « La filiation, c’est un don, une grâce » ; « Le père doit adopter ses enfants »
  • 🙂 Belle préparation en amont !… merci !
  • Échanges, respect
  • Sans langue de bois, ne pas avoir des positions tranchées et rester ouvert au débat
  • Tout cela rejoint la question « qu’est-ce qui crée famille aujourd’hui ? », grande complexité
  • Avec quoi on repart de cette après-midi 24 juin : que des personnes prennent à cœur ces questions délicates… merci
  • La PMA est une évolution liée au progrès technique. On ne pourra pas l’interdire. Il faut l’admettre et surtout l’accompagner car c’est complexe.

Nouvelles des JAR

JAR 2018 UNE PALETTE AUX COULEURS DE L’ARC EN CIEL… DE L’OUEST

La diversité

Je retiendrais pour ces JAR 2018 la ou plutôt les diversités qui peuvent se vivre à D&J.

Diversités de ce que nous sommes : hommes, femmes, homos, trans, jeunes et moins jeunes, diversité sociologique, de croyances, etc. Une diversité qui se vit dans la bienveillance les un-e-s pour les autres. « Aimez-vous les uns les autres » nous en avons témoigné sans faux semblants, sans besoin d’exhortation.

Diversité également de ce que nous pouvons vivre à D&J : passer de repas conviviaux à danser en costumes de pingouins (mention « originalité ») ; de préparer pour ma part la transition avec notre future webmastrice à animer une soirée cabaret alliant les talents des un-e-s et des autres à la solidarité qui, dans la joie partagée, n’oublie pas les jeunes LGBT en souffrance, avec 405 € récoltés pour l’association le Refuge ; de vivre une célébration dans la confiance d’un Souffle d’Amour à l’animation d’un atelier.

C’est bien un vent de Pentecôte qui souffle à D&J quand chacun-e est dans un esprit de partage… il faut être aveugle comme un homme d’Église prétentieux de ses dogmes pour ne pas le voir !

Denis

Aujourd’hui et hier, l’aventure continue

Je sais par expérience que mes amis déjistes parleront mieux que moi de ce temps fort qu’auront été les Jar 2018, comme l’ont été les précédentes : Ces moments de spiritualité profonde, de réflexions pérennes, de carrefours et ateliers militants au service de notre cause lesbienne, gay, bi, trans, intersexe et surtout de ces rencontres tellement riches en humanité, rencontres humaines pour ma part à l’antithèse des « amis Facebook » (oui je sais je fais « vieux schnock » en écrivant ça, moi qui ai pourtant deux comptes FB distincts).

Rencontre humaine qui pour ma part aura porté sur des confidences offertes dans la confiance et l’estime réciproques, le désir de prolonger cette rencontre « gratuite » via les incroyables moyens de com contemporains qui nous offrent la réduction efficiente de la distance et du temps.

Ensuite ? Advienne que pourra, l’asso David & Jonathan continue grâce à ses membres, au National comme au local sur cette lancée énergétique des Jar comme des CA, rencontres régionales, BN, commissions, groupes etc.

Je vous invite à sujet à vous référer aux tréfonds du site national, démontrant dans les faits ce que D&J continue d’opérer depuis 1972 ( !), qui fait que cette asso n’est pas seulement la plus ancienne des assos lgbti mais aussi l’une des plus incontournables :

« …Sans doute 5 à 6000 personnes ont-elles participé à la vie de D&J depuis sa création, dans un flux permanent d’entrants, de sortants, de réentrants, de sympathisants qui ne cotisent plus : Là encore, pourquoi ? 250 à 300 personnes forment le noyau dur, certaines depuis 30 ans, d’autres 25 ans, d’autres 15, 10, 2 ans… »
https://www.davidetjonathan.com/wp-content/uploads/2014/03/2005_dj_histo_2-1_groupes_locaux.pdf

Voilà, ces jar auront été pour moi une forme de violence dans « l’estran », le contraste qu’elles m’ont imposé entre ces trois jours et le retour au quotidien, mais aussi donc une énergie, une catharsis pour continuer à avancer « avec… ».

Christophe.

Les rencontres

Journées annuelles de rencontres et des rencontres, nous en avons faits ! Des rencontres attendues comme celles des visages connus, des rencontres inattendues dans ces moments de réflexions, de joie, de prières, heureux hasards qui vous font découvrir celle ou celui que l’on croyait connaître. Merci Lionel, merci Maïté, merci Jean-Louis merci à toutes celles et ceux que j’oublie et m’ont donné tant de joie.

Des rencontre inattendues comme celles des nouveaux arrivés, de celles et ceux que je n’avais pas vraiment rencontrés et rencontres attendues, tant j’y ai retrouvé la bienveillance, le sourire et le rire dans la fête, la générosité du don de s’écouter, de donner de son temps de son argent, pour celles et ceux qui ont moins.

C’est ce que je retiendrais de ces journées qui m’ont donné ce que j’attendais et comblé de ce que je n’attendais pas. Une part de l’esprit qui plane sur les os d’un Sébastien de pacotille, une part de notre esprit plus grand que nous-mêmes.

Jean-Louis

Impression soleil levant ?

Songe d’une nuit d’été, mirage au milieu du désert, parenthèse enchantée au milieu de nulle part.

C’est ainsi, sans réfléchir, que surgissent en moi les mots après avoir vécu ces journées d’été si fraternelles et humaines des rencontres annuelles de David et Jonathan. Ma première fois.

Nulle part aussi car aujourd’hui c’est là où je me trouve.

Nulle part aussi car ces moments sont vécus comme hors du temps, de nos lieux de vie et de nos histoires singulières.

Parenthèse de simplicité, d’ouverture, de vie fraternelle, de rencontres et de moments partagés, de liberté et de vie célébrée.

Traversant toutes nos diversités et toutes nos différences, ce fil d’Ariane qui relie nos cœurs, malgré tout, malgré nous.

Fil de profondeur et d’humanité, d’humilité aussi.

Merci à Etienne d’avoir su, avec délicatesse, me convaincre de venir!

Jacky

Les retrouvailles pour mieux repartir

Les JARs pour moi c’est d’abord la magie de retrouver ces ami.e.s DJistes des quatre coins de France (et de Belgique) pour 3 jours de partage en vérité. Beaucoup d’émotions et des discussions de qualités, dans les ateliers ou les temps informels. Je repars mieux armé pour discuter PMA, et je me réjouis de voir enfin un peu plus d’ouverture pour les personnes transgenres. J’aime surtout cette énergie merveilleuse qui nous emplit lorsque l’esprit Saint descend sur nous au moment de la célébration. C’est tout cela les JARs, et bien plus encore.

François

JAR une joie renouvelée

C’était mes troisième jars, et je dois dire que comme d’habitude nous avons passé un agréable moment sous le signe de la convivialité dans une ambiance chaleureuse et sympathique.

Outre le coté festif, (j’ai particulièrement apprécié le concours de déguisement !), il y avait des temps fort de spiritualité dont la messe de pentecôte que j’ai beaucoup aimé et l’émouvant hommage à Jacques Fraissignes, militant de David et Jonathan de la première heure, qui s’est toujours battu pour la reconnaissance des personnes LGBT dans la société, à une époque où se dire homosexuel et en plus de cela chrétien, était risqué.

Sinon le cadre était particulièrement agréable, un havre de paix perdu dans la campagne du Poitou, endroit rêvé pour se ressourcer et se reposer !

Non vraiment, de biens belles jars !

Xavier

Un regard

Les Jars ont été marquées par l’émotion, l’évocation de souvenirs mais aussi par la fête, le divertissement, la convivialité et par ces beaux regards notamment du Nord et du sud-ouest emplis d’empathie et de bienveillance.

Bonne semaine,

Dominique

A l’année prochaine

Mon premier mariage arc-en-ciel

Un article de notre ami Téo repris du blog du groupe de Nantes :

Parcourant depuis Nantes de longues routes bordées de forêts et de prés, un vert de mille nuances est la première couleur de ce week-end au goût d’arc-en-ciel.
Au cœur de la Mayenne, nous arrivons à Fontaine-Couverte, écrin de campagne où les deux cœurs rouge garance de Denis et Jean-Louis vont sceller leur union dans la minuscule salle de la mairie. Soleil jaune au dehors, chemises bleues et souliers vernis assortis, les amoureux se disent « Oui ! » sous les ors de la République entourés de leurs familles, amis ou déjistes (nantais, rennais et bretons) simplement heureux de partager ce moment de bonheur. Et n’en déplaise à la old english lady voisine qui a choisi de fermer portes, fenêtres, persiennes et cœur « so » offusquée d’apprendre qu’aucun voile de mariée saupoudré de grains de riz ne viendrait franchir le porche de l’Hôtel de ville. Ô my god….
Mais qu’importe les grincheux, c’est joyeux que nous quittons la mairie pour nous rassembler dans la salle voisine autour d’une cérémonie protestante. La croix confectionnée par Hélène prend place sur l’autel. Un moment spirituel riche en émotions mêlé de chants, textes, prières, poème, alliances et colombes1.

Quelques explications des mariés s’imposent sur la symbolique qu’ils souhaitaient apporter aux échanges des alliances et colombes dans leur union :

« Les alliances sont un symbole du mariage auxquelles nous avons voulu y ajouter tout d’abord deux colombes. Deux colombes comme trait d’union d’une alliance première avec Dieu, celle de la paix dans les cœurs et dans les vies.
Pourquoi ces colombes symbole de paix ? Quand le regard sur la différence que nous portons a généré tant de souffrance, parfois de mal de vivre, souvent de mal-être et de détresse d’un genre que certains n’ont pas voulu voir humain !
Parfois rejetés par les siens, encore trop souvent par les Églises, exclus par les autres, au banc d’une société qui se plaît à rire en sous main. Mais les choses évoluent par le courage d’une poignée, par l’amour et la compréhension de beaucoup, dont vous êtes ici nos témoins.
Pour nous ces colombes sont également symbole de l’Esprit Saint. Vivre au souffle de l’Esprit de Dieu, c’est être comme ce vent dont on ne sait ni d’où il vient ni où il va, comme le Christ qui a bousculé les nombreuses frontières que les hommes se mettent entre eux.
Alors, nous nous sommes dit que cet oiseau méritait bien de symboliser l’élan de la paix et de la fraternité que nous voulons porter dans notre amour. Il est capable, si nous y croyons suffisamment fort, de nous faire décoller de nos idées poussiéreuses et bien arrêtées. Il est capable, comme d’un battement d’ailes, de nous élever au-dessus de la mêlée des bêtises et des conneries humaines.
Il porte la paix, non dans une blancheur qui se voudrait immaculée et qui finalement renie la diversité de notre humanité, mais dans les mille couleurs de l’arc-en-ciel, que l’on ne peut capturer dans nos mains, mais qui ne se saisit bien qu’avec les yeux du coeur. »  Denis & Jean-Louis

Le poème de Denis :

Bien-aimé

Bien avant que je ne le connaisse lui mon roi
Déjà il m’embrasait des bienfaits de son amour
Je ne veux avoir de cesse de l’adorer en retour
Lui qui aime dès que je crie ou chante ma foi
Il s’est fait nourriture se livrant sur une croix
Corps et sang dans une vie donnée sans retour
J’ai dit oui à l’alliance nouvelle pour toujours
Car telle une sève sa fidélité m’irrigue de joie
Christ ton Père me convie pour les noces d’or
L’Esprit me met à nu pour être vrai devant toi
Je ne puis rêver ne puis imaginer meilleur sort
Jamais tu ne brises ma liberté mais tu accrois
Ma charité pour ceux blessés d’âme de corps
Que tu chéris toi qui de leur salut est la voie

Le chant « Evenou shalom alerhem ! » clôt la célébration.
Nous vous annonçons la paix
Nous vous annonçons la joie
Nous vous annonçons l’amour

Une pincée de bulles de poiré jaunes, roses ou bleues plus tard, nous voici chacun-e paré-e d’un bracelet de couleur qui, dans un espace verdoyant à quelques pas de là, va nous transporter petits, grands, familles, amis et déjistes mélangés dans une farandole ludique. Ensemble, dans une bonne humeur communicative, nous avons grimpé, pêché à la ligne, joué à chat perché ou à saute mouton, dansé sur un pont d’Avignon mayennais d’adoption. Le soleil printanier déclinant à l’horizon, il est temps de reprendre la route jusqu’aux portes de Laval pour la soirée.
Accueillis par un arc en ciel de ballons, une petite colombe arc en ciel en guise de marque-place et des jolies compositions florales sur les tables nous voilà partis pour un repas ponctué d’intermèdes ludiques et musicaux. Le champagne sabré, le dessert dégusté, la piste de danse s’ouvre à nous pour une nuit musicale aux notes de disco, de rock et de madison entremêlés. Les plus courageux, à une heure très matinale et avant de sombrer dans les bras de Morphée, s’accordent une pause soupe à l’oignon de coutume.
Nous quitterons nos hôtes néo-mariés après un petit-déjeuner prétexte à prolonger un week-end riche en échanges.
Un voyage retour gris et pluvieux mais un cerveau encore ensoleillé par mon premier mariage arc en ciel ! 😉

Téo

1 colombes et alliances qui, drôle de coincidence, se retrouvent sur les carte, mugs et photophores offerts par les déjistes nantais 😉