Tous les articles par Webmaster Rennes

DJ Ouest à Angers sur le thème de l’apocalypse

Voyage annoncé vers l’apocalypse. Apocalypse vous dites ? Rien d’étonnant en ces temps de morosité, de peur et de craintes partagées. Tout va mal et rien ne va bien ! Denis nous l’avait pourtant annoncé avec ses trompettes tout de vent dehors portées par les mails et les invitations à répétition… Nous sommes allées vers l’apocalypse Angevine pour une journée. Finalement c’est assez peu mais c’était au final ni trop ni pas assez mais juste ce qu’il fallait pour nous transporter par delà notre quotidien, parfois pesant et par trop routinier.
Il faut une bonne dose de folie pour s’éclipser une journée, cacher le soleil de nos activités si importantes, masquer la lune de nos jardins secrets. Une quinzaine d’entre nous, venus des groupes de Vendée, de Nantes, de Rennes et du Finistère s’en sont allés vers la douceur angevine, qui n’était pas au rendez vous mais qu’importe ! L’accueil du pasteur protestant nous a donné cette chaleur qui manquait au thermomètre.
Le bruit et la fureur et la fin d’un monde annoncé envahissaient nos têtes toutes chargées de signes et de chiffres à déchiffrés. Des symboles qu’il fallait connaître et reconnaître pour savoir et pour cacher ce côté obscur… de la force qu’il nous fallait acquérir.
Mais le docteur Denis est passé par là. Il avait ausculté pour nous les démons, les anges et tout le firmament d’une littérature ancienne qui survit si facilement aujourd’hui. Tranquillement, simplement, il nous a détricoté ces pensées malsaines qui encombrent parfois les esprits, tiré les diables par la queue de nos égoïsmes. Il nous a appris à lire doucement pour ne pas chasser trop vite nos peurs et que, comme un enfant apeuré au milieu de la nuit, nous prenions doucement le chemin éclairé de la lumière des autres qui ne sont pas dans les apocalypses qu’on se plaît tant à vouloir faire et advenir, cela solutionnerait si facilement tous les problèmes de nos vies ! Il a décodé pour nous les images frelatées du net et d’ailleurs que l’on répand comme une essence par trop volatile et inflammable détruisant les pas difficiles entre ceux qui ne marchent pas ni sur le même chemin ni à la même vitesse des savoirs des croyances et des amours.tentures
Cette apocalypse qui se renouvelle toujours comme l’hydre avec ces 7 têtes rétrécit le monde et nous sécurise en le rendant étroit. Un message qui s’éclaire de quelques feux mais qu’on laisse facilement mourir pour ne laisser qu’une braise incandescente qui incendie et détruit. Ce livre écrit quelque part dans une île grecque ne s’adressait finalement qu’à quelques communautés. Pourtant ne jugeons pas trop vite ce livre de fureur et de destruction, il est né de la souffrance qu’on laisse se répandre si facilement, des oublis qui amènent le désespoir.
Ce moment entre nous fut tout sauf apocalyptique. Il nous a donné de vivre et partager, de réfléchir et de penser à chacune et chacun de celles et ceux qui peuplent nos vies ou devraient les habiter. Nous avons échangé et dit ce que nous avions ressentis et chacune et chacun avec ces mots et ces silences ont contredit la pensée apocalyptique qui, finalement, ne génère qu’enfermement et replis sur soit. Petit vase clos d’un ventre de mère que l’on tente de retrouver toujours… Illusion malsaine qui nous détourne des autres, de celles et ceux qui nous entourent, de celles et ceux qui ont besoin de nous, de nos savoirs, de nos dons. Mais laissons là ce verbiage par trop coléreux et enflammé à son tour pour clore ce discours par un moment de grâce.
Denis, ce guide avisé dans les méandres des livres empoussiérés avait aussi prévu l’image et quelle image ! Les mètres linéaires des tentures de l’apocalypse du château d’Angers aux dimensions apocalyptiques. Tissées sur commande d’un puissant qui voulait montrer sa force à l’envahisseur toujours présent sur le sol de la France d’alors et qu’aujourd’hui on a oublié. Ces tentures ornées de diable de feu et d’eau qui viennent du ciel, de bêtes à 7 têtes, de femmes auxquelles on fait encore et toujours porter les vertus et les vices au milieu d’hommes béats et bien peu courageux ! Mais finalement, cette œuvre tissée par mille mains n’était là que pour montrer sa force à un ennemi qu’on voulait héréditaire, un prétexte fallacieux pour en imposer de sa puissance et de son argent. Oublieux du malheur des hommes qui manquaient alors de pain, d’une maison, de paix. Au-delà de ces messages perdus depuis maintenant 800 ans bientôt, je garderais en moi ces couleurs, le bleu s’opposant au rouge, les visages les regards, une nature luxuriante de détails. Je garderais ces femmes et ces hommes qui ont donné une part de leur vie. Je garderais ces artisans devenant ensemble des artistes pour le plus grand bonheur de nos yeux ébahis, de nos cœurs affermis devant cette merveille. Allez la voir, elle est dans son écrin, dans son château. N’en faites pas une belle au bois dormant, allez y la lire, la découvrir, vous émerveiller, regarder, vous en ressortirez avec ce je ne sais quoi au cœur qui aide à aller un peu plus loin dans nos vies qu’on se plaît parfois à faire morose. Mais n’y allez pas si vous souhaitez y décrypter un code, un numéro magique, un tour de passe-passe, l’annonce imminente d’un drame que dis-je d’une tragédie !
Denis nous l’a bien dit et vous le redira… demandez lui si vous ne me croyiez pas. L’apocalypse n’existe que pour asservir et enfermer, que pour isoler et exiler. Elle ne sert qu’à dresser les hommes les uns contre les autres et à oublier de tendre les mains, à ouvrir les portes, à perdre les clés, à donner pour mieux recevoir. C’est ce que nous a fait notre Denis pendant toute cette journée et toutes celles qu’il a passé à écrire, lire et relire pour nous enchanter.
Mais le final nous l’avons laissé à Dieu ou à ce que chacune ou chacun avait envie d’y mettre ou de n’y mettre rien. L’important était ailleurs il était dans l’être ensemble dans ce temple d’Angers invités à la prière par Denis et Isabelle. Un instant de grâce de plénitude où le silence s’est installé dans nos têtes bien remplies, foisonnantes de ces livres de ces images de tout ce que l’on avait envie de dire de crier et qui finissent par prendre trop de place pour en laisser suffisamment à l’autre. C’est ce que nous a donné ce moment de prière ensemble, croyants ou non.

Jean-Louis

Rencontre du 17 avril à la paroisse Saint-Augustin

00croix

Après une messe sur le « Bon Pasteur », nous nous sommes retrouvés une petite vingtaine à déjeuner ensemble, premier “pique-nique” de l’année où nous avons pu profiter de températures agréables lorsque les nuages daignaient laisser paraître le soleil !

Puis nous nous sommes réunis pour un temps d’échange sur le thème de « la rencontre avec l’homosexualité ».

Une introduction a repris le fil des rencontres depuis début 2013. Des paroissiennes et des paroissiens ont ouverts leurs oreilles et leurs cœurs, mis de côté les a priori, les craintes, parfois les dégoûts, les peurs. Nous avons mis de côté nos préjugés, nos déceptions, nos idées préconçues et ensemble nous avons cheminé. Nous avons donner et accepter de recevoir. Parler et accepter d’entendre. Faire et refaire et accepter de se laisser faire.

Le temps fort de cette après-midi a été la lecture de 7 témoignages, de déjistes, de parents, d’une accompagnatrice spirituelle et d’un prêtre. Nous nous sommes ensuite répartis en trois groupes puis en plénière pour exprimer ce que ces témoignages avaient susciter d’émotions et de réflexions. N’hésitez pas à en lire le compte-rendu qui reprend ces témoignages ainsi qu’une synthèse de nos échanges : des textes riches qui valent la peine d’être lus et partagés !

 Compte rendu de la rencontre du 17 avril

Nous nous sommes quittés après un temps de prière ou j’ai “recueilli” cette journée, et un Notre-Père en nous donnant la main, clôturant une rencontre pleinement fraternelle ! Nous sommes ainsi devenus grâce à ces femmes et ces hommes des chrétien-ne-s comme tous les autres.

Denis

Attachments

Réponse à l’exhortation apostolique du pape

Pape François

Je vous envoie cette lettre au nom de tous les miens. Il est possible que vous ne lisiez pas ces mots et que d’autres le feront pour vous. Il est possible également que je n’aurais pas de réponse à cette bouteille jetée à la mer mais qu’importe…
Je réagis à votre exhortation apostolique post-synodale Amoris laetitia sur l’amour dans la famille in Certaines situations complexes du chapitre 6. Déçu je suis, déçu je reste, non pas tant du propos attendu et convenu que de l’espoir que vous aviez fait naître en nous. Tant pis ! Ce seront donc les mots de cette exhortation que je commenterai.
Je n’ai que faire du respect demandé et de la dignité que vous daignez accorder à « la personne qui aurait des tendances homosexuelles » que je suis. Vous confondez, bon père, les tendances de la nature humaine à la nature d’un être humain ! Ceux qui ont des oreilles qu’ils entendent…
Pour ce qui est du couple homosexuel il n’y a dites vous « aucun fondement pour assimiler ou établir des analogies, même lointaines, entre les unions homosexuelles et le dessein de Dieu sur le mariage et la famille ». Et bien pourtant, je vous assure, moi qui suis en couple avec mon compagnon, que nous avons bien les mêmes soucis du lever jusqu’au coucher. Nous faisons la vaisselle, le ménage, les courses. Nous faisons la fête en famille réunie par le couple gay, pleurons nos proches disparus. Nous dormons dans le même lit qu’il nous faut faire chaque jour que Dieu fait et nos corps se rejoignent dans un désir d’amour qui s’accomplit et se respecte. Nous savons nous disputer, parfois nous éloigner mais pour mieux revenir l’un à l’autre et que cela plaise ou non, nous sommes liés l’un à l’autre comme le tenon à la mortaise. Les différences de sexes ne font pas plus les couples qu’une bague que l’on passe au doigt de l’autre. Les couples naissent d’une étincelle qui jaillit dans les cœurs qui s’unissent et Dieu m’en est témoin, il faut sacrément ramer par la suite pour l’entretenir ce feu qui embrase nos vies ! La différence des sexes qui, à vos yeux, fonde les couples est ce que vos yeux sont capables de voir, mais aveugles devant « la joie de l’amour » que nombre d’homosexuel-le-s vivent. Et pourtant « Heureux ceux qui croient sans avoir vu !
Je constate avec amertume que le figuier entre vos mains n’aura pas cette année porté de fruits pour nous. Mais nous porterons encore la cognée à la charrue, soyez en sûr. Nous sommes des enfants de Dieu issus de couples que vous savez voir et reconnaître. Je crois à votre amour à votre tendresse et à votre attention envers les souffrants, tous les souffrants de ce monde dont je fais, avec les miens, partie, non pas à cause de notre orientation sexuelle mais à cause du refus de voir l’amour que nous portons et offrons jusque dans nos couples. Puissent ces mots s’élever entre ciel et terre et atteindre votre cœur.

Fraternellement en Christ
Jean-Louis00croix

 

 

Un échange en paroisse sur le texte du synode sur la famille

00 soirée échange

Une soirée, une rencontre, un échange… Des paroissiens de Saint-Augustin à Rennes nous ont proposé de venir échanger sur le texte du synode catholique sur la famille. Nous nous sommes donc retrouvés à 4 du groupe ce lundi 16 mars avec 6 paroissiens et le prêtre auxiliaire de la paroisse, mais d’autres s’étaient aussi manifestés, c’est dire que la proposition avait suscité de l’intérêt.

Accueil, le mot est le plus juste pour décrire ce que nous avons ressenti en arrivant. Chacun de nous s’est présenté mais aussi présenté ce qu’est David & Jonathan, nos activités, et plus largement la vie du groupe.
Un temps de prière, de chant et de réflexion autour de quelques mots marquants de l’Évangile selon Jean (4,43-54) nous ont permis d’entamer une discussion autour du texte du synode concernant « L’attention pastorale envers les personnes ayant une orientation homosexuelle » (dans la partie III sur « les perspectives pastorales »).

Il serait trop long de vouloir retranscrire tous nos échanges dans cet article mais on peut les résumer simplement par ce constat pour lesquels paroissiens et déjistes étaient en total accord : le changement de ton brutal entre le texte intermédiaire et la version finale.
La version intermédiaire commençait par des mots de bienveillance où chacun y reconnaissait le souffle évangélique, même si certains points restaient frileux, mais que dire du texte final, réservé, pour ne pas dire dogmatique !
Que nous déjistes en soyons révoltés et blessés, cela n’a rien d’étonnant, mais que nos interlocuteurs le soient aussi, c’était inattendu et plein de bonheur de savoir que des chrétiens de paroisse puissent partager notre ressenti.
Je citerais encore quelques remarques d’une grande justesse à propos de ce texte. Ainsi, comment peut-on écrire d’éviter toute « discrimination injuste » quand juste avant on indique qu’ « Il n’y a aucun fondement pour assimiler ou établir des analogies, même lointaines, entre les unions homosexuelles et le dessein de Dieu sur le mariage et la famille ». Et d’où sort cette accusation de pression financière qui serait subordonnée à l’introduction de lois ouvrant le mariage aux personnes du même sexe ?
Nous nous sommes interrogés pour tenter de comprendre une telle attitude dogmatique… Il en est ressorti deux points :
1- Sexualité et religion reste un problème bien plus profond qu’il n’y paraît et qui nourrit trop facilement, entre autre, cette peur de la personne homosexuelle pour ne pas dire son rejet.
2- Rejet du mariage pour tous, véritable repoussoir qui verrait l’homosexuel érigé au titre de couples devant Dieu !
Ce refus d’accueillir les couples homosexuels, qui ne demandent pas un mariage mais seulement une bénédiction, est apparu comme troublant et même choquant, car l’accueil de tous n’est-il pas dans l’Évangile ? Ce même Évangile ne porte pas en lui de mots qui condamnent l’homosexualité, ce qu’a fait justement remarquer l’une d’entre nous qui, sans histoire religieuse, a du mal à comprendre cette frilosité pour ne pas dire ce refus de l’Église catholique ! Où pouvons-nous aller quand la difficulté s’installe, quand les doutes se présentent, si notre Église ne nous accueille pas ?
L’Église qui s’enferme est une Église qui se cache derrière des lois, qui l’éloigne de celles et ceux qui cherchent le chemin et pourtant, nous souhaitons rester dans cette Église, de quelques chapelles qu’elles soient, nous souhaitons avancer avec elle si elle nous accorde une place comme chrétien, rien de plus, rien de moins.

Construire pas à pas, c’est la volonté de chacune et chacun d’entre nous, c’est la main tendu vers l’Église d’en haut et nos paroissiens de proposer :
1- Une lettre d’interpellation pour le synode face à ces divers points
2- Une invitation lors de discussion
3- Un accueil possible dans cette paroisse auquel nous sommes prêts à répondre.

Pour conclure cet article : Un grand merci à toutes et à tous, mais particulièrement à ces hommes et ces femmes qui prennent de leur temps, tout surpris que d’autres paroisses n’aient pas encore faits cette démarche. Habitués qu’ils sont d’accueillir la différence comme pour les divorcés remariés. Un grand merci plein de la chaleur que nous avons reçu en entendant leur colère face à une Église sourde et aveugle qui se cache derrière des règlements et des a priori qui sont autant de frontières qu’elle croit infranchissable ! Mais tous les murs sont voués à disparaître et, surtout, aucuns n’empêcheront les chrétiens que nous sommes d’être là dans l’Église du Christ.

00 bible