Archives de catégorie : Échanges & Partages

Café littéraire

Comme prévu par notre programmation, nous nous sommes retrouvés pour lire, discuter et échanger toute une après-midi en salon littéraire sur l’essai de James Alison(*), aidés en cela par moult nourritures et boissons terrestres, démontrant ainsi que l’on peut être des esprits pensants tout autant que des hédonistes, voire des épicuriens.

Lors de sa conférence, Jean-Louis a synthétisé le personnage profondément et durablement marqué par le philosophe français René Girard, qu’est James Alison et sa doctrine complexe, dont la thèse principale est qu’en inversant les rôles victime/bourreau lorsque ce dernier est déchu de sa toute puissance, la victime, loin de jouer le martyr ou le vengeur peut par l’empathie transcender la vie des deux protagonistes.

Il introduit une idée de « l’intelligence de la victime » pour expliquer le changement qui s’opère chez les disciples de Jésus après la rencontre avec le Christ ressuscité.

Nous sommes tous concernés par l’application de cette théorie, même dans les petites offenses. Quant à passer de la théorie à la pratique, çà, c’est une autre affaire…

L’exemple le plus symptomatique est l’affaire du Cardinal Hans Groër, aux prises de positions particulièrement homophobes ; pourtant lui-même concerné et impliqué dans un scandale d’abus sexuels. Une fois déchu de ses fonctions et traité comme mouton noir par ses pairs, l’attitude prônée par Alison aurait été, sans acquiescer ou oublier, d’accompagner l’ancien bourreau dans sa démarche d’expiation.

D’autre part, Alison estime que l’enseignement de l’Église catholique sur l’homosexualité jusqu’à présent a été anormal car il repose sur une prémisse fondamentalement erronée de l’hétérosexualité intrinsèque présumée de tous les humains (en d’autres termes, les homosexuels étant simplement des hétérosexuels défectueux). Ainsi l’homosexualité est conçue comme une tendance objectivement désordonnée conduisant à des actes intrinsèquement mauvais.

Alison croit plutôt que « être gay est une variante minoritaire non pathologique régulière dans la condition humaine », ce qui est mieux comparé à la gaucherie– une condition qui était également considérée comme défectueuse jusqu’à ce que le voile de la pensée mythologique à son sujet ait été levé en écoutant la science – qu’à une condition incontestablement désordonnée comme l’ anorexie .

Exclu de l’ordre des Dominicains de par ses prises de positions, son attitude, conforme à sa doctrine lui a valu la reconnaissance du Pape François qui l’a appelé directement. Selon Alison, le pape François lui a dit : « Je veux que vous marchiez avec une liberté intérieure profonde, en suivant l’Esprit de Jésus. Et je vous donne le pouvoir des clés. » Comprendre par cela qu’Alison reste prêtre de plein droit,  et en étant détaché à l’autorité d’un évêque ; c’est à dire libre.

Christophe,
Sur la lecture et le travail de Jean-Louis.

(*) (prêtre et théologien catholique anglais. Alison est connu pour son application de la théorie anthropologique de René Girard à la théologie systématique chrétienne et pour son travail sur les questions LGBTI+)

Ce présent compte-rendu est une présentation succincte, parcellaire, personnelle et donc subjective de la conférence de Jean-Louis, autrement plus exhaustive de l’œuvre et de la vie de James Alison.

Aussi n’est-il pas inutile de se reporter à l’ouvrage lui-même :
« La foi au-delà du ressentiment » de James Alison – 336 pages – avril 2021 éditions du Cerf. 22,00€
https://www.editionsducerf.fr/librairie/livre/19208/la-foi-au-dela-du-ressentiment

Sinon, il reste la magie de la « Toile » : https://books.google.fr/books/about/La_foi_au_del%C3%A0_du_ressentiment_Fragment.html?id=PwYiEAAAQBAJ&source=kp_book_description&redir_esc=y

Et :

https://en.wikipedia.org/wiki/James_Alison
Wikipédia traduction automatique en français selon les navigateurs.

Retour d’un rennais sur les JAR 2021

Bonjour,

Comme prévu j’envoie un petit retour sur les JAR.

 

Cette année, les JAR ce sont déroulées en Normandie. Nous avons été accueillis dans un gîte à flanc de colline avec vue sur la vallée. Un lieu paisible invitant à l’introspection et propice aux partages spirituels.

 

Les participants venaient en majorité de Paris, mais aussi de Normandie et du nord-est.

Nous avons partagé des moments de réflexion sur les thèmes « aller vers les autres » et « continuer, tout est en avant », où chacun a pu exprimer son expérience, son ressenti.

Nous nous sommes aussi retrouvés en assemblée plénière pour un instant de communion et de prière.

Le samedi soir, le groupe parisien Celtic Sailors est venu nous proposer des reprises et des chansons originales de musique celtique. Un chanteur-guitariste, un violoniste et contrebassiste, accompagnés d’un danseur qui nous a montré son talent aux claquettes irlandaises et nous a fait danser des classiques de la tradition bretonne.

La soirée s’est poursuivie sur de la musique contemporaine jusqu’à une heure avancée.

Des bénévoles nous ont régalés en cuisine avec des produits locaux préparés sur place.

Ce fut un weekend de partage et de belles rencontres qui laisse entrevoir de beaux projets pour l’avenir de l’association.

Yohan

Et la femme dans la bible

Ce samedi 14 novembre nous avions convenu d’une rencontre des adhérents du groupe de Rennes en visioconférence (situation sanitaire oblige) sur le thème de la famille dans la bible. Nous étions 9 et nous avons la chance que Denis mette sa connaissance des textes à notre service grâce à un travail très documenté. Il faut noter que la place des femmes a certes évolué depuis cette époque lointaine. Cependant, le patriarcat d’alors a encore de beaux jours devant lui. Espérons pour les temps qui viennent une égalité parfaite entre nous.

Des questions des uns et des autres ont permis un échange. Les participants se sont quittés en appuyant sur un bouton. Triste réalité ! Vivement que tout redevienne normal. On a prévu une rencontre de visu autour d’un repas pour Noël mais personne ne sait à ce jour si nous pourrons nous rencontrer.

Une réunion de rentrée aux multiples facettes

Une réunion de rentrée 2020 étalée sur un dimanche complet, une réunion de rentrée avec tant de multiples facettes différentes qu’il est possible de la qualifier de journée des carrefours.

Outre que le quorum a été largement atteint sur la participation – les rares absent-e-s étaient excusé-e-s par des raisons impératives aux antipodes de leur désir réel d’être parmi nous –, c’est d’abord la présence de Pierre, le co-président national de D&J qui a donné une profondeur à nos échanges, par son apport de la vision du Bureau national sur les enjeux nationaux tout en permettant aux membres du groupe de Rennes d’éclairer la dimension nationale de l’asso sur le vécu de D&J au niveau local.

Sérieux et profondeur des échanges, réelle concentration sur les bilans – moral et financier –, humour (parfois potache, mais c’est ça qui est bon), gastronomie et bons vins, analyses, projets, bilan des actions passées…

Pour résumer :
• présentations de chacun,
• accueil d’un nouveau,
• informations, enjeux, projets, politique, débats, objectifs, défis et gestions de crises…
• déjeuné partagé, galette des rois/reines,
• réflexion sur les adéquations/engagements et synergie d’action entre local et national
• puis, le cœur de la journée : élection du nouveau Bureau local

Voilà donc le groupe rennais de David et Jonathan armé et lancé pour 2020 : Nous avons notre rôle à jouer au sein de la société dans chacune de ses dimensions, des Églises, des communautés LGBTI+. Au local comme au national, D&J reste aussi sollicitée et attendue…

Christophe

Rencontre Coexister

Notre association a été contactée par une jeune en service civique du groupe rennais de l’association Coexister*, intriguée que l’on puisse être homosexuel-le au sein d’une confession religieuse.
Date a été prise pour une rencontre sur ce sujet, dans le local même d’Iskis (centre LGBTI+ de Rennes). Nous étions donc une bonne vingtaines de présent-e-s, membres de David & Jonathan, de Coexister, d’Iskis ou simplement intéressé-e-s.

Nous avons d’abord pu écouter un imam inclusif, Ludovic-Mohamed Zahed, qui nous a parlé de l’islam tel qu’il le conçoit et qui se veut ouvert à toutes les diversités. Certains d’entre nous auraient aimé pouvoir approfondir cela, mais ce fut déjà une première approche intéressante (pas facilité par la visio en Skype). Merci à Ludovic-Mohamed de s’être rendu disponible.

Puis notre groupe à pu parler de ce qui peut se vivre ou ne pas se vivre dans les Églises, qu’elles soient catholiques ou protestantes, suivant l’ouverture ou non de ces communautés sur cette question. Nous avons ainsi pu témoigner des riches échanges que nous avons pu avoir avec la paroisse catholique Saint-Augustin et de la bénédiction d’un mariage de deux d’entre nous dans une paroisse protestante de la Mayenne, mais également des rejets explicites ou implicites que les uns et les autres ont pu vivre ou être témoins.
Un grand merci à Coexister et à Iskis pour avoir rendu possible cette rencontre, toujours bienvenue quand il s’agit de se découvrir les uns les autres, chacun-e avec ses convictions, mais dans la bienveillance. N’est-ce pas ainsi que nous pouvons, ensemble, avancer en humanité ?

Denis

* Coexister est un mouvement interconvictionnel permettant à des jeunes de 15 à 35 ans de créer du lien social et de promouvoir un mieux vivre ensemble, y compris à travers la diversité religieuse, philosophique et spirituelle.

Noël de l’Ouest

Noël de l’Ouest à Senonnes

15 et 16 décembre 2018

Au début, j’ai fait ce rêve, de nous rassembler toutes et tous pour fêter Noël, de nous donner l’espace d’un instant de ce bonheur qu’ont les enfants de recevoir et des grands de donner. Ce cadeau vieux de deux mille ans et qui pourtant se renouvelle chaque année. Moment unique qui conduit les familles à ressouder s’il en est besoin le cocon des familles réunies au coin de la cheminée où chacune et chacun déposent chaussettes et chaussons au soir du 24 décembre en espérant qu’ils se rempliront au petit matin. Mais pour vivre cela, il faut une famille, des enfants, que nombre d’entre nous n’ont pas toujours ou n’ont pas vraiment ! Alors, j’ai fait un rêve comme le grand Martin Luther King… Oui j’ai fait ce rêve pour chacune et chacun d’entre nous de nous retrouver en famille… dans la famille David et Jonathan à laquelle nous sommes fiers d’appartenir. Alors oui, j’ai cherché à réunir comme on réunit les cousins, les frères et sœurs, les oncles et les tantes éloignés que l’on voit rarement. J’ai appelé j’ai sonné j’ai envoyé des lettres d’invitation puis je me suis éveillé.

On fait tous des rêves mais les rêves se font en dormant. Au réveil, au mieux il en reste quelques souvenirs dans notre mémoire, au pire ils se sont évanouis avec la réalité du petit matin. Pour donner vie à ses rêves, il faut tendre les mains et accepter de recevoir l’aide de toutes et tous… Et ils et elles sont venu(e)s, à commencer par mon homme, mais aussi Chantal, Jacqueline, Étienne, Maryam, Isabelle, Piero, Bertrand, Annette, mais aussi toutes celles et ceux dont je n’ai pas retenu les noms, mais qui ont fait de ce moment un instant magique, où les pères et mères noël sont venus la hotte chargée de cadeaux multicolores, de rires et de bonheur.

Pourtant, il s’en passe des choses entre les deux. Entre le réveil qui sonne et le retour au lit. Il y a à peu près toutes les saisons d’une année d’une vie. Le printemps d’une découverte autour d’un bien être épatant où l’idée a germé et pris son envol. L’été un peu torride où l’on

s’échauffe pour un rien à tout ce que l’on aimerait et voudrait faire, puis l’automne un peu pluvieux et froid où les désistements des lettres qui devraient arriver et celles qui n’arrivent pas. Les remarques toujours difficiles qui refroidissent les élans qui auraient pu finir en hiver sans que rien ni personne ne s’en émeuve… Sauf que c’est sans compter sur l’esprit qui plane sur la maison des groupes de l’ouest et d’ailleurs, c’est sans compter sur l’élan sans mesure qui frise la démesure. On est parti sans penser et on est arrivé en pensée dans un gîte de la Mayenne profonde coincé entre Bretagne, Loire-Atlantique, Anjou… Vendée et même la Touraine ! Au diable la géographie qui se moque bien des départements, des distances pour parcourir comme le petit poucet et chausse les bottes de sept lieues.

Et finalement l’hiver est arrivé, car Noël est bien en hiver. L’hiver est arrivé avec les lumières qui scintillent comme autant de bonheurs dispersés dans les regards que l’on a croisés. L’hiver est arrivé avec son manteau de silence dans l’émotion des cœurs lourds. L’hiver est arrivé un peu froid un peu gelé, pour mieux se blottir les uns à côté des autres, pour mieux se réchauffer et surtout pour mieux s’entre donner. Donner sans compter des cadeaux de pacotilles faits de verroteries et de bougies à deux euros six sous mais surtout donner des mots, des chants, des fous rires et des farandoles qui nous aideront la bise venue avec suffisamment d’énergie pour continuer d’avancer. Voici quelques uns de ces gestes, de ces mots que je vous invite à découvrir sans en ajouter, sans en dire davantage… sinon : à bientôt.

Jean-Louis

Impressions choisies :

Bernard

David & Jonathan c’est l’éventail de croyances et d’aspirations qui nous composent, que chacun à sa liberté de s’exprimer, ou pas, selon ses propres aspirations. C’est vrai, c’est juste et c’est beau ainsi.
C’est alors qu’à cette même seconde me revient en tête, du fond des âges, cette toute première récitation apprise en maternelle, alors que je ne devais pas avoir plus de cinq ans, et que je n’ai jamais oubliée – moi qui perd désormais mes mots à tout instant !- :
« Si tous les gars du monde voulaient s’donner la main, ils pourraient faire une ronde autour du monde, Si tous les gars du monde décidaient d’être copains et marchaient main dans la main le bonheur, serait pour demain, si tous les gars du monde… etc… etc… »
Je vous souhaite à toutes et tous un Noël baigné de Lumière, une heureuse année 2019 réalisant pleinement vos désirs et vos aspirations, et aussi…. « Une ronde autour du Monde…..

Nadine

Wend déjinoëlique…ça vaut bien une ligne pour dire le bonheur de vous rejoindre et de partager cette ambiance fraternelle et festive. DJ c’est magique ! De nos amitiés nouvelles ou retrouvées, de chants essayés ou de danses endiablées, de nuit écourtée pour mieux partager avant de nous quitter cette intensité de moments au temps spiritualité.

DJ c’est magnifique !

Joyeux Noël.

Téo

Piero de la Luna, samedi 15 décembre 2018

Un rien du jour gris qu’il fait

Du temps qui lasse au plus court
Un peu de nos ciels
Que la nuit grignote à petit
Un peu de toi, d’elle ou de lui
Qui avance dans la neige
Marche sous la pluie

Un peu de nos cœurs pour « nos ailes »
Un rien des rêves de nos îles
Un bout de toi pour ton abri
Un peu d’elle, un peu de lui

Un jour pour naître
Un jour te connaître
Qu’enfin la lumière nous relie
Ce serait Noël chaque jour

Un peu de Noël ensemble
Quelque chose de toi qui me ressemble
Le jour se lève
Il faut recommencer

Quelque soit ton pays
Lire dans tes rêves
Et t’ouvrir un lit

Un peu de nos ailes
Un peu de ton île
Un peu de Noël
Un peu de nos ciels
Un peu de toi

Un peu de nos toits
D’elle ou de lui
Qui avance dans la neige
Marche sous la pluie

 

Compte rendu de la rencontre sur la PMA

Rencontre St Augustin groupe D&J Rennes

Filiation et PMA

Le 24 juin 2018

Filiation et parentalité

Pour moi la filiation

C’est :

Pour la majorité :

Le biologique

L’histoire de nos origines (connaître son histoire)

La transmission des valeurs, des repères

Mais aussi un don une grâce, le souci des parents même après la mort.

Ce n’est pas :

Être responsable de ses parents mais non redevable à l’infini

Ce n’est pas que les liens du sang

Pour moi la parentalité

C’est :

Pour la majorité :

L’accueil d’un enfant, être responsable

L’amour

L’éducation

Mais aussi l’accompagnement tant moral que spirituel

Ce n’est pas :

L’absence de maturité, un caprice

L’absence d’amour

Être corvéable à merci

La PMA

Préambule : une évolution de société :

  • La PMA sans donneur c’est médicale.
  • La PMA avec donneur(se) devient en plus sociétale… Pour tous les couples, quels qu’ils soient. De tels projets parentaux nécessitent un discernement avec le souci de l’enfant.
  • La PMA pour les couples de femmes : c’est majoritairement oui
    • Il peut y avoir des réticences, comme la peur du manque de repères masculins.
    • Mais ce qui importe, ce sont les références données. Pour certains, l’absence de père n’est pas à éluder, mais n’est pas un point bloquant.
    • Par contre, il importe de légiférer avec le souci majeur de l’enfant mais aussi pour le protéger et apporter l’égalité économique.
  • La PMA pour les femmes célibataires : c’est plutôt mitigé
    • Cette demande répond à un désir qui pose question à certains, mais pour la majorité, le désir d’enfant est généralement présent dans les couples.
    • Difficulté pour l’enfant et la mère de ne pas avoir un autre parent en vis-à-vis.
  • La co-parentalité, 2 points de vue :
    • D’un côté, une solution qui paraît floue, complexe, très exigeante, avec risque de perte des repères d’un enfant aux multiples parents
    • Au contraire, un moyen de trouver le féminin et le masculin. Une solution qui existe déjà d’une certaine manière dans les familles recomposées.

Avec quoi je repars

  • Débattre sans se battre
  • Toute personne est capable d’amour et d’éduquer un enfant, mais nécessité d’un discernement quand il ne s’agit pas de parents biologiques
  • Que deviennent vraiment les embryons issus de la fécondation in vitro et non utilisés par les parents
  • Je note la force du désir d’enfant comme une notion qui serait absolue, alors que le désir est fragile et variable.
  • Débats intéressants, mais le compte rendu du groupe 1 me fait penser que l’Église ne bougera jamais, car c’est son rôle de réciter son catéchisme. On ne peut pas demander à une grenouille de voler !
  • Enrichissant, sujet délicat, faut-il tout autorisé ? En même temps, il faut prendre en compte l’évolution de la société.
  • Débat intéressant, aux multiples points de vue. À approfondir !
  • Deux phrases m’ont marqué : « La filiation, c’est un don, une grâce » ; « Le père doit adopter ses enfants »
  • 🙂 Belle préparation en amont !… merci !
  • Échanges, respect
  • Sans langue de bois, ne pas avoir des positions tranchées et rester ouvert au débat
  • Tout cela rejoint la question « qu’est-ce qui crée famille aujourd’hui ? », grande complexité
  • Avec quoi on repart de cette après-midi 24 juin : que des personnes prennent à cœur ces questions délicates… merci
  • La PMA est une évolution liée au progrès technique. On ne pourra pas l’interdire. Il faut l’admettre et surtout l’accompagner car c’est complexe.

Un weekend « bien être » du côté de Morlaix

Un weekend « bien être » du côté de Morlaix

Samedi dernier, je suis parti le cœur léger mais avec tous les soucis du jour accumulés et une bonne overdose d’ennuis du quotidien dans ma besace, mais je suis parti en laissant tout sur place. J’étais tout seul dans ma coquille, ayant bien du mal à partager avec les autres la chambre à air de cet œuf qui tardait à choir. On a pris la route et on parlé pour occuper le temps, mais pas seulement. On a récité nos envies, nos doutes et on a pris tout l’espace de l’attente que l’on redoute à l’idée de la rencontre, du mystère d’un temps que l’on ne maîtrise pas et d’une part de nous même que l’on confie aux autres. On fait la bise, on se sert les coudes, on s’isole derrière un livre, un mur, derrière les écrans de téléphone et l’on peine à laisser tomber le masque. On se sent perdu comme en plein vol au milieu de l’Atlantique Nord et sans boussole. La peur vous fait des rides qui vous coincent le cœur, mais n’empêche pas la parole des sourires, des mains tendues, des rires qui fusent en plein soupir et le jaune se sépare enfin de sa coquille.

Se laisser aller dans l’eau avec le bain et sans effort prendre les bulles pour des geysers, les palmes pour des radeaux et se laisser couler au fond du grand bassin comme on se laisse aller au milieu de ce qui n’est même pas une rivière. Mais qu’importe, on passe du chaud au froid et on s’embrasse du regard de l’enfance. On saute du toboggan dans la bassine, on éclabousse, on rie et on revient tout droit vers la case départ d’une vie, qui en ce jour, ne faisait que commencer.

Le groupe avait pris ses marques, prêt à bondir comme un vieux canard, prêt pour la minute de vie qui nous vaudra une étincelle d’humanité. Nous étions devenus vingt et cent à l’abordage de la cité corsaire, de ces trésors en forme de galettes, de ces histoires endormies dans un verre que l’on prend au coin du feu. Il en faut toujours un pour dire une bêtise, dix pour l’écouter et les apprendre par cœur. Délice des âneries susurrées à dix heures du soir, à dessiner des élucubrations sorties d’une tête pas comme les autres. Ne rien comprendre et raconter des sornettes, mais heureux d’être là, heureux d’en être.

Nuit courte et petit matin pris à griller les vieilles histoires qui reviennent sans cesse, les plans que l’on dresse sur la comète de cette bonne terre déjà bien malade. Instantanés de nos vies en marmelade de grenouille qui font rire le pauvre monde. Puis vient le moment magique l’instant attendu. Ces moments sont difficiles à entreprendre, difficiles à garder et encore plus difficiles à quitter. Toucher couler, toucher toucher jusqu’au tréfonds de l’âme, toucher la peau qui recouvre nos os jusqu’à la mort. Toucher ce qui fait notre lien entre le devenir et l’être. Toucher de loin d’abord, se laisser surprendre puis reprendre. Reprendre le fil de ce sens perdu parmi les grands de la vue de l’ouïe et du parlé. Toucher et se taire, ne plus rien dire que ressentir et enfin refaire. Refaire le chemin à l’envers de nos sens éteints. L’homme qui parle touche juste, là où ça fait mal, là où l’on craint, là où l’on se dit enfin… Homme bonheur qui fait rire de son mal être, homme bonheur que l’on est heureux de voir et de toucher, homme à fleur de peau.

Se quitter en plein ressort qui vous envoie entre six ou sept ciels dans un paradis que les solitaires et les importuns ignorent, car pour ressentir ce moment d’ivresse et partager ces instants de douceur, il faut être fêlé comme un œuf. Fragilité retrouvée qui vous livre à l’attention et l’intention de tout un chacun, pour ne pas finir brouillés dans une poêle à frire. La délicatesse et les silences sont des baumes qui calment les blessures enfouies et les blessures cachées. Ce n’était pas ce que nous étions venus chercher mais c’est ce que j’ai trouvé, comme un élixir sorti d’on ne sait où, qui se boit comme du petit lait et se sirote au feu de bois.

Jean-Louis

L’histoire d’Esther

Nous étions un bon groupe réuni dimanche 26 novembre, par un après-midi tout gris, pour écouter l’histoire d’Esther, dans l’Ancien Testament (la Bible juive), avant de prendre un goûter.

Le livre d’Esther n’est pas celui qui donne lieu le plus souvent à des lectures ou des études bibliques ; est-ce parce qu’il prend un sens bien particulier pour les Juifs ? Sens que le groupe homosexuel juif Beit Haverim (La maison des amis) a repris à son compte avec bonheur.
Esther m’était connue personnellement comme “celle qui garde le secret”. Mais elle le fait jusqu’à un certain point.
L’histoire toute symbolique nous dit qu’elle a été envoyée vivre au palais du roi de Perse, Xerxès, dans son harem. Son oncle Mardochée lui demande de ne pas révéler qu’elle est juive. Le roi tombe amoureux d’elle et la prend pour épouse. Un haut dignitaire, Haman, s’offusque un jour du fait que Mardochée refuse de lui faire des courbettes, et obtient du roi le droit de mettre à mort tout le peuple juif. Ce n’est qu’à ce moment-là qu’Esther va révéler au roi qu’elle est juive, ce qui la met en danger d’être assassinée comme tout son peuple. Le roi ayant relu des annales qui lui rappellent que Mardochée lui avait sauvé la vie en le prévenant d’un complot, décide de lui accorder la vie sauve, et même de l’honorer. C’est finalement Haman qui est pendu là où devait l’être Mardochée. Premier retournement du “sort” (pour, en hébreu). Le roi donne alors le droit à Mardochée de massacrer tous les ennemis du peuple juif et de spolier leurs biens, ce qu’il ne fera pas. Second retournement.
Voilà comment un secret révélé au péril de sa vie sauve finalement tout le peuple des Juifs, sans mener à un autre massacre, même si cela ne se fait pas sans combat. Cette victoire sur la disparition programmée, sur la mise à mort d’un peuple, est célébrée lors de la fête de pourim.

Nous avons appris que le groupe juif LGBT de France s’appelait Beit Haverim, et on comprend mieux comment la fête de pourim peut devenir une référence pour eux : la révélation de leur “secret” (leur homosexualité) les met en danger, mais ils peuvent espérer qu’au contraire elle puisse sauver tous les leurs, en écartant le désir de vengeance sur leurs ennemis.
Il faut absolument regarder leur vidéo, « Les Reines de Pourim » visible sur leur site : un vrai régal !

Un grand merci aux organisateurs pour ce moment convivial et instructif, à renouveler !

Isabelle

Journée contre l’homophobie avec les paroisses St Augustin et réformée de Rennes

Il suffit parfois de peu, d’un rien, d’un regard, d’un échange de mots qui peinent à sortir, aidés qu’ils sont par un sourire. Cet après-midi là, nous avions préparé, bichonné ce moment que nous voulions intense et grand. Nous avions préparé ce moment avec des hommes et des femmes comme nous, tout en étant différents ! Animés que nous étions d’une foi qui se moque des chapelles et des confessions, mais qui sait où se trouve le bon sens de la vie qui fait s’animer les âmes, qui n’a que faire des différences pavées de bonnes intentions. Différents nous le sommes un peu mais avons appris à nous apprivoiser pour gommer ces différences. Celles de voir un homme avec un homme, une femme avec une femme.
Nous avons toutes et tous dit oui à l’invitation et nous avons osé, nous avons éclairé. Quelques heures, pas plus, mais cela suffit parfois à retrouver les couleurs qui pâlissent, car si le soleil ne se cache pas, les nuages s’amoncellent bien vite sous les regards inquiets qui scrutent et interrogent et peuvent se faire bien lourds derrière les ricanements et les moqueries.
Un à un, une à une, ils sont venus fidèles au poste pour certains d’entre eux, parfois jamais encore venus. Le vin et les victuailles ont envahi la table improvisée sous un soleil que n’ont jamais obscurcit les nuages, au point de nous en faire rougir, mais pas de honte : tout simplement du bonheur d’être ensemble.
Quatre situations posées et des foules de réactions interposées. Il ne fait parfois pas bon d’être homo et de se balader main dans la main. Il ne fait parfois pas bon d’avoir une allure efféminée quand bien même l’on n’est pas homo. Il ne fait parfois pas bon de raconter sa vie le matin au café quand son autre est une femme et que l’on est une femme. Il ne fait parfois pas bon de dire que l’on aime un autre à ses parents qui vous voyaient mari et femme et petits enfants au foyer familial. Autant de situations que nous rencontrons parfois sur notre route et qui vous blessent au jour le jour, qui laissent des peurs dans les regards croisés, des fuites qu’il faudrait éviter.
Les mots écrits se sont alignés les uns derrière les autres au point qu’il fallu rajouter du papier pour que chacun, chacune puisse dire. Les indignés qui veulent agir, interpeller, éduquer. Les compréhensifs qui cherchent à comprendre ce que la victime ressent mais pourquoi l’autre réagit ainsi. Il y a aussi les surpris et les prudents qui se disent qu’il faut du temps, ne rien dire trop vite, que l’on peut avoir du mal à suivre et celles et ceux prêt à embrasser ou à se battre pour que cela cesse enfin.
On peut débattre à l’infini, battre sa coulpe et se dire que l’on fera mieux la prochaine fois. Rentrer dans la coquille de ses peurs ou au contraire casser l’œuf et les plats avec. On peut aussi retrousser les manches et agir.
À la situation d’un lycéen en proie aux moqueries au motif qu’il paraît efféminé : la réponse proposé tourne autour du besoin d’une éducation à la différence, faire un travail de profondeur et sur le long terme sur les préjugés d’une société pour les désamorcer.
À celle d’un couple homo se faisant bousculer parce que main dans la main : éduquer le plus tôt possible à la différence, pas d’autocensure même si ce n’est pas toujours facile, communiquer, s’apprivoiser et quelle place, quel rôle peuvent aussi avoir les églises ?
Parler de son weekend au boulot, en paroisse… qui ne le fait pas… Mais que faire quand les autres comprennent ce qu’ils ne voulaient pas entendre : changer notre regard en parlant de ce sujet plus ouvertement. Les homos ont peut être aussi à changer leur regard sur eux-mêmes, rassurer les gens (face à une peur de blesser), cultiver une posture positive par rapport à leur homosexualité pour faciliter l’échange sur le sujet.
Annoncer que l’on aime à ses parents, quel bonheur… mais pas toujours et quand on est gay ? L’Église catholique devrait pouvoir bénir des unions homosexuelles. Les enseignants sont bridés sur le sujet… Faire connaître les associations (Contact, le Refuge, David & Jonathan, SOS homophobie, le CGLBT).
Des idées qui fusent, des convictions parfois profondes, des esprits qui cherchent à comprendre, mais surtout et avant tout des cœurs qui écoutent et qui aiment. Il fallait pour clore ce moment de vérité une prière guidée par un prêtre et une pasteur et toutes et tous en cet instant réunis. Les intentions portées par chacune et chacun sont venues fleurir un arbre mort des couleurs de l’arc en ciel dont en voici quelques nuances :
• Seigneur, nous te rendons grâce pour les paroles échangées et nous te confions les personnes en souffrance et isolées à cause de leur différence.
• Seigneur, merci pour cet après-midi qui nous aide à changer notre regard sur nos frères différents.
• Pour les parents des personnes homosexuelles, pour qu’elles ne rejettent pas ces personnes et qu’elles accueillent chacun comme un enfant bien aimé du père.
• Pour que nos différences nous enrichissent les uns les autres.
• Que l’amour de Dieu remplisse le cœur et les pensées de tous les hommes sur toute la terre, afin qu’ils s’acceptent avec leurs différences.
• Apprends à accueillir l’autre tel qu’il est et se reconnaître comme étant notre frère.
• Seigneur, aide les parents d’enfants homosexuels à comprendre qu’ils n’ont pas choisi leur orientation sexuelle et que leur amour inconditionnel est l’une des conditions de leur bonheur futur.
• Je te prie pour que plus jamais personne ne se sente exclu, rejeté à cause de sa différence. Merci de nous créer tous différents.
• Pour des personnes persécutées dans certains pays actuellement au point de mourir pour leur homosexualité.
• Prions pour que nos mots et nos gestes ne soient pas blessures et violence.

Un moment de grâce qui n’est pas dû à la chance d’une loterie de hasard mais aux souffrances et aux blessures accumulées. Un tirage qui n’a rien d’un triste sort mais un tissage d’amour, de compréhension et d’amitiés entre nous toutes et tous qui étions là réunis.

Jean-Louis et toutes celles et ceux qui étaient là présents ce dimanche 21 mai 2017.