Archives de catégorie : Spiritualité

Café littéraire

Comme prévu par notre programmation, nous nous sommes retrouvés pour lire, discuter et échanger toute une après-midi en salon littéraire sur l’essai de James Alison(*), aidés en cela par moult nourritures et boissons terrestres, démontrant ainsi que l’on peut être des esprits pensants tout autant que des hédonistes, voire des épicuriens.

Lors de sa conférence, Jean-Louis a synthétisé le personnage profondément et durablement marqué par le philosophe français René Girard, qu’est James Alison et sa doctrine complexe, dont la thèse principale est qu’en inversant les rôles victime/bourreau lorsque ce dernier est déchu de sa toute puissance, la victime, loin de jouer le martyr ou le vengeur peut par l’empathie transcender la vie des deux protagonistes.

Il introduit une idée de « l’intelligence de la victime » pour expliquer le changement qui s’opère chez les disciples de Jésus après la rencontre avec le Christ ressuscité.

Nous sommes tous concernés par l’application de cette théorie, même dans les petites offenses. Quant à passer de la théorie à la pratique, çà, c’est une autre affaire…

L’exemple le plus symptomatique est l’affaire du Cardinal Hans Groër, aux prises de positions particulièrement homophobes ; pourtant lui-même concerné et impliqué dans un scandale d’abus sexuels. Une fois déchu de ses fonctions et traité comme mouton noir par ses pairs, l’attitude prônée par Alison aurait été, sans acquiescer ou oublier, d’accompagner l’ancien bourreau dans sa démarche d’expiation.

D’autre part, Alison estime que l’enseignement de l’Église catholique sur l’homosexualité jusqu’à présent a été anormal car il repose sur une prémisse fondamentalement erronée de l’hétérosexualité intrinsèque présumée de tous les humains (en d’autres termes, les homosexuels étant simplement des hétérosexuels défectueux). Ainsi l’homosexualité est conçue comme une tendance objectivement désordonnée conduisant à des actes intrinsèquement mauvais.

Alison croit plutôt que « être gay est une variante minoritaire non pathologique régulière dans la condition humaine », ce qui est mieux comparé à la gaucherie– une condition qui était également considérée comme défectueuse jusqu’à ce que le voile de la pensée mythologique à son sujet ait été levé en écoutant la science – qu’à une condition incontestablement désordonnée comme l’ anorexie .

Exclu de l’ordre des Dominicains de par ses prises de positions, son attitude, conforme à sa doctrine lui a valu la reconnaissance du Pape François qui l’a appelé directement. Selon Alison, le pape François lui a dit : « Je veux que vous marchiez avec une liberté intérieure profonde, en suivant l’Esprit de Jésus. Et je vous donne le pouvoir des clés. » Comprendre par cela qu’Alison reste prêtre de plein droit,  et en étant détaché à l’autorité d’un évêque ; c’est à dire libre.

Christophe,
Sur la lecture et le travail de Jean-Louis.

(*) (prêtre et théologien catholique anglais. Alison est connu pour son application de la théorie anthropologique de René Girard à la théologie systématique chrétienne et pour son travail sur les questions LGBTI+)

Ce présent compte-rendu est une présentation succincte, parcellaire, personnelle et donc subjective de la conférence de Jean-Louis, autrement plus exhaustive de l’œuvre et de la vie de James Alison.

Aussi n’est-il pas inutile de se reporter à l’ouvrage lui-même :
« La foi au-delà du ressentiment » de James Alison – 336 pages – avril 2021 éditions du Cerf. 22,00€
https://www.editionsducerf.fr/librairie/livre/19208/la-foi-au-dela-du-ressentiment

Sinon, il reste la magie de la « Toile » : https://books.google.fr/books/about/La_foi_au_del%C3%A0_du_ressentiment_Fragment.html?id=PwYiEAAAQBAJ&source=kp_book_description&redir_esc=y

Et :

https://en.wikipedia.org/wiki/James_Alison
Wikipédia traduction automatique en français selon les navigateurs.

Retour d’un rennais sur les JAR 2021

Bonjour,

Comme prévu j’envoie un petit retour sur les JAR.

 

Cette année, les JAR ce sont déroulées en Normandie. Nous avons été accueillis dans un gîte à flanc de colline avec vue sur la vallée. Un lieu paisible invitant à l’introspection et propice aux partages spirituels.

 

Les participants venaient en majorité de Paris, mais aussi de Normandie et du nord-est.

Nous avons partagé des moments de réflexion sur les thèmes « aller vers les autres » et « continuer, tout est en avant », où chacun a pu exprimer son expérience, son ressenti.

Nous nous sommes aussi retrouvés en assemblée plénière pour un instant de communion et de prière.

Le samedi soir, le groupe parisien Celtic Sailors est venu nous proposer des reprises et des chansons originales de musique celtique. Un chanteur-guitariste, un violoniste et contrebassiste, accompagnés d’un danseur qui nous a montré son talent aux claquettes irlandaises et nous a fait danser des classiques de la tradition bretonne.

La soirée s’est poursuivie sur de la musique contemporaine jusqu’à une heure avancée.

Des bénévoles nous ont régalés en cuisine avec des produits locaux préparés sur place.

Ce fut un weekend de partage et de belles rencontres qui laisse entrevoir de beaux projets pour l’avenir de l’association.

Yohan

Assomption à la Peinière

En ce jour de l’assomption, nous étions 9 à participer dans un premier temps à la messe du sanctuaire de Notre Dame de la Pénière. Des membres se sont excusés car partis en vacances

En voici l’histoire :
Un jour, un paysan du nom de Chopin, voulant remettre en culture un terrain abandonné, heurta du soc de sa charrue un bloc informe couvert de terre.
Intrigué, il gratta l’argile qui adhérait à ce bloc et reconnut une statuette de la Vierge, en bois, assez grossièrement sculptée.
Il l’emporta le soir dans sa maison. Le lendemain, il fut étonné de ne plus retrouver la statuette chez lui. Elle avait disparu.
La surprise fut encore plus grande quand il la retrouva près de la fontaine, où il l’avait découverte la veille.
Le soir de ce même jour, il rapporta la statuette à son logis. Le même phénomène se reproduisit. Il avertit le recteur de Saint-Didier.
Celui-ci mit la statue dans sa chambre et prit soin d’en fermer la porte pendant la nuit. Le jour suivant, on retrouva encore une fois la statuette près de la fontaine.
La preuve était faite que la Vierge Marie voulait être honorée là où l’on avait exhumé sa statue. Ce fait dut se passer vers la fin du XVIe siècle.
Aujourd’hui de nombreux fidèles étaient là pour l’office. Peut être 200.
Après celui-ci nous avons piqueniqué dans un parc castelbourgeois, avant de faire une promenade culturelle dans les jardins ouverts au public du restaurant gastronomique Ar Milin à Châteaubourg : « Le Jardin Des Arts ».
Des œuvres imposantes d’artistes contemporains y sont exposées. Chacun, selon sa sensibilité, peut y voir parfois ce qu’il y veut. Certaines œuvres ne laissent pas de place à l’imagination. Une plume restera une plume même si elle fait plus d’un mètre.
Le soleil, avare depuis le matin s’est doucement réveillé pour nous éclairer de ses rayons pendant une réunion improvisée au cœur de ce joli jardin où nous avons programmé nos futures activités :
Notre agenda

Bernard

Weekend spi à Campeneac

Quand je me suis inscrite au week-end spirituel du grand ouest, je ne me suis pas vraiment arrêtée au thème. Je me suis laissée guider par l’expérience heureuse faite l’an dernier à l’abbaye de Timadeuc. Les moniales nous ont accueillies comme les moines en tant que groupe « David et Jonathan » avec bienveillance et simplicité. Cette fois, nous n’avons pas participé aux lectures, ni à la procession des offrandes, ni n’avons été nommés explicitement durant la prière universelle mais avons été discrètement évoqués comme hôtes dans leurs intentions de prières (liturgie des heures).

Elles nous ont accueillis malgré leurs réticences dues aux conditions sanitaires. Un grand merci à Jean-Louis qui, tel un Abraham des temps modernes, a dû négocier avec conviction pour relever la limite fixée. Du coup, nous avons eu le choix d’obtenir à notre guise qui une chambre double, qui une chambre individuelle, et même une délicatesse pratique pour Christophe, malvoyant accompagné de Ronan du Finistère, de disposer d’une chambre double au rez de chaussée. Ainsi, l’hôtellerie a été royalement à notre disposition durant le week-end.

La co-organisation entre les binômes Etienne/Gabriel (Finistère) et Jean-Louis/Denis (Rennes) m’a semblé fluide, de même la co-animation par le duo Denis / Malou ; dont les interventions ont été très complémentaires.
Denis a introduit la thématique de manière succincte :
• Avènement progressif du monothéisme au sein d’une culture polythéiste ; diverses manières d’évoquer la divinité qu’elle soit féminine comme avec la Pachamama andine (dans sa version originelle et non édulcorée), ou sous forme d’un couple dieu/déesse ; Dieu distinct de l’univers, Dieu tout-autre.
• Les termes féminins en hébreu désignant le souffle (rouah) – Malou complète avec le terme grec pneuma qui est neutre – la présence (shekinah), la sagesse (hotmah).
• Dans l’AT, les attributs de Dieu comme accouchant son peuple, une mère aimant d’un amour inconditionnel, telle une poule qui couve ses petits (…)
• Jésus qui s’adresse aussi bien aux hommes qu’aux femmes, qui a 12 apôtres, comme les 12 tribus d’Israël, mais de multiples disciples.

J’ai aimé qu’il réveille ma lecture quand il rappelle que les attributs sont empreints de représentations sociales. Si l’utilisation d’un verbe d’action permet de lever des ambiguïtés, on ne peut échapper à un travail de distanciation. On s’exprime toujours dans une langue avec ce que chacun véhicule d’images plus ou moins conscientes selon son histoire, son expérience. Rien n’est figé, ce qui n’est sûrement pas confortable mais s’avère d’une incroyable ouverture.

Il est important de questionner les textes bibliques avec les connaissances de chaque époque. S’il est bon que la Bible soit sujette à interprétations, on ne peut pas non plus dire n’importe quoi. Denis disait lors d’une intervention à un autre moment : « Dis-moi comment tu lis [la Bible], je te dirai qui tu es ».
Revenir à des éléments de traduction en hébreu et en grec est très éclairant pour tenter de dire quelque chose de qui est Dieu, par sa présence, sa Parole, son agir, puis à travers les diverses manières dont le peuple d’Israël l’a perçu, Lui, l’Ineffable, ce qu’en manifeste Jésus, dans sa relation au Père. Et nous / et moi, quelles sont nos / mes représentations ? De là découle l’autre question : quelles sont mes fausses représentations de Dieu, donc ces faux dieux, ces idoles à débusquer constamment. Celui qu’on nomme Dieu, le Seigneur ou Adonaï m’échappe toujours et pourtant il se fait si proche, l’un de nous. Scandaleux : au sens étymologique, une pierre d’achoppement. La lecture biblique présente des textes sur lesquels je bute et il est bon qu’il en soit ainsi. Le Mystère n’est pas ce truc fumeux ni énigmatique qui nous ferme tout accès à une connaissance. Il est, je crois, ce qui se révèle peu à peu, se donne à qui le cherche, de l’ordre d’une quête incessante et d’une rencontre, d’ouverture à plus grand que soi. « Tu étais au-dedans de moi alors que je te cherchais au-dehors. » disait à peu près Augustin d’Hippone comme une invitation ab extra ad intra. Par ailleurs, j’aime cette phrase de Dietrich BONHOEFFER que cite Malou : « Il faudrait vivre sans dieu (c’est moi qui mets une minuscule) mais devant Dieu. »
Les interventions de Malou LE BARS, bibliste du diocèse de Quimper, ont été denses. Plusieurs jours ne suffiront pas à laisser résonner le contenu qui nous a conduit bien au-delà de la question du masculin et du féminin de Dieu. Partant de la racine étymologique du mot « dieu » en français, dies à la fois le jour et la lumière, qui inclut une dimension temporelle et spatiale, elle souligne que Dieu est irreprésentable. Il fait éclater les catégories, y compris celle du genre. Elohim : il y a du pluriel en Dieu.
J’ai aimé entendre qu’il est bon que le texte biblique nous/me résiste. Je me sens invitée à m’en nourrir davantage pour que cette Parole prenne chair dans ma vie, lui donne de la consistance.
Malou nous a introduit à la lecture figurative de la Bible. J’ai littéralement bu ses paroles.

Je retiens notamment que :

• L’église est l’assemblée des appelés de tous les peuples, de tous les temps.
• L’Esprit est la relation entre le Père et le Fils (filiation) ; il traduit l’insaisissable de cette relation d’amour. Dieu est au-delà du genre. L’Esprit passe toujours par une brèche.
• Les Noces échappent à nos institutions humaines. Pourtant, on ne peut rencontrer Dieu que dans l’humain. Je n’aurai jamais assez de toute une vie pour apprendre à devenir frère/soeur en Lui, par Jésus. On n’a pas encore pris la mesure de l’Incarnation …
• Le Christ, la Parole qui s’est faite chair.
• Les matriarches sont stériles parce qu’elles doivent engendrer des peuples de la Promesse. Nous sommes tous « stériles » ou « eunuques », tant qu’on n’a pas été visité par Dieu.
• Notre origine est par delà notre naissance biologique.

Enfin, dimanche matin, Denis clôt avec une réflexion sur le concept de genre qui permet de différencier ce qui est de l’ordre de la biologie et du social. Les rôles sont souvent justifiés par des préjugés culturels. A grands traits, il évoque le genre et le discours des églises, le genre et l’éducation (avancées et reculs). Il interroge les détracteurs d’une « théorie du genre ». Se priver de cet outil, serait s’interdire les approches philosophique, psychologique, historique, sociologique.
Quel coup de balai sur les scories de préjugés qui me sont longtemps collés à la peau ! Chacun fait ce qu’il peut là où il/elle en est, c’est certain. Néanmoins, je pense que pour ne pas stagner et avancer dans notre croissance humaine et spirituelle, il ne faut pas craindre d’être déplacé(e) au lieu de camper sur nos positions. Je repars avec plus de questions : Si c’était l’objectif visé, c’est réussi.

Je termine en reprenant la citation d’Emmanuel CARRERE, évoquée par Denis, : « Une lucidité douloureuse vaut mieux qu’une apaisante illusion. » A méditer.

Bien-sûr, la veillée improvisée avec ce que chacun apporte est toujours un moment de riches partages : chants, poèmes, impro théâtrale, témoignages, textes lus. Je suis particulièrement sensible à la poésie de Piero.

Merci Seigneur d’être présent en chacun de nous de manière si personnelle, d’inventer des chemins pour rejoindre les cœurs un temps soit peu assoiffés.

Myriam

Un lundi de Pâques en temps de confinement

Une rencontre programmée en début d’année, mais d’annulation en annulation, le coronavirus allait-il nous poser un lapin… de Pâques ? Mais pas trop cloches, nous avons fait tinter les téléphones, d’abord pour prendre des nouvelles des uns et des autres. Et depuis que Jean-Louis et moi couvions cette rencontre, nous avons, comme on sépare le jaune du blanc, séparé la rencontre prévue en deux événements :
une méditation biblique envoyée à toute et tous

• un apéro via internet pour les plus connectés d’entre nous, où nous avons partagé nos conditions, entre les plus confinés d’entre nous et ceux qui continuent d’aller sur leur lieu de travail, sur les difficultés ou petits bonheurs vécus ou aperçus, et surtout sans perdre nos sens de l’humour et cette écoute bienveillante dont le groupe de Rennes peut être fière !

Denis

« Les 24 heures du Mans »

Samedi 28 et dimanche 29 septembre 2019, j’ai eu la chance de visiter le Vieux Mans entourée de huit gars d’exception. Plus modestement, je pense qu’unanimement notre petit groupe de Rennes, élargi à Nantes avec la présence de Philippe, a vécu dans la bonne humeur un week-end culturel et de détente à l’initiative de Christophe, secondé par Jean-Louis et Denis pour la partie logistique.

Christophe, Manceau d’origine, nous a fait découvrir la très belle cité des Plantagenêts à l’occasion de la manifestation « Entre cours et jardins » qui a lieu une fois l’an. On a suivi un circuit munis de pass dans la ville fortifiée à travers un dédale de rues pavées qui montent et descendent. Des particuliers nous ont ouvert leurs jardins insolites aidés d’une troupe de bénévoles en tablier bordeaux. On est loin de soupçonner, en passant une porte, que derrière se cache un écrin de verdure, parfois très original. Des artistes sculpteurs et bricoleurs en ont profité pour exposer leurs œuvres : des pièces de ferronnerie, des animaux étranges dont une autruche qui déployait ses ailes roses, l’occasion d’une seconde vie à des portières de voiture. Un autre artiste donnait à voir dans le sous-sol cavier de l’ancien évêché, des lampes sur des socles en bûches récupérées. Tout est une question de regard, encore une fois.

Parmi les cours et jardins visités, deux m’ont particulièrement plu. L’un pour l’ambiance : En effet, on a été accueillis avec une tasse de tisane de plantes locales (verveine citronnée et romarin, il me semble) sur un fond sonore fort agréable. Sur le côté, à l’intérieur d’une pièce cosy ouverte sur le jardin, un beau jeune homme barbu jouait du piano, un mélange de classique et de jazz. Je serais bien restée là à l’écouter… Le second : la Joaillerie Houillon, fondée en 1947, pour la visite unique de son atelier de création. La responsable avec deux étudiantes apprenties créatrices a très simplement répondu à nos questions. Un moment passionnant dans les coulisses de cette Maison de prestige.

N’oublions pas la cathédrale ! Enfin les cathédrales, si l’on veut être précis. Étonnante structure où les restes de la bâtisse romane s’encastrent à la partie gothique en un ensemble harmonieux et très lumineux. Certains d’entre nous, très calés en histoire de l’art et architecture, m’ont beaucoup appris. Mon petit carnet est venu à la rescousse de ma cervelle de moineau. Désormais, les fenêtres à meneaux n’ont plus de secret pour moi.

Dimanche, nous achevions notre visite par une balade sous forme de jeu de piste qui faisait appel à notre sens de l’observation, notre mémoire des lieux parcourus et notre culture générale. Christophe, en guide facétieux, a arbitré nos deux équipes qui, comme par hasard, ont fini ex-æquo. Évidemment, il n’a pas omis d’orienter notre déambulation devant une boutique dédiée aux 24h du Mans. Passage obligé pour ces messieurs puisque ladite abritait auparavant un bar gay…

Pour la convivialité en intérieur, le duo Jean-Louis et Denis avait prévu un jeu de devinettes mimées après le repas partagé du samedi soir, précédé d’un apéro très léger à base de tartines de rillettes… Un autre Denis, un ami de Philippe, nous a rejoints à cette occasion et nous avons bien ri.

Le thème du jardin dans les récits de la Création a fait l’objet de notre temps spirituel : présentation succincte -c’est tout un art- donnant matière à penser, échanger et prier, suivie du pain et du vin partagés. « Là où deux ou trois sont réunis » en Son Nom, le Christ est au milieu de nous. Merci Denis !

Pour finir, un 10/10 pour l’hébergement dans ce gîte très confortable où nous avons vécu nos 24 heures au Mans.

Myriam

Un lundi de pâques convivial et spirituel

Ce lundi de pâques ensoleillé nous nous sommes retrouvés à 10 chez un couple de jeunes mariés habitant à la campagne, pour une journée à la fois conviviale et spirituelle.

Après une chasse aux œufs vaillamment dissimulés par Christophe au pied des arbres, sous des bosquets ou dans des interstices de murs en pierre, nous nous sommes retrouvés (après dépôt de notre recherche dans une large corbeille) autour d’une table et d’un repas partagé avec des échanges à la fois profonds et légers (avis aux amateurs de contrepèteries, à l’actualité des jours passés ou des scandales ecclésiastiques). Avant la mise en commun des victuailles amenées par chacun, Denis et Jean-Louis, nos hôtes nous ont fait un retour des actualités de l’association tant au niveau national, régional et local, où 3 nouvelles personnes semblent intéressées par nos activités. Bienvenue à eux.

Après le repas, nous nous sommes retrouvés dans une pièce pour un échange autour d’un passage d’évangile (Luc 11,5-13) où il est question d’œuf et surtout de partage et d’accueil de l’autre. Les échanges furent riches et variés. Est-ce si facile d’ouvrir la porte au voisin et de lui donner sans retour ?

Puis après une balade champêtre qui nous fit découvrir ce village tranquille et serein, nous sommes tous repartis avec un sachet rempli des œufs trouvés le matin et ainsi chacun en les dégustant tranquillement chez soi pourra repenser à cette journée qui fut des plus agréables et des plus sympathiques.

Bernard

Week-end spirituel Ouest à Timadeuc

Abbaye de Timadeuc : Des moines, des femmes et des hommes qui se sont trouvé(e)s le temps d’un weekend.
Deux témoignages pour rendre compte de ce temps fort, ainsi que des liens concernant les ateliers, dont l’un des documents qui a servi de base au temps du samedi matin :
« En préambule à la Bible »
« Bible et homophobie, pouvoir répondre » qui fut le support au temps du dimanche matin

Témoignage d’Etienne

Décidément, ça marche fort, les week-ends dans l’Ouest !

Après celui du mois d’août orienté détente puis celui de Noël en Mayenne, nous voici cette fois dans le Morbihan, accueilli-e-s par les frères cisterciens de Timadeuc. Au cœur de la Bretagne, au cœur de l’Église lis-je sur le site internet. Eh bien on peut dire qu’ils sont accueillants, ces frères, avec les 26 déjistes et aparenté-e-s que nous sommes ! Un lieu habité, c’est sûr.


À quoi l’ai-je senti ? A la façon dont frère Luc plante son regard dans tes yeux, visage souriant, rire généreux, tutoiement de rigueur. À la préoccupation qu’ils ont, lui et les autres, de notre bien-être, de la réussite de notre retraite. Le silence donne de l’épaisseur à la moindre chose. Celui de l’église avant les offices me ramène à mon essentiel. Nos repas taiseux nous rendent plus proches les un-e-s des autres. Reliés au point que parler n’est plus nécessaire. Et le service ressemble à une pièce de musique ou de danse minutieusement orchestrée, chacun-e se restaure recueilli-e et sait son rôle dans la partition. Il y a là me semble-t-il quelque hommage, une action de grâce peut-être ?

Une présence qui se retrouve dans nos trois ateliers animés par Denis. Merci particulier pour ce moment autour de « Bible et homophobie, pouvoir répondre ». L’instruction, la connaissance du contexte des Écritures, la prudence des interprétations font rejaillir le message d’Amour que j’ai souvent cru perdre dans mon Église.
Je reste encore émerveillé par la façon dont le groupe a improvisé la veillée du samedi. Rien de prévu et pourtant voilà : qui un poème, qui un partage, qui une histoire ou un refrain… et la veillée se bâtit d’elle-même. Ça me rappelle comme nous avions écrit un psaume l’été dernier, en se passant le crayon, comme ça, mine de rien…

Des moines qui citent sans trembler David et Jonathan au cours des vêpres, pour que toute l’assemblée partage notre prière. Des moines qui invitent Christophe à faire une lecture lors de la messe dimanche et Myriam à préparer l’Eucharistie. Des moines qui prient pour les jeunes et les dangers du net et des réseaux sociaux. Des moines qui nous engagent à faire de nos manques une ressource. Et qui nous accueillent autour de l’autel pour la communion. Au cœur de la Bretagne, au cœur de l’Église. Oui. Au cœur du monde aussi. Déjà des idées naissent pour un prochain week-end spi : partager davantage ce que chacun-e a vécu en participant aux offices. C’est vrai que moi, je ne me suis pas levé à 3h45 pour les vigiles. J’étais en communion avec mon matelas. Mais certain-es, oui ! Demander à un frère de donner son témoignage de vie etc. Merci à toutes et à tous et… rendez-vous bientôt alors ?

Etienne, D&J Finistère

Témoignage de Salvatore

Du 8 au 10 mars 2019 j’ai eu la possibilité de participer à la retraite organisée par David & Jonathan Grand Ouest à l’Abbaye de Timadeuc (56).

À 28 ans, c’était ma première expérience de retraite dans le cadre d’une abbaye. Après avoir quitté l’Italie et m’être installé en France en 2010, je me suis progressivement éloigné de l’Église, car je n’y trouvais plus ma place. C’est ainsi que j’ai commencé à cultiver mon rapport à la religion de manière individuelle.

Au fil de ces dernières années, j’ai senti le besoin d’avancer spirituellement et de m’approcher à d’autres religions, par exemple en faisant l’expérience d’une retraite dans un ashram près de Paris. Cependant, j’avais besoin de me réconcilier avec la religion catholique et d’analyser ce sentiment de culpabilité que la religion avait généré vis-à-vis de mon homosexualité.
Dans les jours qui précédaient la retraite, l’idée de prier dans un contexte collectif m’était un peu difficile, mais, dès les premiers instants, je me suis senti à l’aise. La retraite spirituelle s’est révélée être d’abord un moment de partage et d’échange. C’est dans ce contexte que j’ai pu faire de belles rencontres.

Après des années de distance avec la religion catholique, je craignais le fait d’être confronté à des évocations trop religieuses pour moi, mais tous les moments, y compris les offices, se sont transformés en réflexions plus larges qui résonnaient avec la vie personnelle de chacun.
Les repas se faisaient dans le silence, bercés par la musique classique. La gêne due à l’absence de dialogue a laissé la place à un sentiment de bienveillance et tranquillité. Le fait de ne pas parler permet de se concentrer plus sur soi, sur ce que l’on mange mais on devient également très attentifs aux autres, on finit par dialoguer par le regard et par les sourires.

L’enchaînement des ateliers et des temps d’échange ont été des moments forts qui ont permis d’évoquer des sujets très sensibles, toujours sous le regard bienveillant des autres.
Le fait d’en parler et d’être confronté à d’autres parcours comme le mien était déculpabilisant.
En particulier, j’ai trouvé très intéressant l’atelier de dimanche « Bible et homophobie, pouvoir répondre » : cet atelier m’a donné la possibilité de me munir d’arguments concrets pour réfuter les accusations que l’on formule souvent contre les homosexuels, en citant la Bible.

Salvatore

Week-end à Port-Blanc

Weekend à Port-Blanc de DJ Ouest les 25 et 26 août 2018

Port-Blanc ou l’histoire d’un week-end de déjistes venus des groupes du Finistère, de Nantes, de Rennes et de Vendée. Un petit moment de bonheur partagé sous un soleil imprévu, placé sous le signe de rencontres heureuses au hasard de nos pérégrinations d’un Tro Gwen un peu loufoque. Du plaisir de la table à celui de la mer parfois chaude parfois fraîche, mais toujours délicieuse comme ces mots et ces ballades accompagnées à la guitare, qui se disent sans se dévoiler et vous environnent d’un halo de douceur, de bienveillance qui recharge les batteries avant la rentrée. Des images plein la tête gravées sur nos écrans de portables et d’ordinateurs.

Un air de madeleine qui ne dit pas son nom, celui d’une fin de vacances où le maître d’école Denis nous a fait vibré au son et aux cordes du psalmiste… Il en reste encore un écho dans l’air, un air de rengaine qui s’est écrit avec toutes et tous et dont voici le fruit :

PSAUME

composé par les participant-e-s, façon “cadavre exquis”

Heureux l’homme et la femme

Qui bénira Dieu en tout temps

Le temps s’efface mais Dieu dans ton amour demeure

Nous restons tous unis autour de Dieu

Pour être en Dieu et Dieu en nous ; tout est un

Ce qui a été séparé a été réuni

Ceux qui se sont querellés ont jeté leurs armes

Ainsi tout est consommé

De l’obscurité que surgisse la lumière. Enfin !

De là, la Parole de Yavhé dans vos cœurs par amour

Généreuse est cette journée

Tant la nuit d’avant fut féconde

Que neuf mois plus tard elle enfanta un fils

Cette enfant qui est-il aujourd’hui

Il est toi, il est moi, il est nous

Il est ce que nous voudrons construire en ce monde

Partagé, aimer, donner, par toi, pour toi, pour nous

Mon âme se repose en paix, en Ta Parole

Sois loué pour chacun, chacune

Jean-Louis et toute la troupe du week-end de Port-Blanc

Mon premier mariage arc-en-ciel

Un article de notre ami Téo repris du blog du groupe de Nantes :

Parcourant depuis Nantes de longues routes bordées de forêts et de prés, un vert de mille nuances est la première couleur de ce week-end au goût d’arc-en-ciel.
Au cœur de la Mayenne, nous arrivons à Fontaine-Couverte, écrin de campagne où les deux cœurs rouge garance de Denis et Jean-Louis vont sceller leur union dans la minuscule salle de la mairie. Soleil jaune au dehors, chemises bleues et souliers vernis assortis, les amoureux se disent « Oui ! » sous les ors de la République entourés de leurs familles, amis ou déjistes (nantais, rennais et bretons) simplement heureux de partager ce moment de bonheur. Et n’en déplaise à la old english lady voisine qui a choisi de fermer portes, fenêtres, persiennes et cœur « so » offusquée d’apprendre qu’aucun voile de mariée saupoudré de grains de riz ne viendrait franchir le porche de l’Hôtel de ville. Ô my god….
Mais qu’importe les grincheux, c’est joyeux que nous quittons la mairie pour nous rassembler dans la salle voisine autour d’une cérémonie protestante. La croix confectionnée par Hélène prend place sur l’autel. Un moment spirituel riche en émotions mêlé de chants, textes, prières, poème, alliances et colombes1.

Quelques explications des mariés s’imposent sur la symbolique qu’ils souhaitaient apporter aux échanges des alliances et colombes dans leur union :

« Les alliances sont un symbole du mariage auxquelles nous avons voulu y ajouter tout d’abord deux colombes. Deux colombes comme trait d’union d’une alliance première avec Dieu, celle de la paix dans les cœurs et dans les vies.
Pourquoi ces colombes symbole de paix ? Quand le regard sur la différence que nous portons a généré tant de souffrance, parfois de mal de vivre, souvent de mal-être et de détresse d’un genre que certains n’ont pas voulu voir humain !
Parfois rejetés par les siens, encore trop souvent par les Églises, exclus par les autres, au banc d’une société qui se plaît à rire en sous main. Mais les choses évoluent par le courage d’une poignée, par l’amour et la compréhension de beaucoup, dont vous êtes ici nos témoins.
Pour nous ces colombes sont également symbole de l’Esprit Saint. Vivre au souffle de l’Esprit de Dieu, c’est être comme ce vent dont on ne sait ni d’où il vient ni où il va, comme le Christ qui a bousculé les nombreuses frontières que les hommes se mettent entre eux.
Alors, nous nous sommes dit que cet oiseau méritait bien de symboliser l’élan de la paix et de la fraternité que nous voulons porter dans notre amour. Il est capable, si nous y croyons suffisamment fort, de nous faire décoller de nos idées poussiéreuses et bien arrêtées. Il est capable, comme d’un battement d’ailes, de nous élever au-dessus de la mêlée des bêtises et des conneries humaines.
Il porte la paix, non dans une blancheur qui se voudrait immaculée et qui finalement renie la diversité de notre humanité, mais dans les mille couleurs de l’arc-en-ciel, que l’on ne peut capturer dans nos mains, mais qui ne se saisit bien qu’avec les yeux du coeur. »  Denis & Jean-Louis

Le poème de Denis :

Bien-aimé

Bien avant que je ne le connaisse lui mon roi
Déjà il m’embrasait des bienfaits de son amour
Je ne veux avoir de cesse de l’adorer en retour
Lui qui aime dès que je crie ou chante ma foi
Il s’est fait nourriture se livrant sur une croix
Corps et sang dans une vie donnée sans retour
J’ai dit oui à l’alliance nouvelle pour toujours
Car telle une sève sa fidélité m’irrigue de joie
Christ ton Père me convie pour les noces d’or
L’Esprit me met à nu pour être vrai devant toi
Je ne puis rêver ne puis imaginer meilleur sort
Jamais tu ne brises ma liberté mais tu accrois
Ma charité pour ceux blessés d’âme de corps
Que tu chéris toi qui de leur salut est la voie

Le chant « Evenou shalom alerhem ! » clôt la célébration.
Nous vous annonçons la paix
Nous vous annonçons la joie
Nous vous annonçons l’amour

Une pincée de bulles de poiré jaunes, roses ou bleues plus tard, nous voici chacun-e paré-e d’un bracelet de couleur qui, dans un espace verdoyant à quelques pas de là, va nous transporter petits, grands, familles, amis et déjistes mélangés dans une farandole ludique. Ensemble, dans une bonne humeur communicative, nous avons grimpé, pêché à la ligne, joué à chat perché ou à saute mouton, dansé sur un pont d’Avignon mayennais d’adoption. Le soleil printanier déclinant à l’horizon, il est temps de reprendre la route jusqu’aux portes de Laval pour la soirée.
Accueillis par un arc en ciel de ballons, une petite colombe arc en ciel en guise de marque-place et des jolies compositions florales sur les tables nous voilà partis pour un repas ponctué d’intermèdes ludiques et musicaux. Le champagne sabré, le dessert dégusté, la piste de danse s’ouvre à nous pour une nuit musicale aux notes de disco, de rock et de madison entremêlés. Les plus courageux, à une heure très matinale et avant de sombrer dans les bras de Morphée, s’accordent une pause soupe à l’oignon de coutume.
Nous quitterons nos hôtes néo-mariés après un petit-déjeuner prétexte à prolonger un week-end riche en échanges.
Un voyage retour gris et pluvieux mais un cerveau encore ensoleillé par mon premier mariage arc en ciel ! 😉

Téo

1 colombes et alliances qui, drôle de coincidence, se retrouvent sur les carte, mugs et photophores offerts par les déjistes nantais 😉