Archives de catégorie : Spiritualité

Week-end à Port-Blanc

Weekend à Port-Blanc de DJ Ouest les 25 et 26 août 2018

Port-Blanc ou l’histoire d’un week-end de déjistes venus des groupes du Finistère, de Nantes, de Rennes et de Vendée. Un petit moment de bonheur partagé sous un soleil imprévu, placé sous le signe de rencontres heureuses au hasard de nos pérégrinations d’un Tro Gwen un peu loufoque. Du plaisir de la table à celui de la mer parfois chaude parfois fraîche, mais toujours délicieuse comme ces mots et ces ballades accompagnées à la guitare, qui se disent sans se dévoiler et vous environnent d’un halo de douceur, de bienveillance qui recharge les batteries avant la rentrée. Des images plein la tête gravées sur nos écrans de portables et d’ordinateurs.

Un air de madeleine qui ne dit pas son nom, celui d’une fin de vacances où le maître d’école Denis nous a fait vibré au son et aux cordes du psalmiste… Il en reste encore un écho dans l’air, un air de rengaine qui s’est écrit avec toutes et tous et dont voici le fruit :

PSAUME

composé par les participant-e-s, façon “cadavre exquis”

Heureux l’homme et la femme

Qui bénira Dieu en tout temps

Le temps s’efface mais Dieu dans ton amour demeure

Nous restons tous unis autour de Dieu

Pour être en Dieu et Dieu en nous ; tout est un

Ce qui a été séparé a été réuni

Ceux qui se sont querellés ont jeté leurs armes

Ainsi tout est consommé

De l’obscurité que surgisse la lumière. Enfin !

De là, la Parole de Yavhé dans vos cœurs par amour

Généreuse est cette journée

Tant la nuit d’avant fut féconde

Que neuf mois plus tard elle enfanta un fils

Cette enfant qui est-il aujourd’hui

Il est toi, il est moi, il est nous

Il est ce que nous voudrons construire en ce monde

Partagé, aimer, donner, par toi, pour toi, pour nous

Mon âme se repose en paix, en Ta Parole

Sois loué pour chacun, chacune

Jean-Louis et toute la troupe du week-end de Port-Blanc

Mon premier mariage arc-en-ciel

Un article de notre ami Téo repris du blog du groupe de Nantes :

Parcourant depuis Nantes de longues routes bordées de forêts et de prés, un vert de mille nuances est la première couleur de ce week-end au goût d’arc-en-ciel.
Au cœur de la Mayenne, nous arrivons à Fontaine-Couverte, écrin de campagne où les deux cœurs rouge garance de Denis et Jean-Louis vont sceller leur union dans la minuscule salle de la mairie. Soleil jaune au dehors, chemises bleues et souliers vernis assortis, les amoureux se disent « Oui ! » sous les ors de la République entourés de leurs familles, amis ou déjistes (nantais, rennais et bretons) simplement heureux de partager ce moment de bonheur. Et n’en déplaise à la old english lady voisine qui a choisi de fermer portes, fenêtres, persiennes et cœur « so » offusquée d’apprendre qu’aucun voile de mariée saupoudré de grains de riz ne viendrait franchir le porche de l’Hôtel de ville. Ô my god….
Mais qu’importe les grincheux, c’est joyeux que nous quittons la mairie pour nous rassembler dans la salle voisine autour d’une cérémonie protestante. La croix confectionnée par Hélène prend place sur l’autel. Un moment spirituel riche en émotions mêlé de chants, textes, prières, poème, alliances et colombes1.

Quelques explications des mariés s’imposent sur la symbolique qu’ils souhaitaient apporter aux échanges des alliances et colombes dans leur union :

« Les alliances sont un symbole du mariage auxquelles nous avons voulu y ajouter tout d’abord deux colombes. Deux colombes comme trait d’union d’une alliance première avec Dieu, celle de la paix dans les cœurs et dans les vies.
Pourquoi ces colombes symbole de paix ? Quand le regard sur la différence que nous portons a généré tant de souffrance, parfois de mal de vivre, souvent de mal-être et de détresse d’un genre que certains n’ont pas voulu voir humain !
Parfois rejetés par les siens, encore trop souvent par les Églises, exclus par les autres, au banc d’une société qui se plaît à rire en sous main. Mais les choses évoluent par le courage d’une poignée, par l’amour et la compréhension de beaucoup, dont vous êtes ici nos témoins.
Pour nous ces colombes sont également symbole de l’Esprit Saint. Vivre au souffle de l’Esprit de Dieu, c’est être comme ce vent dont on ne sait ni d’où il vient ni où il va, comme le Christ qui a bousculé les nombreuses frontières que les hommes se mettent entre eux.
Alors, nous nous sommes dit que cet oiseau méritait bien de symboliser l’élan de la paix et de la fraternité que nous voulons porter dans notre amour. Il est capable, si nous y croyons suffisamment fort, de nous faire décoller de nos idées poussiéreuses et bien arrêtées. Il est capable, comme d’un battement d’ailes, de nous élever au-dessus de la mêlée des bêtises et des conneries humaines.
Il porte la paix, non dans une blancheur qui se voudrait immaculée et qui finalement renie la diversité de notre humanité, mais dans les mille couleurs de l’arc-en-ciel, que l’on ne peut capturer dans nos mains, mais qui ne se saisit bien qu’avec les yeux du coeur. »  Denis & Jean-Louis

Le poème de Denis :

Bien-aimé

Bien avant que je ne le connaisse lui mon roi
Déjà il m’embrasait des bienfaits de son amour
Je ne veux avoir de cesse de l’adorer en retour
Lui qui aime dès que je crie ou chante ma foi
Il s’est fait nourriture se livrant sur une croix
Corps et sang dans une vie donnée sans retour
J’ai dit oui à l’alliance nouvelle pour toujours
Car telle une sève sa fidélité m’irrigue de joie
Christ ton Père me convie pour les noces d’or
L’Esprit me met à nu pour être vrai devant toi
Je ne puis rêver ne puis imaginer meilleur sort
Jamais tu ne brises ma liberté mais tu accrois
Ma charité pour ceux blessés d’âme de corps
Que tu chéris toi qui de leur salut est la voie

Le chant « Evenou shalom alerhem ! » clôt la célébration.
Nous vous annonçons la paix
Nous vous annonçons la joie
Nous vous annonçons l’amour

Une pincée de bulles de poiré jaunes, roses ou bleues plus tard, nous voici chacun-e paré-e d’un bracelet de couleur qui, dans un espace verdoyant à quelques pas de là, va nous transporter petits, grands, familles, amis et déjistes mélangés dans une farandole ludique. Ensemble, dans une bonne humeur communicative, nous avons grimpé, pêché à la ligne, joué à chat perché ou à saute mouton, dansé sur un pont d’Avignon mayennais d’adoption. Le soleil printanier déclinant à l’horizon, il est temps de reprendre la route jusqu’aux portes de Laval pour la soirée.
Accueillis par un arc en ciel de ballons, une petite colombe arc en ciel en guise de marque-place et des jolies compositions florales sur les tables nous voilà partis pour un repas ponctué d’intermèdes ludiques et musicaux. Le champagne sabré, le dessert dégusté, la piste de danse s’ouvre à nous pour une nuit musicale aux notes de disco, de rock et de madison entremêlés. Les plus courageux, à une heure très matinale et avant de sombrer dans les bras de Morphée, s’accordent une pause soupe à l’oignon de coutume.
Nous quitterons nos hôtes néo-mariés après un petit-déjeuner prétexte à prolonger un week-end riche en échanges.
Un voyage retour gris et pluvieux mais un cerveau encore ensoleillé par mon premier mariage arc en ciel ! 😉

Téo

1 colombes et alliances qui, drôle de coincidence, se retrouvent sur les carte, mugs et photophores offerts par les déjistes nantais 😉

Lundi de Pâques, DJ Rennes

14 avril 2018 lundi de Pâques

Un lundi de Pâques, c’est calme, la population se repose des fêtes et reste chez elle, tout est au repos.
Même la petite messe du lundi pascal au sanctuaire marial de la Pénière était en mode intime. Elle n’en était que plus priante, sobre, fervente car composée surtout de la communauté des habitués spirituels du lieu.
Auxquels s’ajoutaient donc neuf compères déjistes. Qui ont apprécié la personnalité du prêtre aux allures presque monastiques ainsi que cet office ayant duré à peine plus d’une demi-heure.

Histoire du Sanctuaire Notre- Dame de la Peinière

Après les nourritures spirituelles, les nourritures terrestres d’un pique-nique prévu initialement sur l’esplanade du sanctuaire qui par la faute d’un temps hors saison s’est transposé dans le salon d’un autochtone.
Bien nous en a pris, il y avait abondance de mets et de boissons. Y compris le temps de l’apéro pour fêter l’anniversaire d’un des (jeunes) convives, Dominique avec ses « bouteilles à bulles ». Ces agapes se sont même conclues avec les « roupettes à queue » d’Alain, le fondateur historique du groupe.
Boire ou conduire, la petite bande a choisi les deux : Et voici tout l’aréopage parti en voiture pour aller encourager les cyclistes d’une course proche et admirer le défilé de voitures anciennes qui pour les plus anciens (plus de 25 ans pour qu’un véhicule devienne de collection) a rappelé des souvenirs de famille… Pittoresques !
Enfin, une sortie champêtre qui – terroir gaulois oblige – s’est conclue par un pot commun au bar du coin.
Une mention particulière à Isabelle qui malgré une double charge de travail professionnel à rattraper ce lundi, a accepté de jouer les taxi aller-retour, juste le temps de conduire les membres non motorisés au sanctuaire. On dit chez nous : « Le Bon Dieu te le rendra au centuple ! ». Malheureusement on ne dit jamais quand…
Christophe

Et vous trouverez dans ce lien la recette des roupettes à queues !

Les roupettes à queues à l’eau de vie, une fabuleuse potion

L’histoire d’Esther

Nous étions un bon groupe réuni dimanche 26 novembre, par un après-midi tout gris, pour écouter l’histoire d’Esther, dans l’Ancien Testament (la Bible juive), avant de prendre un goûter.

Le livre d’Esther n’est pas celui qui donne lieu le plus souvent à des lectures ou des études bibliques ; est-ce parce qu’il prend un sens bien particulier pour les Juifs ? Sens que le groupe homosexuel juif Beit Haverim (La maison des amis) a repris à son compte avec bonheur.
Esther m’était connue personnellement comme “celle qui garde le secret”. Mais elle le fait jusqu’à un certain point.
L’histoire toute symbolique nous dit qu’elle a été envoyée vivre au palais du roi de Perse, Xerxès, dans son harem. Son oncle Mardochée lui demande de ne pas révéler qu’elle est juive. Le roi tombe amoureux d’elle et la prend pour épouse. Un haut dignitaire, Haman, s’offusque un jour du fait que Mardochée refuse de lui faire des courbettes, et obtient du roi le droit de mettre à mort tout le peuple juif. Ce n’est qu’à ce moment-là qu’Esther va révéler au roi qu’elle est juive, ce qui la met en danger d’être assassinée comme tout son peuple. Le roi ayant relu des annales qui lui rappellent que Mardochée lui avait sauvé la vie en le prévenant d’un complot, décide de lui accorder la vie sauve, et même de l’honorer. C’est finalement Haman qui est pendu là où devait l’être Mardochée. Premier retournement du “sort” (pour, en hébreu). Le roi donne alors le droit à Mardochée de massacrer tous les ennemis du peuple juif et de spolier leurs biens, ce qu’il ne fera pas. Second retournement.
Voilà comment un secret révélé au péril de sa vie sauve finalement tout le peuple des Juifs, sans mener à un autre massacre, même si cela ne se fait pas sans combat. Cette victoire sur la disparition programmée, sur la mise à mort d’un peuple, est célébrée lors de la fête de pourim.

Nous avons appris que le groupe juif LGBT de France s’appelait Beit Haverim, et on comprend mieux comment la fête de pourim peut devenir une référence pour eux : la révélation de leur “secret” (leur homosexualité) les met en danger, mais ils peuvent espérer qu’au contraire elle puisse sauver tous les leurs, en écartant le désir de vengeance sur leurs ennemis.
Il faut absolument regarder leur vidéo, « Les Reines de Pourim » visible sur leur site : un vrai régal !

Un grand merci aux organisateurs pour ce moment convivial et instructif, à renouveler !

Isabelle

Démarche synodale à Saint-Augustin

Après la joyeuse célébration du matin puis un repas partagé à quelques uns, nous nous sommes retrouvés à 6 de notre groupe et 16 de la paroisse Saint-Augustin pour échanger dans le cadre de la démarche synodale lancée par l’archevêque de Rennes.

Nous avions choisi comme thème « une communauté fraternelle et accueillante ». Après avoir lu quelques passages du pape François et de Mgr d’Ornellas sur le sujet, entrecoupés de chant à l’Esprit-Saint (cf. feuillet), nous nous sommes mis en groupes pour échanger. Voici le document qui résume les différentes propositions qui ont été remontées en plénière : Propositions

Ce fut une belle manière d’intégrer notre groupe comme n’importe quel groupe de chrétien-ne-s, dans une démarche autant paroissiale que diocésaine.

Denis

Attachments

Une rentrée pastorale

Nous étions cinq déjistes de notre groupe de Rennes présents à la messe de rentrée pastorale de la paroisse Saint-Augustin. Notre panneau qui récapitulait nos rencontres désormais régulières, en particulier l’après-midi contre l’homophobie du 21 mai, était là parmi les autres.

Et notre affiche contre l’homophobie, réalisée conjointement, a été mise à l’entrée de l’église. Puis, lors de la procession des offrandes, Isabelle a porté une bougie au nom de notre groupe.

Une journée de rencontres et d’échanges, un repas paroissial partagé, David & Jonathan cité par le curé comme n’importe quel groupe de la paroisse… la joie d’être accueillis comme les autres parmi les autres !

Une joie simple, qui fait du bien à toutes et tous, mais pourtant si rare ! Alors oui, nous allons continuer de la cultiver !!

Denis

Balade au cœur de la Bretagne

Nous partîmes cinq, nous arrivâmes … pas tout à fait mille, mais sept (ce qui est un excellent chiffre).
La randonnée du côté de Querrien, en Côtes d’Armor, débutant assez tôt le dimanche matin, cinq d’entre nous sommes partis en covoiturage samedi 19 août dans la soirée, pour passer la nuit chez le déjiste qui nous accueillait (un grand merci à lui !). Nous avons eu le plaisir de manger à six, chez lui, le repas partagé que nous avions prévu, ainsi qu’un bon petit-déjeuner le dimanche matin avant de nous mettre en chemin.
C’est à Pont Querra que notre septième compagnon nous attendait et que nous avons eu le plaisir de rencontrer pour la première fois.
Nous avons découvert une belle campagne, sous le soleil, et dans une température idéale pour les randonnées.

Notre premier arrêt fut l’église de Querrien, importante car c’est là que Marie serait apparue à une jeune fille de 12 ans, sourde et muette, en 1652 ; cette apparition qui l’aurait guérie est officiellement reconnue par l’Église catholique. Nous avons pris là un temps de prière, que Denis avait préparé, autour d’un texte de Voltaire extrait de son Traité sur la tolérance, et qui nous a à tous semblé avoir été écrit pour notre époque faite d’attentats terroristes.
Après un en-cas bienvenu, le chemin se poursuivait par un petit parc assez curieux : une reconstitution plutôt kitsch de l’apparition de Marie à la jeune fille, Jeanne, entourée de ses moutons (avec des statues grandeur nature). Par contre, un morceau de mur provenant certainement d’un monastère, près des statues, était vraiment beau (pour qui aime la vieille pierre, comme nous !).
Il était temps d’arriver, après 14h, pour déjeuner sur l’herbe, de retour à Pont Querra. L’excellente bouteille de vin rosé était elle aussi la bienvenue (merci à notre hôte !).
Nous avons ensuite pris les voitures pour aller non loin prendre un café à La Prénessaye, mais n’ayant pas vu tout ce qu’il y a à voir dans la région, nous avons poussé jusqu’à la chapelle de Saint-Lubin à Plémet, et heureusement ! Nous avons découvert là une petite église de toute beauté, datant du XVIe siècle, tout près d’une fontaine de la même époque, connue pour soigner les rhumatismes (comme c’est souvent le cas, et nécessaire, en Bretagne !).
C’est là que nous nous sommes dit au-revoir car il fallait bien rentrer, après un week-end des plus agréables, et avec l’espoir de revoir notre nouveau accueilli bientôt.

Isabelle

Filiation et Parentalité

Nous étions 14 ce samedi 1er avril chez Annette, venant des groupes du Finistère, de Nantes, de Rennes et de Vendée. Ce bel après-midi a été riche en discussions, et les participant-e-s ont beaucoup apprécié de se retrouver une fois encore pour cette journée thématique et hautement conviviale, cette année sur le thème « filiation et parentalité ».

Après un rappel humoristique de Jean-Louis sur les exemples de GPA, d’adoption, de coparentalité et de PSA (procréation spirituellement assistée !) qu’on peut trouver dans la Bible, nous avons fait un tour d’horizon des positions (politiques) des principaux candidats à l’élection présidentielle sur le mariage pour tous et la filiation :

  • Emmanuel Macron ne remet pas en question le mariage pour tous, mais il a affirmé que ses opposants « ont été humiliés ».
  • François Fillon est contre l’adoption plénière, et affirme que l’adoption simple est quasi identique à la plénière (ce qui est faux).
  • Benoît Hamon est pour la PMA et contre la GPA.
  • Marine Le Pen veut abolir le mariage entre personnes de même sexe (sans démarier ceux et celles qui le sont déjà), et le remplacer par un PACS amélioré.
  • Quant à Jean-Luc Mélenchon, il est pour la PMA et contre la GPA.

TOUR DE TABLE

Un tour de table du vécu de chacun-e concernant son expérience de vie – avec ou sans enfants, par rapport à ses désirs ou non d’enfants –, fait ressortir que pour les plus âgé-e-s d’entre nous (plus de 60 ans), être homosexuel-le et parent était inconcevable (quelqu’un remarque que ce mot est en lien avec le verbe « concevoir » : intéressant !) ; à 50 ans, si cela était concevable, ça restait théorique et difficilement envisageable dans la réalité ; sauf à s’enfermer dans une relation hétérosexuelle qui a conduit à une parentalité vécue difficilement ; ou bien à vivre une forme de paternité heureuse avec ses neveux ; mais dans tous les cas à mettre à sa vie d’homo entre parenthèses.
Nous avons parmi nous un exemple de personne plus jeune (33 ans), pour qui ce projet longuement réfléchi est devenu réalité, dans le cadre d’une coparentalité à quatre (2 papas, 2 mamans, c’est très bien pour un enfant, ndlr) : désir que l’enfant connaisse son père ; rédaction d’une charte de coparentalité pour baliser pas mal de choses (valeurs, organisations, mode de garde, place des parents non biologiques) ; objectif que tout le monde partage la filiation avec l’envie des quatre ; une même charte pour les quatre parents pour tous les enfants à venir ; la parentalité paraît moins difficile par rapport aux futurs grands-parents, car on amène un « gendre ».
Certains parmi nous évoquent le non désir d’enfant à cause d’une histoire personnelle qui ne pouvait pas laisser envisager de devenir parent, mais pas forcément en lien avec leur homosexualité.
Il apparaît clairement que les homosexuel-le-s se posent plus de questions que les couples hétéros en ce qui concerne les enfants. Et que le cas de figure le plus difficile pour le parent est celui de se retrouver seul-e à s’occuper de ses enfants – mais ceci vaut pour tout le monde.
Puis nos échanges ont été accompagnés par un support sous forme de montage diapos, préparé par Denis et Jean-Louis : nous les remercions pour tout ce travail !

RÉSUMÉ DE NOS ÉCHANGES

Une évolution : Concernant le désir de parentalité chez les homos, nous sommes passés d’un « ce n’était pas concevable » à un « c’était concevable mais pas réalisable » à un « c’est réalisable et toujours le fruit d’une réflexion » pour celles et ceux qui en ont le désir.

Des problématiques qui nous concernent toutes et tous : Lorsqu’il est question de parentalité, d’adoption, de PMA et de GPA, cela suscite toujours plus de suspicion envers les couples homosexuels, alors que les problématiques sous-jacentes concernent tout le monde. Par exemple, on reproche aux personnes homosexuelles de méconnaître la notion d’altérité, dimension indispensable à la construction de l’enfant mais qui peut se décliner ailleurs qu’à travers la différence anatomique des sexes des parents. En effet, « il faut tout un village pour que grandisse un enfant ».

PMA et discrimination : La PMA avec donneur ou donneuse tiers est autorisée pour les couples hétéros, mais pas pour les couples de femmes, ni dans le cadre d’une coparentalité avec un couple de femmes et un couple d’hommes. Elle est très rarement accordée pour les couples hétéros dont l’un est transgenre. La loi ou son application est donc clairement discriminante.

La GPA nous interroge : La GPA ne nous paraît pas être la solution idéale en particulier par rapport aux mères porteuses. Comme pour tout désir, il faut interroger si sa réalisation est vraiment judicieuse pour tous. Si la GPA était envisagée en France, quels garde-fous voulons-nous ?

L’adoption, pas si simple : Juridiquement, l’adoption simple ne donne pas la même force de lien entre parent et enfant que l’adoption plénière. Il serait donc discriminatoire de refuser l’adoption plénière aux couples homosexuels. Nous constatons que l’adoption reste trop difficile pour les couples qu’ils soient homos ou hétéros.

L’enfant et ses origines : Quelle que soit la configuration familiale, nous sommes favorables à ce que tout enfant puisse connaître l’histoire la plus complète de ses origines afin qu’il puisse se représenter ses racines.

La place des parents sociaux : Nous sommes favorables à ce que les parents sociaux (non biologiques) aient un lien juridique renforcé pour le bien des enfants qu’ils élèvent que cela soit dans le cadre d’une coparentalité ou d’une famille recomposée.

TEMPS SPIRITUEL

Pour terminer cette rencontre, les membres du Finistère nous avaient préparé un très beau temps spirituel, en musique, pour ceux et celles qui souhaitaient y participer. Ce fut un moment très fort. Ci-dessous le texte de Khalil Gibran qui fut lu (extrait du recueil Le prophète) :

« Et une femme qui portait un enfant dans les bras dit :
Parlez-nous des Enfants.
Et il dit : Vos enfants ne sont pas vos enfants.
Ils sont les fils et les filles de l’appel de la Vie à elle-même,
Ils viennent à travers vous mais non de vous.
Et bien qu’ils soient avec vous, ils ne vous appartiennent pas.

« Vous pouvez leur donner votre amour mais non point vos pensées,
Car ils ont leurs propres pensées.
Vous pouvez accueillir leurs corps mais pas leurs âmes,
Car leurs âmes habitent la maison de demain, que vous ne pouvez visiter,
pas même dans vos rêves.
Vous pouvez vous efforcer d’être comme eux,
mais ne tentez pas de les faire comme vous.
Car la vie ne va pas en arrière, ni ne s’attarde avec hier.

« Vous êtes les arcs par qui vos enfants, comme des flèches vivantes, sont projetés.
L’Archer voit le but sur le chemin de l’infini, et Il vous tend de Sa puissance
pour que Ses flèches puissent voler vite et loin.
Que votre tension par la main de l’Archer soit pour la joie ;
Car de même qu’Il aime la flèche qui vole, Il aime l’arc qui est stable. »

Nous avons pu ensuite rejoindre d’autres déjistes nantais avaient réservé un délicieux restaurant indien, où nous avons pu continuer à discuter, et rire, avant de nous dire à bientôt !
Un grand merci à toutes et tous pour cette journée dense, riche en émotion et en convivialité et à Isabelle pour avoir préparé ce compte rendu.

À propos de la position de l’Église catholique sur l’homosexualité

Réponses à des questions d’une journaliste sur la position de l’Église catholique sur l’homosexualité par Denis et Jean-Louis

• Comprenez-vous la position de l’Église sur l’homosexualité ?
Non
• Est-ce que vous lui en « voulez » ?
Oui car pour condamner l’homosexualité, l’Église fait référence à des textes bibliques, ou non, dont on sait pertinemment qu’ils ont été écrits dans un contexte qui ne visait pas à condamner une orientation sexuelle ; alors que l’Église ne tient pas compte du message évangélique qui n’y fait pas référence et qui sont les textes fondateurs de notre foi chrétienne.

• Pour l’Église, toute personne homosexuelle est appelée à vivre chastement dans le célibat… Qu’en pensez-vous ?
Nous ne choisissons pas notre orientation sexuelle et on voudrait nous retirer du fait de cette différence une part de l’humaine condition qui s’accomplit aussi dans la sexualité… Cela ne traduit-il pas un malaise récurent des hommes d’Église à ce sujet ?
• Et si vous vivez en couple, que répondez-vous à cette affirmation ecclésiale ?
Elle n’a rien d’évangélique et va à l’encontre de l’épanouissement d’un couple quel qu’il soit.

• Quelles évolutions sur les positions de l’Église (par rapport à l’homosexualité) espérez-vous pour les années à venir ?
Être considérés comme des personnes et des couples comme les autres. La vraie évolution viendra d’un changement de position sur la sexualité en général.

• Trouvez-vous parfois l’Église hypocrite quand elle parle d’homosexualité ?
Oui parce qu’elle manipule « bienveillance » et « mise à l’index ». Une forme de pharisianisme dénoncée par le Christ en son temps.

• Un mot sur le pape François… que vous inspire-t-il (sur ce sujet notamment) ?
C’est un homme qui, de par son attitude qui se veut proche de la réalité de la vie des gens, a apporté de l’oxygène aux personnes homosexuelles qui étouffaient et s’éloignaient sous les autres pontificats. Mais son « qui suis-je pour juger ? » montre les limites de l’évolution qu’on lui prête : son attitude évangélique de ne pas condamner le pécheur qui a suscité de l’espérance, montre cependant qu’il considère toujours l’homosexualité comme un péché !
Ce qui explique les positions qu’il adopte ou qu’il laisse adopter, au point qu’il a ajouté aux textes du Magistère la négation de nos couples et de nos familles (« aucun fondement pour assimiler ou établir des analogies, même lointaines (sic), entre les unions homosexuelles et le dessein de Dieu sur le mariage et la famille » exhortation apostolique Amoris lætitia au n° 251)

• Comment avez-vous trouvé personnellement (si vous l’avez trouvée !) votre place dans l’Église ? En surmontant quels obstacles (si obstacles il y a ou il y a eu !) ?
Denis : J’ai quitté l’Église catholique malgré ses richesses car son rapport à la vérité me semble piégé par « l’infaillibilité » qu’elle veut sans cesse trouver dans son enseignement y compris quant elle parle de sexualité.
Jean-Louis : J’ai trouvé une place tant que je ne me suis pas affiché comme tel. Le jour où j’ai pris conscience que je ne pouvais plus cacher cela, je me suis éloigné.

• Est-ce que vous constatez qu’il y a plusieurs formes d’homosexualité, ou est-ce absurde d’essayer de les différencier ?
Que ne dirait-on pas si on demandait à un couple hétéro qu’elle est sa forme d’hétérosexualité. On serait dans l’absurde, non !?

• Est-ce que le Christ vous aide à vivre plus heureux ?
Clairement oui, car à qui irions-nous, il a les paroles de vie éternelle.

Les pensées de Paul et les réflexions de DJ Rennes avec la paroisse de St Augustin

Ce samedi 26 novembre, une nouvelle rencontre, un échange encore enrichi de nos différences comme de nos points communs entre une dizaine de « chevilles ouvrières » de la paroisse Saint-Augustin de Rennes et dix membres de D&J-Rennes.
Après la messe du samedi soir et le partage du pique-nique pour celles et ceux qui le souhaitaient ou le pouvaient, les deux groupes se sont retrouvés pour échanger sur le documentaire « les pensées de Paul » (Pansy Project), de Jean-Baptiste Erreca portant sur le processus artistique de Paul Harfleet.
http://www.bangumi.fr/productions/les-pensees-de-paul/
http://television.telerama.fr/tele/programmes-tv/les-pensees-de-paul,96450928.php
http://www.mk2.com/films/pensees-paul

A la fin du film, quelques propos échangés, subjectivement retranscrits de mémoire :

Le contraste est saisissant entre la violence des actes générés par l’ignorance et la réponse en actes artistiques et d’écoute qu’offre Paul Harfleet, comme une catharsis libérant la parole, expurgeant la souffrance, tuant le refoulement.
Un exutoire. Ce travail artistique montre que c’est du fumier que peuvent sortir les plus belles plantes. A condition d’en sortir, le mal peut transcender le bien, offrant de ne pas céder à la violence par la violence.Colomba della pace

Mais aussi, ce documentaire semble indiquer que les générations qui se suivent, qui se succèdent, sont constamment en « résistance », indépendamment les unes des autres : Si les mathématiques, la science, le savoir (pour ne citer qu’eux) peuvent se transmettre d’une génération à l’autre, la culture, le savoir-vivre, l’empathie sont constamment à recréer pour chaque nouvelle génération.

Le documentaire offre une présentation « soft » de ce qu’est réellement une agression homophobe, au physique comme au psychologique.
L’homophobie trouve aussi sa source, ses racines parmi les plus jeunes, en insultant parfois sans connaître l’étymologie des mots qu’ils prononcent, en jetant des insultes qui peuvent blesser secrètement leur entourage. Une banalisation à combattre par des formations dans les écoles notamment, comme le « Mois de l’autre » en Alsace.

Chrétiens catholiques ou protestants, musulmans et juifs, la présence pesante et délétère des religions est prégnante. Symptomatique, l’ouverture à l’autre provient de religieux homos croyants, engagés pleinement dans leurs institutions respectives pour faire avancer, parfois ensemble, œcuméniquement,, les mentalités et les vraies spiritualités. Le « bon Samaritain », ca ne vous rappelle rien ?… Pourtant les extrêmes textuels de chacun des trois Grands Livres sont placés là par Dieu pour faire, avec et par le cœur, appel aussi à son intelligence.

L’homophobie, c’est aussi, au travers de la peur de la différence de l’autre, la peur de soi-même et de ses propres démons. C’est une explication et non une excuse, mais la sexualité impose pour certains individus un torrent incontrôlable de pulsions et de révulsions.

Les générations précédentes ne nommaient pas l’homosexualité. C’était tout au plus « le vieux gars » du village qui de toutes façons n’était pas « visible » dans cette supposée différence, contrairement aux couples gays actuels en général, et de manière plus vaste aux gays, lesbiennes, trans quels que soient leurs mode de vie : Les jeunes générations actuelles semblent qualifier « d’arrière garde » le combat des droits LGBT, tant cela leur semble aller de soi.

La France a tellement de retard face aux pays nordiques, telle que la Norvège.

Nous avons clôturé la soirée par ce qui nous unis : Une prière, un regard tourné vers Dieu. Puis avec un sentiment commun de plénitude de partage et d’accomplissement dans notre relation réciproque. Donc aussi avec le désir bel et bien formulé de continuer à cheminer ensemble, tant nous avons à nous apporter réciproquement.

Christophe